En quel siècle le classicisme français s'épanouit-il ?
Écris le siècle en chiffres romains ou en chiffres arabes.
Tu découvres le classicisme, le grand mouvement littéraire français du XVIIe siècle : ses idées (raison, mesure, imitation des Anciens), ses règles du théâtre (trois unités, vraisemblance, bienséance) et ses principaux auteurs.
Imagine un match de football sans arbitre ni règles : chacun ferait ce qu'il veut, et personne ne comprendrait rien. Les écrivains français du XVIIe siècle pensaient la même chose de la littérature : une belle œuvre doit obéir à des règles claires. Ce mouvement s'appelle le classicisme. Il se développe surtout dans la seconde moitié du XVIIe siècle, sous le règne de Louis XIV, un roi qui veut l'ordre et la grandeur dans son royaume comme dans les arts. En 1635, le cardinal de Richelieu fonde l'Académie française, chargée de veiller sur la langue.
Les classiques admirent les auteurs de l'Antiquité grecque et latine, qu'ils appellent les Anciens, et cherchent à les imiter. Ils placent la raison au-dessus de l'imagination libre et recherchent la mesure, c'est-à-dire l'équilibre, sans excès. Leur idéal humain est l'honnête homme : une personne cultivée, polie, qui ne se met pas en avant. Leur but se résume en deux verbes : plaire et instruire. Une œuvre doit faire plaisir au public et, en même temps, lui donner une leçon morale.
La règle des trois unités organise la pièce. Unité d'action : une seule intrigue principale. Unité de temps : l'histoire se déroule en une journée au plus, soit 24 heures. Unité de lieu : tout se passe dans un même lieu. S'y ajoutent la vraisemblance (ce qui est montré doit paraître possible au spectateur) et la bienséance (on ne montre pas sur scène ce qui pourrait choquer, comme la violence ou la mort : on les raconte). Le poète Boileau a résumé ces règles dans son Art poétique, en 1674.
Un exemple
Un élève écrit une tragédie : un chef de village doit choisir, avant le coucher du soleil, entre sauver son fils ou respecter la loi qu'il a lui-même établie. Tout se passe dans la cour de sa maison. Le fils est tué par des ennemis, mais un messager vient le raconter. Vérifions. Action : une seule question, le dilemme du chef, donc unité d'action respectée. Temps : moins d'une journée, unité de temps respectée. Lieu : la cour, unité de lieu respectée. Bienséance : la mort est racontée, pas montrée, règle respectée. Cette pièce est bien construite à la manière classique.
Au théâtre, Corneille et Racine écrivent des tragédies : Corneille fait jouer Le Cid en 1637, Racine Phèdre en 1677. Molière écrit des comédies qui corrigent les défauts humains en faisant rire : L'Avare, Le Tartuffe, Le Misanthrope. La Fontaine écrit des Fables en vers, dont le premier recueil paraît en 1668. La Bruyère peint les travers de son temps dans Les Caractères, et Madame de La Fayette écrit le roman La Princesse de Clèves.
Astuce
Retiens : « une seule histoire, en un seul jour, dans un seul lieu ». Et pour l'esprit classique, retiens trois mots : raison, mesure, Anciens.
Attention
Dans la vie courante, « classique » veut dire habituel ou démodé. En histoire littéraire, le mot désigne précisément le mouvement du XVIIe siècle et ses règles. Autre confusion fréquente : croire que le classicisme célèbre les sentiments sans limite et l'imagination libre. C'est le romantisme, au XIXe siècle, qui défendra ces valeurs, justement contre les règles classiques.
À retenir
Le classicisme est le mouvement littéraire français du XVIIe siècle, surtout sous Louis XIV. Il défend la raison, la mesure et l'imitation des Anciens, avec pour but de plaire et d'instruire. Au théâtre : trois unités (action, temps, lieu), vraisemblance et bienséance. Auteurs : Corneille, Racine, Molière, La Fontaine, Boileau, La Bruyère.
Une question à la fois. Après chaque réponse, tu vois tout de suite si c'est juste, et surtout la méthode pour y arriver.
Question 1 sur 7
Écris le siècle en chiffres romains ou en chiffres arabes.