Ce qu’est une COP sur le climat
Chaque année, les pays du monde se réunissent pendant deux semaines pour discuter du climat. Ces réunions s'appellent des COP. On en parle beaucoup, on comprend rarement ce qui s'y passe.
8-12 ans
Le mot d'abord
COP veut dire « Conférence des Parties ». Les « Parties », ce sont les pays qui ont signé un traité de 1992 sur le climat, la Convention des Nations unies sur les changements climatiques.
Une COP, c'est donc simplement la réunion annuelle des pays qui ont signé ce traité. La première s'est tenue à Berlin, en 1995. Depuis, il y en a eu une presque chaque année, dans un pays différent.
Pourquoi se réunir
Parce que l'air ne s'arrête pas aux frontières.
Un pays peut décider seul de la couleur de ses bus ou du programme de ses écoles. Il ne peut pas décider seul du climat : les gaz rejetés à Pékin, à Lagos ou à Paris se mélangent dans la même atmosphère. Si un seul grand pays agit et que les autres continuent, l'effet est presque nul.
Il n'existe pas de gouvernement mondial. Quand un problème dépasse les frontières, il ne reste que la discussion entre États.
Qui dit ce qui est vrai
Avant de négocier, il faut se mettre d'accord sur les faits. C'est le rôle du GIEC, créé en 1988.
Le GIEC n'est pas un laboratoire et ne fait pas de recherche lui-même : il rassemble et résume les travaux publiés par des milliers de scientifiques dans le monde, puis ses résumés sont examinés ligne par ligne par les États.
Le partage des rôles est donc clair : le GIEC établit ce que la science sait, les États décident quoi en faire. Le GIEC ne négocie rien.
Comment on décide : le consensus
Dans une COP, on ne vote pas comme en classe, à la majorité. On cherche le consensus : le texte n'est adopté que si aucun pays ne s'y oppose fermement.
Cela explique deux choses qu'on remarque tous les ans :
- ces réunions sont très longues, et finissent souvent avec du retard ;
- les textes sont prudents, parce qu'ils doivent convenir à presque deux cents pays aux intérêts opposés.
Deux accords importants
- Le protocole de Kyoto, en 1997 : les premiers engagements chiffrés, mais seulement pour une partie des pays.
- L'accord de Paris, adopté à la COP21 en 2015 : tous les pays s'engagent, chacun annonçant lui-même ce qu'il compte faire. L'objectif retenu est de contenir le réchauffement bien en dessous de 2 °C par rapport à l'époque préindustrielle, en s'efforçant de ne pas dépasser 1,5 °C.
Ce que la RDC apporte à la table
Beaucoup, et pas seulement des demandes.
La RDC abrite la plus grande partie de la forêt du bassin du Congo, le deuxième massif de forêt tropicale du monde après l'Amazonie. Une forêt absorbe du carbone : elle rend donc un service à la planète entière.
Sous cette forêt, dans la Cuvette centrale, s'étendent en outre les plus vastes tourbières tropicales connues au monde. Une tourbière est un sol gorgé d'eau où les végétaux morts ne pourrissent pas complètement : ils s'y accumulent depuis des millénaires, et gardent leur carbone prisonnier — tant qu'on ne les assèche pas.
D'où la question que la RDC pose dans ces réunions, et qui n'est toujours pas réglée : qui paie pour que cette forêt reste debout, alors que les habitants ont, eux aussi, besoin de vivre de cette terre ?
Est-ce que ça sert à quelque chose ?
C'est discuté, et il faut le dire honnêtement.
Ceux qui critiquent ces réunions soulignent que les engagements ne sont pas toujours tenus et qu'aucun tribunal ne peut y obliger un État. Ceux qui les défendent répondent qu'il n'existe aucun autre endroit où presque tous les pays du monde s'assoient à la même table, et que sans ces textes, chacun ferait comme si le problème n'existait pas.
Ce qu'il faut retenir
Une COP, c'est la réunion annuelle des pays sur le climat. Les scientifiques y apportent les faits, les États y prennent les décisions, et rien n'est adopté si un pays bloque. C'est lent — et c'est pour l'instant le seul outil commun.
Le savais-tu ?
- La première COP sur le climat s'est tenue à Berlin en 1995 ; l'accord de Paris a été adopté à la vingt et unième, en 2015.
- Dans une COP, les décisions se prennent par consensus : il suffit qu'un pays s'y oppose fermement pour qu'un texte ne passe pas.
- Les tourbières de la Cuvette centrale, en RDC et au Congo-Brazzaville, sont les plus vastes tourbières tropicales connues au monde : leur sol gorgé d'eau garde du carbone accumulé depuis des millénaires.
À lire ensuite
Comment vérifier une information qui circule sur WhatsApp
Un message transféré, une photo, un vocal qui affirme. Avant de partager, quatre questions suffisent à écarter la plupart des fausses nouvelles — et elles ne demandent ni connexion rapide ni diplôme.
13-18 ans
Pourquoi le prix du carburant change
Le litre à la pompe ne dépend pas du pompiste. Il dépend d'un marché mondial libellé en dollars, du taux de change du franc congolais, des milliers de kilomètres qui séparent le port de ta ville, et de décisions de l'État.
13-18 ans
Ce qu’est une élection, et comment on en vérifie les résultats
Voter prend cinq minutes. Ce qui rend le résultat croyable, c'est tout ce qui l'entoure : la liste des électeurs, les témoins dans la salle, le dépouillement fait sur place et devant tout le monde, et le recours possible après.
13-18 ans
Ce qu’est l’intelligence artificielle
Des programmes écrivent des textes, dessinent des images, imitent des voix. Comprendre comment ils s'y prennent — et surtout ce qu'ils ne font pas — évite à la fois d'en avoir peur et de leur faire trop confiance.
13-18 ans
Comment on arrête une épidémie
Une épidémie ne s'arrête pas d'elle-même par chance. Elle s'arrête quand on casse la chaîne de transmission — et la RDC compte parmi les pays qui savent le mieux comment s'y prendre.
8-12 ans