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La méthode scientifique : comment on sait qu’on sait

La science n'est pas une collection de vérités à apprendre. C'est une manière de poser des questions et d'accepter que la réalité réponde non.

13-18 ans

La méthode scientifique : comment on sait qu’on sait

Le problème de départ

Tout le monde a des idées sur le monde : les mangues donnent le paludisme, tel remède guérit tout, tel comportement porte malheur.

Certaines de ces idées sont justes, la plupart sont fausses, et l'impression de certitude ne distingue pas les unes des autres. La méthode scientifique est l'outil qu'on a trouvé pour trier.

Les étapes

  1. Observer quelque chose qui intrigue. « Les élèves du fond de la classe ont de moins bonnes notes. »
  2. Formuler une hypothèse : une explication possible, qu'on pourra vérifier. « Ils entendent moins bien le professeur. »
  3. Prévoir ce qu'on devrait constater si l'hypothèse est vraie. « Alors, en les déplaçant devant, leurs notes devraient s'améliorer. »
  4. Tester, en changeant une seule chose à la fois.
  5. Comparer au résultat attendu.
  6. Conclure, et publier ce qu'on a fait pour que d'autres puissent refaire la même chose.

La règle du « une seule chose à la fois »

Si tu changes la place des élèves et le professeur et l'horaire, et que les notes montent, tu ne sais rien. Laquelle des trois a agi ?

Une expérience bien construite ne fait varier qu'un paramètre, et garde tout le reste identique. Cette partie du travail est souvent plus difficile que l'idée de départ.

Le groupe témoin

Comment savoir si une amélioration vient de ton traitement, et non du temps qui passe ?

On compare deux groupes semblables : l'un reçoit le traitement, l'autre non. Ce second groupe, le groupe témoin, sert de référence. C'est ainsi qu'on évalue un médicament : sans comparaison, une guérison spontanée serait mise au crédit du remède.

Une hypothèse doit pouvoir être fausse

C'est le point le plus important et le plus mal compris.

Une affirmation qui explique n'importe quel résultat n'est pas scientifique. Si un remède qui fonctionne prouve son efficacité, et qu'un remède qui échoue prouve « qu'on n'y a pas assez cru », alors aucune observation ne peut le contredire — et il n'a rien démontré.

Une bonne hypothèse dit d'avance ce qui la mettrait en défaut.

Se tromper fait partie du travail

Une hypothèse démentie n'est pas un échec : c'est un résultat. Elle élimine une explication et resserre le champ.

Les scientifiques se corrigent, publient leurs méthodes, refont les expériences des autres. C'est ce contrôle mutuel — et non l'autorité de celui qui parle — qui fait la solidité de la science.

Ce que cela change au quotidien

Face à une affirmation, quatre questions suffisent souvent :

  • Qui le dit, et qu'a-t-il à y gagner ?
  • Sur quoi est-ce fondé : une mesure, un témoignage, une impression ?
  • A-t-on comparé à une situation sans le traitement ?
  • Qu'est-ce qui pourrait montrer que c'est faux ?

Ces quatre questions valent aussi bien pour un remède miracle au marché que pour un message reçu sur un téléphone.

Le savais-tu ?

  • Une affirmation qui explique aussi bien le succès que l'échec ne démontre rien : une hypothèse scientifique doit pouvoir être contredite.
  • Le groupe témoin est ce qui permet de distinguer l'effet d'un traitement d'une guérison qui serait survenue de toute façon.
  • En science, une hypothèse réfutée n'est pas un échec mais un résultat : elle élimine une explication.

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