Le Grand Zimbabwe et les royaumes d’Afrique australe
Des murailles de pierre hautes de onze mètres, construites sans mortier, il y a huit siècles. Pendant des décennies, des Européens ont refusé d'admettre que des Africains les avaient bâties.
13-18 ans
Un site monumental
Le Grand Zimbabwe est un ensemble de constructions en pierre sèche — des blocs ajustés sans ciment ni mortier — édifié entre le XIᵉ et le XVᵉ siècle dans l'actuel Zimbabwe.
Certains murs atteignent onze mètres de haut et cinq mètres d'épaisseur. Le site pouvait abriter plusieurs milliers d'habitants.
Le mot zimbabwe vient d'une expression shona signifiant « maisons de pierre ». Le pays a pris ce nom à son indépendance, en 1980.
Une cité riche
Les fouilles ont livré de la céramique chinoise, du verre persan et des perles venues d'Inde. Cela prouve que le Grand Zimbabwe était relié au commerce de l'océan Indien, par les ports de la côte swahilie.
Il exportait de l'or et de l'ivoire, et importait des produits de luxe. Ce n'était pas un site isolé mais un nœud dans un réseau à l'échelle d'un océan.
Le déni colonial
Quand des Européens découvrent le site au XIXᵉ siècle, beaucoup refusent d'admettre qu'il ait pu être construit par des Africains. Des théories fantaisistes l'attribuent aux Phéniciens, à la reine de Saba, à des visiteurs venus du Proche-Orient.
Ce refus n'était pas une erreur scientifique : c'était une nécessité idéologique. Reconnaître une civilisation bâtisseuse africaine aurait contredit la justification même de la colonisation.
Des archéologues ont établi dès les années 1900, puis de façon définitive au cours du XXᵉ siècle, l'origine africaine du site. Certains ont vu leurs travaux censurés par le régime de Rhodésie, qui tenait à la version étrangère.
Ce que l'épisode enseigne
Il montre comment une idéologie peut déformer une lecture scientifique — et comment des faits matériels finissent par l'emporter. C'est une leçon de méthode autant que d'histoire.
Les autres royaumes de la région
Le Grand Zimbabwe n'est pas isolé : le royaume de Mapungubwe, plus ancien, et celui du Monomotapa, qui lui succède, appartiennent au même ensemble politique et commercial d'Afrique australe.
Le savais-tu ?
- Les murs du Grand Zimbabwe sont montés sans aucun mortier : les pierres sont taillées pour s'emboîter par leur seul poids.
- Le Zimbabwe moderne a pris son nom de ce site, et l'oiseau sculpté qu'on y a trouvé figure sur son drapeau.
- Sous la Rhodésie coloniale, il était officiellement déconseillé aux guides du site d'en attribuer la construction à des Africains.
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