Le partage de l’Afrique et la conférence de Berlin
En 1885, des diplomates européens se partagent un continent autour d'une table. Aucun Africain n'est présent. Les frontières tracées alors sont, pour l'essentiel, celles d'aujourd'hui.
13-18 ans
Avant 1880
Au début du XIXᵉ siècle, la présence européenne en Afrique se limitait surtout à des comptoirs côtiers. L'intérieur restait gouverné par des États africains.
Trois choses changent la donne :
- la quinine, qui permet enfin de survivre au paludisme ;
- les armes à répétition, qui créent un déséquilibre militaire écrasant ;
- la révolution industrielle, qui crée une demande énorme en matières premières et en débouchés.
La conférence de Berlin (1884-1885)
Convoquée par le chancelier allemand Bismarck, elle réunit quatorze puissances. Son objet officiel est d'éviter la guerre entre Européens à propos de l'Afrique.
Elle pose une règle décisive : pour qu'une revendication territoriale soit reconnue, il faut l'occuper effectivement. Cela déclenche une course à l'occupation — la « course au clocher » africaine.
Aucun représentant africain n'a participé à cette conférence.
Des frontières tracées à la règle
Les limites sont fixées sur des cartes souvent incomplètes, en suivant des méridiens et des parallèles plutôt que des réalités humaines ou géographiques.
Conséquences :
- des peuples coupés en deux par une frontière ;
- des groupes rivaux réunis dans un même territoire ;
- des pays enclavés, sans accès à la mer, donc dépendants de leurs voisins pour commercer.
Pourquoi ces frontières n'ont pas changé
À l'indépendance, l'Organisation de l'unité africaine adopte en 1964 le principe de l'intangibilité des frontières héritées.
Le raisonnement est pragmatique : rouvrir toutes les frontières aurait provoqué d'innombrables guerres. Le prix de ce choix, c'est que des découpages arbitraires sont devenus permanents.
Les résistances
L'idée d'une conquête sans opposition est fausse. Les résistances ont été nombreuses et parfois longues : l'Éthiopie de Ménélik II écrase l'armée italienne à Adoua en 1896 et reste indépendante ; Samory Touré résiste seize ans en Afrique de l'Ouest ; les Hereros, les Zoulous, les Ashantis et bien d'autres ont combattu.
Ces résistances font partie de l'histoire du continent au même titre que la conquête.
Le savais-tu ?
- L'Éthiopie a vaincu une armée européenne à Adoua en 1896 et n'a jamais été durablement colonisée.
- Certaines frontières africaines sont de parfaites lignes droites : elles suivent des méridiens tracés sur une carte à Berlin.
- Quatorze pays ont participé à la conférence de Berlin ; aucun n'était africain.
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