La danse : un langage du corps
Avant d'être un divertissement, la danse a été un langage : elle raconte, elle soigne, elle célèbre, elle enseigne. Et elle reste l'un des meilleurs ambassadeurs de la culture congolaise.
8-12 ans
Danser n'a pas toujours voulu dire s'amuser
Dans de très nombreuses sociétés, la danse occupe une fonction précise :
- marquer un passage : naissance, entrée dans l'âge adulte, mariage, deuil ;
- raconter une histoire, un mythe, la fondation d'un village ;
- soigner, dans des rituels où la transe a une place ;
- souder un groupe : danser ensemble, c'est respirer et bouger au même rythme ;
- enseigner, en faisant retenir par le corps ce qu'on ne peut pas écrire.
Chacune a ses pas, ses costumes, ses instruments et son moment. Ce n'est jamais improvisé n'importe comment : il y a des règles, et on les apprend.
Le lien avec le tambour
Dans les danses d'Afrique centrale, le tambour ne fait pas qu'accompagner : il dialogue. Il lance, il relance, il répond à un danseur, il annonce un changement.
Un bon danseur écoute autant qu'il bouge. C'est pourquoi une chorégraphie apprise sans la musique sonne toujours faux.
Les danses urbaines congolaises
À partir du vingtième siècle, la ville invente ses propres danses, liées aux musiques nouvelles. Chaque grand succès de la rumba, du soukous puis du ndombolo s'accompagne d'une danse qui porte un nom, se diffuse en quelques semaines et se démode parfois aussi vite.
Les orchestres congolais ont eu des danseurs attitrés, dont le rôle était de créer ces pas et de les lancer. Ce sont des métiers : chorégraphe, danseur professionnel, répétiteur.
La diffusion passe aujourd'hui par la vidéo : une danse lancée à Kinshasa peut être reprise en quelques jours à Abidjan, à Nairobi ou à Bruxelles.
Le corps travaille
Une danse exigeante demande de l'endurance, de la force, de la souplesse et une coordination fine. C'est un entraînement complet, comparable à celui d'un sport.
Cela suppose aussi de s'échauffer, de s'étirer, de boire, de respecter des temps de repos. Les blessures de danseurs — chevilles, genoux, dos — ressemblent beaucoup à celles des sportifs, et se préviennent de la même manière.
Apprendre et créer
On apprend une danse par imitation, par répétition, et en la décomposant. Trois conseils qui valent pour toutes :
- travailler lentement avant de travailler vite ;
- isoler une partie du corps, puis combiner ;
- compter la musique à voix haute jusqu'à ce que le rythme soit intérieur.
Un patrimoine à ne pas perdre
Les danses de village se transmettent de personne à personne. Quand une génération cesse de les apprendre, elles disparaissent — sans incendie ni destruction, simplement par oubli.
Des chercheurs, des associations et des écoles d'art les filment, les notent et les enseignent. C'est le travail des ethnomusicologues, des anthropologues et des responsables culturels : garder vivant ce qui ne tient que dans des corps.
Le savais-tu ?
- Dans beaucoup de danses d'Afrique centrale, le tambour ne suit pas le danseur : les deux se répondent.
- Les grands orchestres congolais employaient des danseurs chargés de créer les pas qui accompagnaient chaque nouveau succès.
- Une danse traditionnelle ne disparaît pas par destruction mais par oubli : il suffit qu'une génération cesse de l'apprendre.
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