📜 Histoire du monde

La guerre froide : un conflit sans bataille directe

Deux puissances qui ne se sont jamais affrontées directement, et qui ont pourtant fait la guerre partout ailleurs — y compris au Congo.

13-18 ans

La guerre froide : un conflit sans bataille directe

Deux blocs

Au sortir de 1945, deux puissances dominent : les États-Unis et l'Union soviétique. Leurs modèles économiques et politiques sont opposés, et chacune cherche à étendre son influence.

Elles ne se sont jamais affrontées directement, pour une raison simple et glaçante : toutes deux possédaient l'arme nucléaire. Un affrontement direct aurait pu tout détruire. C'est ce qu'on a appelé l'équilibre de la terreur.

D'où le mot « froide » : une guerre sans bataille entre les deux principaux protagonistes.

Mais chaude partout ailleurs

Faute de pouvoir s'affronter directement, les deux camps se sont opposés par pays interposés : soutien à des gouvernements, à des rébellions, livraisons d'armes, conseillers militaires, financements, propagande, espionnage.

Corée, Vietnam, Afghanistan, Amérique latine, Moyen-Orient, Afrique : dans ces conflits, des populations réelles ont payé le prix d'une rivalité qui les dépassait.

L'Afrique dans la guerre froide

Les indépendances africaines surviennent en pleine guerre froide. Chaque nouvel État devient un enjeu.

Les conséquences sont lourdes :

  • des régimes autoritaires soutenus et financés parce qu'ils étaient du bon côté, indépendamment de leur manière de gouverner ;
  • des conflits internes alimentés en armes par l'extérieur ;
  • des dirigeants écartés ou éliminés lorsqu'ils paraissaient pencher du mauvais côté ;
  • des choix économiques imposés ou fortement orientés.

La crise congolaise de 1960 et ses suites s'inscrivent directement dans ce contexte : le Congo, immense et riche en minerais stratégiques — dont l'uranium —, ne pouvait pas être laissé en dehors de la rivalité.

Le non-alignement

Tous les pays n'ont pas accepté de choisir. Un mouvement dit des non-alignés s'est constitué, rassemblant des États d'Afrique, d'Asie et d'Amérique latine qui refusaient de s'aligner sur l'un ou l'autre bloc.

La conférence de Bandung, en Indonésie, en 1955, est un moment clé de cette affirmation : des pays récemment décolonisés déclarent vouloir parler pour eux-mêmes.

En pratique, rester non aligné fut difficile : les pressions étaient fortes des deux côtés.

La course, sous toutes ses formes

La rivalité s'est exprimée partout : armement, espionnage, sport, et espace. Le premier satellite, le premier homme en orbite, les premiers pas sur la Lune : chaque étape a été présentée comme la victoire d'un système sur l'autre.

Le mur de Berlin, construit en 1961 pour empêcher les départs vers l'Ouest, en fut le symbole le plus visible. Sa chute, en 1989, annonce la fin de la période.

La fin, et ce qui a suivi

L'Union soviétique se dissout en 1991. Plusieurs régimes africains qui tenaient par le soutien d'un bloc perdent leur appui : c'est l'une des raisons des ouvertures politiques du début des années 1990 sur le continent, dont la Conférence nationale souveraine au Zaïre.

Ce qu'il faut en retenir

Qu'un conflit peut être mené sans déclaration de guerre. Que des pays peuvent devenir le terrain d'une rivalité dont ils ne sont pas les acteurs principaux. Et qu'un soutien extérieur n'est jamais gratuit.

C'est une grille de lecture utile pour comprendre bien des situations actuelles, y compris dans la région des Grands Lacs.

Le savais-tu ?

  • Les deux superpuissances ne se sont jamais affrontées directement parce que chacune possédait l'arme nucléaire.
  • Le mouvement des non-alignés a réuni des pays refusant de choisir un camp, après la conférence de Bandung en 1955.
  • La fin du soutien des blocs, au début des années 1990, explique en partie les ouvertures politiques survenues alors en Afrique.

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