Les droits humains : d’où ils viennent, à quoi ils servent
Ce ne sont pas des faveurs accordées par un État : ce sont des droits qu'on a du seul fait d'être humain. Ils ont été écrits après une catastrophe, et cela explique leur formulation.
13-18 ans
Un texte né d'une guerre
La Déclaration universelle des droits de l'homme a été adoptée par les Nations unies en 1948, au sortir de la Seconde Guerre mondiale et de la découverte de l'ampleur des crimes commis.
Ce contexte explique le ton du texte : il ne décrit pas un idéal lointain, il pose des interdits après avoir vu ce qui arrive quand ils n'existent pas.
Son article premier énonce que tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits.
Deux grandes familles de droits
Les droits civils et politiques. Ne pas être torturé, ne pas être réduit en esclavage, ne pas être arrêté arbitrairement, être jugé équitablement, penser et croire librement, s'exprimer, se réunir, participer aux affaires publiques.
Les droits économiques, sociaux et culturels. Le travail, l'éducation, la santé, un niveau de vie suffisant, la participation à la vie culturelle.
Un long débat a opposé ceux qui privilégiaient l'une ou l'autre famille. La position aujourd'hui dominante est qu'elles sont indivisibles : la liberté d'expression a peu de portée pour qui ne sait pas lire, et l'accès à l'école a peu de valeur si l'on peut être arrêté sans motif.
Universels, malgré les objections
L'objection revient régulièrement : ces droits seraient une invention occidentale imposée au reste du monde.
Deux réponses.
D'abord, historiquement, la rédaction de 1948 a associé des représentants de plusieurs continents, et des États africains et asiatiques ont pesé sur les textes ultérieurs — notamment ceux relatifs à la décolonisation et à la discrimination raciale.
Ensuite et surtout : l'argument culturel est presque toujours invoqué par ceux qui exercent un pouvoir, jamais par ceux qui en subissent l'abus. Personne, dans aucune culture, ne réclame le droit d'être torturé.
L'Afrique s'est d'ailleurs dotée de son propre instrument, la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples, adoptée en 1981, qui ajoute des droits collectifs et des devoirs.
Comment on les fait respecter
- Par les tribunaux nationaux, qui appliquent la Constitution et les traités ratifiés.
- Par des mécanismes régionaux, comme la Commission africaine des droits de l'homme et des peuples.
- Par des organes internationaux auprès desquels les États rendent compte.
- Par la Cour pénale internationale, pour les crimes les plus graves — génocide, crimes contre l'humanité, crimes de guerre — lorsque les juridictions nationales ne peuvent ou ne veulent pas juger.
- Par les organisations de défense des droits humains, qui documentent, publient et alertent. Leur travail n'a pas de force contraignante, mais il rend les violations coûteuses.
Les limites, qu'il faut regarder en face
Ces mécanismes sont lents, partiellement efficaces, et appliqués de façon inégale selon la puissance des États concernés. Les critiques sur ce point sont fondées.
Mais l'alternative n'est pas un système parfait : c'est l'absence de tout recours. Un droit imparfaitement protégé protège davantage qu'un droit inexistant.
Ce qu'un élève peut en faire
Connaître ses droits, c'est pouvoir dire « ce qui se passe ici n'est pas normal » avec autre chose qu'un sentiment.
Et c'est aussi accepter la réciprocité : les droits que je réclame pour moi valent pour celui qui ne me ressemble pas, ne parle pas ma langue, ne croit pas ce que je crois. C'est tout le contenu du mot universel — et c'est la partie difficile.
Le savais-tu ?
- La Déclaration universelle des droits de l'homme a été adoptée en 1948, directement après la Seconde Guerre mondiale.
- L'Afrique s'est dotée en 1981 de sa propre Charte africaine des droits de l'homme et des peuples, qui ajoute des droits collectifs et des devoirs.
- L'argument selon lequel ces droits seraient culturellement étrangers est presque toujours avancé par ceux qui détiennent un pouvoir, jamais par ceux qui en subissent l'abus.
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