🇨🇩 Histoire et géographie de la RDC

La Force publique : des Congolais dans les deux guerres mondiales

Des soldats congolais ont combattu en Afrique pendant les deux guerres mondiales, et remporté des victoires importantes. Cette histoire est très peu enseignée — ici comme ailleurs.

13-18 ans

La Force publique : des Congolais dans les deux guerres mondiales

Qu'était la Force publique

La Force publique était l'armée coloniale du Congo, créée sous l'État indépendant du Congo puis maintenue sous le Congo belge.

Sa composition résume tout le système : les soldats étaient congolais, les officiers étaient belges. Un Congolais ne pouvait pas accéder au grade d'officier — c'est l'un des faits qui expliqueront la crise de l'armée en 1960, quand un pays devenu indépendant se retrouvera sans officiers nationaux.

La Force publique servait à maintenir l'ordre colonial, à encadrer les travaux forcés et à réprimer les révoltes. Son histoire est inséparable de la violence du système qu'elle faisait appliquer.

La Première Guerre mondiale

Le conflit de 1914-1918 ne s'est pas déroulé qu'en Europe. L'Afrique coloniale y a été entraînée, parce que les puissances européennes y possédaient des territoires voisins.

Des troupes de la Force publique ont combattu en Afrique de l'Est contre les forces allemandes. Elles ont notamment pris la ville de Tabora, en 1916, dans l'actuelle Tanzanie.

À ces combattants s'ajoutent d'innombrables porteurs, réquisitionnés pour transporter le matériel dans des régions sans routes. Leurs conditions furent terribles, et leur nombre de victimes très élevé. Cette part de l'effort de guerre est presque absente des récits.

La Seconde Guerre mondiale

Pendant le conflit de 1939-1945, des unités de la Force publique ont été engagées en Afrique de l'Est contre les forces italiennes, dans la campagne d'Abyssinie — l'actuelle Éthiopie. Elles y ont obtenu la reddition d'une importante garnison italienne à Saio, en 1941.

Le Congo a aussi joué un rôle économique majeur : le territoire a fourni du caoutchouc, du cuivre, de l'étain et de l'uranium aux alliés. L'effort exigé des populations fut considérable, avec une intensification du travail forcé et des cultures obligatoires.

Ce que ces hommes ont rapporté

Beaucoup d'anciens combattants sont revenus avec une expérience qui a changé leur regard : ils avaient vu des Européens vaincus, avaient combattu à leurs côtés, avaient entendu les discours alliés sur la liberté et le droit des peuples.

De retour, ils retrouvaient un pays où ils n'avaient ni droits politiques, ni accès aux grades, ni égalité devant la loi. Ce décalage a nourri les revendications des décennies suivantes, au Congo comme dans d'autres colonies africaines.

Les anciens combattants ont par ailleurs souvent eu le plus grand mal à obtenir les pensions et les reconnaissances promises.

Pourquoi on en parle si peu

Parce que cette histoire dérange deux récits à la fois : celui qui présente les guerres mondiales comme des affaires européennes, et celui qui réduit les Africains au rôle de spectateurs de leur propre siècle.

La rétablir, c'est rendre à ces hommes une place qui leur revient — et comprendre une partie de ce qui a conduit à 1960.

Un travail à faire

Dans beaucoup de familles congolaises, il existe encore des souvenirs, des photos, des documents d'anciens combattants. Les recueillir, les noter, les conserver est un vrai travail d'histoire.

C'est ce que font les historiens et les archivistes : reconstituer ce que les archives officielles n'ont pas jugé bon d'écrire.

Le savais-tu ?

  • Dans la Force publique, les soldats étaient congolais et les officiers exclusivement belges : le pays est devenu indépendant sans officiers nationaux.
  • Des troupes congolaises ont pris Tabora en 1916 et obtenu la reddition d'une garnison italienne à Saio en 1941.
  • Aux combattants s'ajoutaient d'innombrables porteurs réquisitionnés, dont le nombre de victimes fut très élevé.

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