Le Congo belge (1908-1960)
Cinquante-deux ans de colonisation belge : des routes, des hôpitaux et des écoles primaires — mais aussi le travail forcé, aucun droit politique, et à peine une poignée de diplômés universitaires à l'indépendance.
13-18 ans
Un système à trois têtes
La colonie était gouvernée par ce que les historiens appellent la « trinité coloniale » :
- l'État belge, qui administrait ;
- les missions religieuses, qui tenaient l'école et une grande partie de la santé ;
- les grandes entreprises, notamment minières, qui organisaient l'économie.
Ces trois pouvoirs se soutenaient mutuellement. L'école formait les employés dont les entreprises avaient besoin ; l'administration fournissait la main-d'œuvre.
Ce qui a été construit
Il faut le dire pour que le tableau soit juste : des routes, des voies ferrées, des ports, des hôpitaux et un réseau d'écoles primaires parmi les plus étendus d'Afrique à l'époque. La lutte contre certaines maladies a donné des résultats réels.
Ce que cela a coûté
Mais ces réalisations reposaient sur un système de contrainte.
- Le travail forcé était légal : on pouvait obliger un homme à travailler un certain nombre de jours par an.
- Les cultures obligatoires imposaient aux paysans de produire du coton ou d'autres cultures d'exportation, au détriment de leur alimentation.
- Aucun droit politique : pas d'élections, pas de partis, pas de presse libre pour les Congolais.
- Une ségrégation de fait : quartiers séparés, couvre-feu pour les Congolais dans les villes européennes.
Le plafond scolaire
C'est le point le plus lourd de conséquences. L'enseignement primaire était largement répandu ; l'enseignement supérieur, lui, était quasiment fermé aux Congolais jusqu'aux années 1950.
La première université ouvre à Lovanium en 1954. Résultat : à l'indépendance, en 1960, le pays comptait moins d'une trentaine de diplômés universitaires congolais, et aucun médecin, ingénieur ou officier supérieur congolais.
Un pays de la taille de l'Europe occidentale devait se gouverner sans cadres formés. Cela n'explique pas tout de ce qui a suivi, mais on ne peut pas comprendre la suite sans cela.
Les « évolués »
La colonisation avait créé une catégorie intermédiaire : les évolués, Congolais instruits, employés de bureau, infirmiers, enseignants. Ils disposaient d'une carte qui leur donnait quelques droits supplémentaires.
C'est largement dans ce groupe qu'est née la revendication d'indépendance : ils avaient reçu assez d'instruction pour mesurer précisément ce qu'on leur refusait.
Le savais-tu ?
- La première université du Congo belge n'a ouvert qu'en 1954, soit six ans avant l'indépendance.
- À l'indépendance, le pays ne comptait aucun médecin congolais formé sur place, ni aucun officier congolais dans l'armée.
- Les Congolais instruits devaient porter une carte de « mérite civique » pour obtenir quelques droits que les Européens avaient automatiquement.
À lire ensuite
Le royaume Kongo
Bien avant l'arrivée des Européens, un grand royaume organisé existait à l'embouchure du fleuve Congo. Il avait un roi, des provinces, une monnaie et des ambassadeurs.
8-12 ans
Le royaume Luba et les États du centre
Au centre du pays, d'autres royaumes se sont construits : Luba, Lunda, Kuba. Ils avaient leurs institutions, leurs arts et leurs réseaux commerciaux.
8-12 ans
L’État indépendant du Congo (1885-1908)
Pendant vingt-trois ans, un territoire de plus de deux millions de kilomètres carrés a été la propriété personnelle d'un seul homme : le roi des Belges, Léopold II. Il n'y a jamais mis les pieds.
13-18 ans
Le 30 juin 1960 : l’indépendance
En quelques mois seulement, le Congo passe du statut de colonie à celui d'État souverain. Le jour de la cérémonie, un discours non prévu change le ton de la journée.
13-18 ans
Le Zaïre de Mobutu (1965-1997)
Trente-deux ans d'un pouvoir personnel : un parti unique, un nom de pays changé, une identité nationale construite — et une économie qui s'effondre.
13-18 ans
Les guerres du Congo (1996-2003) et l’est aujourd’hui
Deux guerres ont impliqué jusqu'à neuf pays africains. On les a appelées la « guerre mondiale africaine ». L'est du pays n'en est toujours pas sorti.
13-18 ans