📜 Histoire du monde

La révolution industrielle

En moins d'un siècle, des machines ont remplacé la force des bras et des animaux. Cela a transformé le travail, les villes, le climat — et le rapport du monde à l'Afrique.

13-18 ans

La révolution industrielle

Ce qui change

Jusqu'au dix-huitième siècle, l'énergie disponible venait du muscle — humain ou animal —, du vent et de l'eau. Ces sources sont limitées et irrégulières.

La rupture vient de la maîtrise d'une nouvelle source : la chaleur du charbon, transformée en mouvement par la machine à vapeur.

Pour la première fois, on dispose d'une énergie puissante, constante, disponible où l'on veut. Tout le reste en découle.

Où et comment

Le mouvement démarre en Grande-Bretagne, puis gagne l'Europe continentale, l'Amérique du Nord, et plus tard le Japon.

Les premiers secteurs transformés sont le textile et la métallurgie, suivis du transport avec le chemin de fer et le bateau à vapeur.

Le travail change de nature : on quitte l'atelier et la ferme pour l'usine, avec des horaires imposés, une machine qui donne le rythme, et une division du travail en gestes répétitifs.

Ce que cela a apporté

  • Une production massivement accrue, et des objets accessibles à plus de monde.
  • Des transports rapides, qui rapprochent les régions et font baisser les prix.
  • Des progrès en médecine, en chimie et en hygiène qui allongent la vie.
  • L'apparition d'une classe moyenne urbaine.

Ce que cela a coûté

  • Des conditions de travail effroyables au début : journées interminables, travail des enfants, accidents, absence de toute protection.
  • Des villes industrielles surpeuplées et insalubres, où les épidémies se propageaient.
  • La destruction d'artisanats entiers, incapables de rivaliser avec la production mécanisée.
  • Le début de la pollution massive et de l'usage à grande échelle des combustibles fossiles — dont nous mesurons aujourd'hui les conséquences sur le climat.

C'est en réaction à ces conditions que sont nés les syndicats, le droit du travail, la limitation de la durée du travail et l'interdiction du travail des enfants. Aucun de ces droits n'a été offert : tous ont été conquis.

Le lien direct avec l'Afrique

C'est le point que beaucoup de manuels passent trop vite.

Une industrie a besoin de deux choses : des matières premières et des marchés où vendre.

  • Le coton des filatures, l'huile de palme pour les machines et les savons, le caoutchouc pour les pneus, le cuivre pour les fils électriques : ces matières venaient largement des colonies.
  • Et les produits manufacturés étaient vendus dans ces mêmes territoires, dont les artisanats étaient concurrencés puis ruinés.

La conférence de Berlin de 1884-1885 et la colonisation du continent interviennent exactement au moment où l'industrie européenne a le plus besoin de ces ressources. Ce n'est pas une coïncidence : c'est une cause.

L'histoire de l'État indépendant du Congo et de son caoutchouc appartient pleinement à l'histoire de la révolution industrielle.

Une révolution qui continue

D'autres vagues ont suivi : l'électricité et le moteur à explosion, puis l'électronique, puis l'informatique et le numérique.

Chacune a suivi le même schéma : des gains de productivité considérables, des métiers qui disparaissent, d'autres qui apparaissent, et une question sociale — qui profite des gains, et qui paie l'adaptation ?

C'est exactement la question que pose aujourd'hui l'automatisation. L'histoire ne donne pas la réponse, mais elle indique où regarder.

Le savais-tu ?

  • Avant la machine à vapeur, toute l'énergie disponible venait du muscle, du vent ou de l'eau — des sources limitées et irrégulières.
  • La limitation du temps de travail et l'interdiction du travail des enfants n'ont pas été accordées : elles ont été conquises.
  • La colonisation de l'Afrique intervient au moment précis où l'industrie européenne a le plus besoin de caoutchouc, d'huile et de cuivre.

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