Le cinéma : raconter avec des images qui bougent
Un film donne l'illusion du mouvement à partir d'images fixes. Et derrière chaque minute projetée, il y a des dizaines de métiers dont on ne voit jamais les visages.
8-12 ans
L'illusion de base
Un film n'est qu'une suite d'images fixes défilant assez vite pour que notre cerveau les relie en un mouvement continu.
C'est le même principe que le petit carnet dont on fait défiler les pages avec le pouce. Tu peux le fabriquer en une heure : dessine un bonhomme au coin de chaque page d'un cahier, en le décalant un peu à chaque fois. Tu viens de faire du cinéma.
Le montage : là où le film se fabrique
Tourner, c'est enregistrer des morceaux. Monter, c'est choisir lesquels garder, dans quel ordre et à quelle durée.
C'est l'étape décisive. Les mêmes images montées autrement racontent une autre histoire : un visage suivi d'une assiette exprime la faim, le même visage suivi d'un cercueil exprime le chagrin. Le sens naît du rapprochement.
C'est aussi pour cela qu'une vidéo peut mentir sans qu'aucune image ait été truquée : il suffit d'avoir coupé.
Les métiers d'un tournage
Le réalisateur dirige. Mais un film, c'est aussi :
- un scénariste, qui écrit l'histoire et les dialogues ;
- un directeur de la photographie, responsable de la lumière et du cadre ;
- un ingénieur du son, dont le travail décide de la moitié de l'effet — un film mal filmé se regarde, un film mal enregistré ne s'écoute pas ;
- des comédiens ;
- des décorateurs, costumiers, maquilleurs, accessoiristes ;
- un monteur, un compositeur, un producteur qui trouve l'argent et organise tout.
Le cinéma africain
Les cinéastes africains ont dû construire presque sans industrie : peu de studios, peu de salles, peu de financements.
Le FESPACO, festival panafricain qui se tient à Ouagadougou, au Burkina Faso, est depuis des décennies le grand rendez-vous du cinéma du continent.
Un thème traverse une grande partie de ces films : qui raconte ? Pendant longtemps, l'Afrique a été filmée par d'autres, et s'y est vue en décor ou en problème. Tourner soi-même, c'est reprendre la main sur sa propre image.
En République démocratique du Congo
Le pays a une histoire de salles de cinéma, largement disparues, et une production qui cherche ses moyens. Mais quelque chose a changé : le numérique.
Filmer coûte aujourd'hui une fraction de ce que coûtait la pellicule. Un téléphone récent filme correctement. Le montage se fait sur un ordinateur portable. La diffusion passe par Internet, sans salle ni distributeur.
Résultat : des documentaires, des courts métrages, des séries et des clips se tournent à Kinshasa, Lubumbashi ou Goma, et trouvent leur public en ligne.
Commencer avec un téléphone
Quatre conseils qui font plus de différence que le matériel :
- Le son d'abord. Approche le micro, évite le vent et le bruit de fond.
- La lumière. Filme avec la lumière dans le dos du téléphone, pas en face.
- Stabilise. Pose l'appareil, cale-le, respire.
- Raconte quelque chose. Un début, un milieu, une fin. Trois plans bien pensés valent mieux que dix minutes de plan fixe.
Le cinéma n'est pas une affaire de moyens seulement : c'est d'abord une affaire de regard.
Le savais-tu ?
- Le sens d'une scène de cinéma naît du montage : le même visage change d'émotion selon l'image qui le suit.
- Le FESPACO, à Ouagadougou, est le grand rendez-vous du cinéma africain depuis des décennies.
- Sur un tournage, un son mal enregistré est plus rédhibitoire qu'une image imparfaite.
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