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L’élevage : nourrir des animaux qui nous nourrissent

Chèvres, poules, porcs, bovins : l'élevage congolais est surtout familial. Trois choses décident de sa réussite — l'alimentation, l'eau propre et la prévention des maladies.

8-12 ans

L’élevage : nourrir des animaux qui nous nourrissent

Ce que l'élevage apporte

Bien au-delà de la viande :

  • des œufs et du lait, sources de protéines régulières ;
  • du fumier, qui fertilise les champs ;
  • une épargne sur pied : un animal se vend quand il faut payer une scolarité ou un soin. C'est souvent la seule réserve disponible dans un foyer rural ;
  • une force de travail dans certaines régions ;
  • des peaux, des plumes, et un rôle social lors des cérémonies.

En RDC, l'élevage est majoritairement familial : quelques têtes autour de la maison, rarement de grands troupeaux.

Les trois piliers

Nourrir correctement. Un animal mal nourri grandit mal, produit peu et attrape tout. L'alimentation peut souvent être améliorée sans acheter grand-chose : résidus de culture, feuilles, sons de céréales, restes de manioc, plantes fourragères plantées en bordure de champ.

Donner de l'eau propre, en permanence. C'est l'erreur la plus fréquente et la plus facile à corriger. Un abreuvoir sale transmet des maladies à tout le cheptel.

Loger sainement. Un abri sec, ventilé, à l'abri du soleil et de la pluie, nettoyé régulièrement, avec une litière changée. L'humidité et l'entassement sont les meilleurs alliés des microbes.

La prévention vaut mieux que le traitement

Quelques gestes évitent la majorité des pertes :

  • Vacciner contre les maladies courantes de la région, selon le calendrier conseillé par les services vétérinaires. La maladie de Newcastle, par exemple, peut décimer une basse-cour entière en quelques jours.
  • Déparasiter régulièrement.
  • Isoler un animal malade immédiatement, et ne pas le remettre dans le groupe avant guérison.
  • Mettre en quarantaine tout nouvel animal avant de l'introduire dans le troupeau.
  • Ne pas jeter n'importe où un animal mort : l'enfouir ou le brûler selon les consignes.

Le danger des médicaments mal utilisés

Donner des antibiotiques à tort et à travers, ou arrêter un traitement trop tôt, crée des bactéries résistantes — exactement comme chez l'humain. Ces résistances passent ensuite dans la chaîne alimentaire.

Il faut aussi respecter les délais d'attente : après certains traitements, la viande, le lait ou les œufs ne doivent pas être consommés pendant un temps donné.

Les maladies qui passent de l'animal à l'humain

On les appelle zoonoses. La rage, la brucellose, la tuberculose bovine, certaines grippes, et des fièvres virales graves peuvent se transmettre par contact, par morsure ou par consommation de produits mal cuits.

D'où quelques règles simples :

  • se laver les mains après avoir manipulé des animaux ;
  • cuire suffisamment viande, lait et œufs ;
  • consulter immédiatement en cas de morsure, surtout par un animal inconnu ;
  • se méfier de la viande d'animaux sauvages trouvés morts.

C'est le principe de ce qu'on appelle « une seule santé » : la santé des humains, celle des animaux et celle de l'environnement sont liées, et on ne peut pas s'occuper de l'une en ignorant les autres.

Les métiers

Vétérinaire, assistant vétérinaire, technicien d'élevage, spécialiste de l'insémination, technicien des productions animales, agent de vulgarisation. Ce sont des métiers en tension : beaucoup de villages n'ont personne à appeler quand un troupeau tombe malade.

Un élevage familial bien conduit peut doubler sa production sans augmenter la taille du troupeau. C'est exactement ce que fait un bon technicien.

Le savais-tu ?

  • Un animal se vend quand il faut payer une scolarité ou un soin : dans beaucoup de foyers ruraux, le troupeau est la seule épargne disponible.
  • La maladie de Newcastle peut décimer une basse-cour entière en quelques jours ; un vaccin existe.
  • Les résistances aux antibiotiques créées dans un élevage passent ensuite dans la chaîne alimentaire.

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