Les guerres du Congo (1996-2003) et l’est aujourd’hui
Deux guerres ont impliqué jusqu'à neuf pays africains. On les a appelées la « guerre mondiale africaine ». L'est du pays n'en est toujours pas sorti.
13-18 ans
Le point de départ : le génocide au Rwanda
En 1994, le génocide des Tutsi au Rwanda fait environ 800 000 morts en cent jours. Quand il prend fin, près de deux millions de personnes — dont des civils, mais aussi des responsables et des exécutants du génocide — fuient vers l'est du Zaïre.
Des camps immenses se forment au Nord et au Sud-Kivu. Des groupes armés s'y réorganisent et lancent des attaques vers le Rwanda.
La première guerre (1996-1997)
Le Rwanda et l'Ouganda soutiennent une rébellion conduite par Laurent-Désiré Kabila. Elle traverse le pays d'est en ouest en sept mois. Mobutu tombe, Kabila prend le pouvoir et le pays redevient la République démocratique du Congo.
La deuxième guerre (1998-2003)
Kabila se brouille avec ses anciens alliés. Le Rwanda et l'Ouganda soutiennent de nouvelles rébellions ; l'Angola, le Zimbabwe et la Namibie soutiennent Kinshasa. Jusqu'à neuf pays africains sont impliqués — d'où le nom de « guerre mondiale africaine ».
Laurent-Désiré Kabila est assassiné en janvier 2001. Son fils Joseph Kabila lui succède et engage des négociations.
Le coût humain
C'est l'un des conflits les plus meurtriers depuis 1945. Les estimations les plus citées évoquent plusieurs millions de morts — pour l'essentiel non pas tués au combat, mais morts de maladies, de faim et de l'effondrement des services de santé provoqués par la guerre.
Ces chiffres sont discutés entre spécialistes, faute de recensement fiable. Ce qui n'est pas discuté, c'est l'ampleur de la catastrophe.
Pourquoi l'est n'est pas sorti de la guerre
Les accords de 2002-2003 ont mis fin à la guerre entre États, mais pas aux violences à l'est. Plusieurs causes s'entretiennent :
- des dizaines de groupes armés encore actifs au Nord-Kivu, au Sud-Kivu et en Ituri ;
- les minerais — or, coltan, cassitérite — qui financent ces groupes ;
- des conflits fonciers et identitaires anciens, aggravés par les déplacements de population ;
- la faiblesse de l'État et de l'armée dans ces régions.
Des millions de personnes sont déplacées à l'intérieur du pays. La mission des Nations unies y est déployée depuis 1999, ce qui en fait l'une des plus longues de l'histoire de l'ONU.
Ce qu'il faut éviter de simplifier
Ce conflit n'est ni « ethnique » ni « tribal » au sens où on l'entend parfois. C'est une combinaison d'intérêts économiques, d'enjeux régionaux entre États et de conflits locaux sur la terre et la citoyenneté. Réduire cela à une seule cause empêche de comprendre — et de résoudre.
Le savais-tu ?
- Jusqu'à neuf pays africains ont été militairement impliqués dans la deuxième guerre du Congo.
- La mission de l'ONU en RDC est l'une des plus longues et des plus importantes jamais déployées.
- La majorité des décès liés à ces guerres ne sont pas dus aux combats mais à l'effondrement de la santé et de l'alimentation.
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