L’offre et la demande : qui fixe les prix
Personne ne décide seul du prix des tomates au marché. Il résulte d'une rencontre entre ceux qui vendent et ceux qui achètent — et cette rencontre obéit à des régularités.
13-18 ans
Les deux forces
La demande : ce que les acheteurs veulent et peuvent acheter. En général, plus le prix est bas, plus on achète.
L'offre : ce que les vendeurs sont prêts à vendre. En général, plus le prix est élevé, plus il devient intéressant de produire et de vendre.
Le prix s'ajuste jusqu'à ce que la quantité offerte et la quantité demandée se rejoignent à peu près.
Ce que cela explique au marché
- En pleine récolte, les mangues abondent : l'offre est forte, le prix baisse. Hors saison, le prix monte.
- Une route coupée empêche les marchandises d'arriver : l'offre chute dans la ville, les prix montent le jour même.
- À la rentrée scolaire, tout le monde cherche des cahiers et des uniformes au même moment : la demande bondit, les prix suivent.
- Un produit périssable en fin de journée : le vendeur baisse le prix, parce que la tomate invendue ne vaudra rien demain.
Tu observes cette mécanique tous les jours. Le vocabulaire économique ne fait que la nommer.
La concurrence
Quand plusieurs vendeurs proposent la même chose au même endroit, chacun a intérêt à baisser un peu pour attirer le client. La concurrence tend à faire baisser les prix et à améliorer la qualité.
À l'inverse, un vendeur seul sur un marché — un monopole — peut fixer un prix élevé, puisque l'acheteur n'a pas d'alternative. C'est pourquoi les États surveillent les situations de monopole et les ententes entre vendeurs.
Une entente, c'est exactement cela : des vendeurs qui se mettent d'accord pour ne pas se faire concurrence. Elle est interdite dans la plupart des législations, parce qu'elle revient à voler l'acheteur en supprimant son choix.
Quand le mécanisme ne suffit pas
L'offre et la demande ne produisent pas toujours un bon résultat social.
- Pour les biens essentiels, un prix librement fixé peut exclure les plus pauvres — d'où des politiques de subvention ou de régulation.
- Pour les biens que personne ne financerait seul — une route, une digue, un éclairage public —, le marché ne fournit rien, parce qu'on ne peut pas faire payer chaque usager. C'est le rôle de l'État.
- Pour les effets subis par des tiers : une usine qui pollue une rivière impose un coût à des gens qui ne sont ni vendeurs ni acheteurs. Le prix du produit ne reflète pas ce coût, et il faut une règle pour le corriger.
- En cas de spéculation sur un produit vital, quand des acteurs stockent en attendant la hausse.
L'information change tout
Un marché fonctionne d'autant mieux que chacun connaît les prix pratiqués ailleurs.
C'est un effet très concret du téléphone mobile en milieu rural : un producteur qui connaît le prix du manioc sur le marché voisin ne vend plus n'importe quoi à n'importe qui. La FAO et d'autres organisations travaillent d'ailleurs à diffuser ces informations de prix aux agriculteurs.
L'asymétrie d'information — quand l'un sait et l'autre pas — est l'une des sources d'inégalité les plus efficaces qui soient.
Ce que cela t'apprend comme acheteur ou vendeur
- Comparer avant d'acheter, et se renseigner sur le prix pratiqué ailleurs.
- Acheter au bon moment ce qui se conserve : en pleine saison, pas en pénurie.
- Si tu vends : comprendre qu'un prix trop élevé fait fuir, et qu'un prix trop bas ne couvre pas tes coûts. Le bon prix se situe entre ton coût de revient et ce que le client accepte de payer.
Et savoir calculer son coût de revient — tout ce que le produit t'a coûté avant la vente — est la compétence que la plupart des petits commerces négligent, et qui décide de leur survie.
Le savais-tu ?
- Une entente entre vendeurs pour ne pas se faire concurrence est interdite dans la plupart des législations : elle supprime le choix de l'acheteur.
- Le téléphone mobile a changé le rapport de force au marché rural : un producteur qui connaît les prix ailleurs ne vend plus à n'importe quel prix.
- Le marché ne fournit jamais les biens que personne ne peut faire payer à l'usage, comme une digue ou un éclairage public.
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