L’évolution : comment les espèces changent
Les espèces ne sont pas fixées depuis toujours. Elles se transforment, très lentement, par un mécanisme sans intention ni projet — et qu'on peut observer aujourd'hui.
13-18 ans
Le constat de départ
Dans n'importe quelle population, les individus ne sont pas identiques. Des poules d'un même poulailler diffèrent par la taille, la couleur, la résistance aux maladies. Des plants de manioc d'un même champ ne donnent pas tous la même récolte.
Cette variation est le point de départ de tout.
Le mécanisme, en quatre temps
- Les individus d'une espèce varient, et une partie de ces différences se transmet aux descendants.
- Il naît toujours plus d'individus que le milieu ne peut en nourrir : il y a compétition.
- Certaines variations donnent un avantage dans ce milieu précis — mieux résister à la sécheresse, se cacher plus efficacement, digérer un aliment que d'autres ne digèrent pas.
- Ceux qui ont cet avantage laissent en moyenne plus de descendants, et la variation devient plus fréquente à chaque génération.
C'est la sélection naturelle. Il n'y a ni projet, ni volonté, ni objectif : seulement des différences de descendance, répétées un très grand nombre de fois.
Ce que l'évolution ne dit pas
Trois malentendus très répandus :
- Elle ne dit pas que « l'homme descend du singe ». Elle dit que les humains et les grands singes actuels ont des ancêtres communs — ce n'est pas du tout la même chose. Le bonobo n'est pas notre grand-père : c'est notre cousin.
- Elle ne dit pas qu'un individu se transforme au cours de sa vie. C'est une population qui change, sur de nombreuses générations.
- Elle ne dit pas que l'évolution va vers le « mieux ». Elle va vers ce qui fonctionne dans un milieu donné. Si le milieu change, l'avantage peut devenir un handicap.
Des preuves qu'on peut examiner
- Les fossiles, qui montrent des formes intermédiaires et l'ordre d'apparition des groupes.
- L'anatomie comparée : le bras humain, la nageoire d'un dauphin, l'aile d'une chauve-souris contiennent les mêmes os, disposés de la même manière, pour des usages totalement différents. C'est la signature d'une origine commune.
- La génétique : plus deux espèces sont proches, plus leur matériel génétique se ressemble. Cette parenté se mesure.
- Les organes devenus inutiles, hérités d'ancêtres chez qui ils servaient.
Une évolution qu'on observe en direct
Ce n'est pas seulement une histoire du passé.
- La résistance aux antibiotiques : les bactéries les plus résistantes survivent à un traitement mal pris, se multiplient, et la population devient résistante. C'est de la sélection naturelle, en quelques années.
- La résistance des moustiques aux insecticides, qui complique la lutte contre le paludisme.
- La résistance du parasite du paludisme à certains médicaments.
Comprendre l'évolution n'est donc pas un luxe théorique : c'est ce qui explique pourquoi il faut terminer un traitement et ne pas prendre d'antibiotique sans raison.
La sélection par les humains
Depuis des millénaires, les agriculteurs et les éleveurs font la même chose volontairement : ils gardent pour semence les plants qui ont le mieux donné, et font se reproduire les animaux aux qualités recherchées.
Toutes les variétés de manioc, de maïs et de bananier cultivées aujourd'hui viennent de cette sélection patiente. C'est le même mécanisme — avec un choix humain à la place du milieu.
Une idée qui replace l'humain
L'évolution ne fait pas de l'espèce humaine l'aboutissement de quoi que ce soit. Elle en fait un rameau parmi d'autres, apparu récemment, et apparenté à tout ce qui vit.
C'est une idée qui demande un effort. C'est aussi l'une des plus fécondes de toute la biologie.
Le savais-tu ?
- Le bras humain, l'aile d'une chauve-souris et la nageoire d'un dauphin contiennent les mêmes os disposés de la même façon.
- La résistance des bactéries aux antibiotiques est de l'évolution qu'on observe en quelques années seulement.
- L'évolution ne dit pas que l'homme descend du singe, mais que les humains et les grands singes ont des ancêtres communs.
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