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L’okapi, l’animal que personne ne croyait réel

Moitié girafe, moitié zèbre selon ceux qui le décrivaient : les scientifiques européens ont longtemps refusé d'y croire. Il n'existe pourtant nulle part ailleurs qu'en RDC.

8-12 ans

L’okapi, l’animal que personne ne croyait réel

Un animal qu'on a pris pour une légende

Pendant longtemps, des habitants de la forêt de l'Ituri parlaient d'un animal étrange : un corps sombre de la taille d'un cheval, un long cou, une tête de girafe, et des rayures blanches sur les pattes arrière.

Les scientifiques européens n'y croyaient pas. Un animal mêlant des traits si différents leur paraissait impossible, et ils mettaient ces descriptions sur le compte de l'imagination.

Ils ont dû se rendre à l'évidence au tout début du vingtième siècle, quand l'animal a été décrit scientifiquement. Les habitants de la forêt avaient raison depuis le début.

C'est une leçon qui dépasse la zoologie : un savoir local n'est pas moins fiable parce qu'il n'a pas été publié dans une revue.

Ni zèbre ni girafe

Malgré les apparences, l'okapi n'a aucun lien de parenté avec le zèbre. Son plus proche cousin est la girafe — même famille, même très longue langue bleu-noir, capable d'atteindre les feuilles hautes et même de nettoyer ses propres yeux et oreilles.

Les rayures des pattes ne servent pas à imiter le zèbre : dans la pénombre de la forêt, elles brouillent la silhouette. Un okapi immobile entre des troncs devient très difficile à distinguer.

Un animal de forêt dense

L'okapi vit uniquement dans les forêts du nord-est de la République démocratique du Congo. C'est une espèce endémique : on ne la trouve nulle part ailleurs à l'état sauvage.

Il est solitaire, discret, actif surtout au crépuscule. Il se nourrit de feuilles, de bourgeons, de fruits et de champignons, et il lui arrive de consommer de l'argile — probablement pour les minéraux qu'elle contient.

Il communique en partie par des sons très graves, que l'oreille humaine perçoit mal. Une mère et son petit peuvent ainsi rester en contact sans se faire repérer par un prédateur.

Un symbole national menacé

L'okapi figure sur des emblèmes et des billets congolais. Il est protégé par la loi.

La réserve de faune à okapis, dans l'Ituri, est inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO. Elle a aussi figuré sur la liste du patrimoine mondial en péril, en raison des conflits armés, du braconnage et de l'orpaillage illégal qui touchent la région.

Les menaces sont donc moins « naturelles » que politiques : là où la sécurité manque, la conservation devient presque impossible.

Ceux qui le protègent

Des éco-gardes congolais patrouillent ces forêts, souvent dans des conditions très dures. Des équipes de recherche suivent les populations. Des programmes travaillent avec les communautés riveraines, parce qu'aucune protection ne tient durablement contre les gens qui vivent là.

C'est là que se trouvent les métiers : conservateur d'aire protégée, technicien de ressources naturelles, vétérinaire de faune sauvage, agent de développement rural.

Le savais-tu ?

  • Le plus proche parent de l'okapi n'est pas le zèbre mais la girafe : même famille, même langue très longue.
  • Sa langue est assez longue pour qu'il nettoie ses propres yeux et ses oreilles.
  • Les scientifiques européens ont longtemps refusé de croire aux descriptions des habitants de l'Ituri : ceux-ci avaient raison.

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