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L’athlétisme : courir, sauter, lancer

Le sport le plus ancien du monde se résume à trois gestes que tout le monde sait faire. Toute la difficulté est de les faire mieux — et de comprendre pourquoi.

8-12 ans

L’athlétisme : courir, sauter, lancer

Trois familles

Les courses. Du sprint, où tout se joue en quelques secondes, au marathon, qui dure des heures. Entre les deux : le demi-fond, le fond, les haies, le relais.

Les sauts. Hauteur, longueur, triple saut, perche.

Les lancers. Poids, disque, javelot, marteau.

Auxquelles s'ajoutent les épreuves combinées, qui additionnent plusieurs disciplines.

Sprint et endurance : deux corps différents

La différence n'est pas seulement une question d'entraînement : les muscles travaillent autrement.

Pour un sprint, le muscle fonctionne presque sans oxygène, en puisant dans des réserves immédiates. C'est très puissant et très bref — au-delà de quelques dizaines de secondes, le système ne suit plus.

Pour une course longue, le muscle utilise l'oxygène apporté par le sang. C'est beaucoup moins puissant mais on peut tenir très longtemps, tant que l'oxygène et le carburant arrivent.

C'est pourquoi un excellent sprinteur n'est presque jamais un excellent marathonien : les deux efforts ne demandent pas les mêmes qualités.

Le départ

En sprint, le départ vaut une grande partie de la course. D'où les starting-blocks, la position ramassée, et la réaction au signal.

Un détail intéressant : le règlement international considère qu'une réaction survenant trop tôt après le coup de départ n'est pas humainement possible, et la traite comme un faux départ. Autrement dit, le temps de réaction d'un être humain est connu, mesuré, et inscrit dans les règles.

Sauter plus loin

Un saut en longueur combine trois choses : la vitesse de la course d'élan, la poussée au moment de l'appel, et l'angle de départ.

Trop d'angle et on monte sans avancer ; pas assez et on retombe trop vite. C'est un problème de physique, et les entraîneurs le traitent comme tel.

En hauteur, la révolution est venue d'une idée : franchir la barre sur le dos, technique adoptée à partir de la fin des années 1960 et qui a rendu obsolètes toutes les précédentes. Une bonne idée peut valoir des années d'entraînement.

Lancer loin

Même logique : vitesse de la main au moment du lâcher, angle, et rotation qui stabilise l'engin en vol. Un javelot mal orienté plante mal ou tombe à plat.

Le lanceur utilise tout son corps : l'énergie part des jambes, monte par le tronc et se termine au bras. Les débutants lancent avec le bras seul — et lancent court.

L'athlétisme en Afrique

Le continent domine depuis des décennies les courses de fond et de demi-fond au niveau mondial, avec des athlètes venus notamment d'Afrique de l'Est. Les explications avancées combinent l'altitude des lieux d'entraînement, des traditions de course, des filières de détection efficaces et un travail acharné.

La République démocratique du Congo participe aux compétitions internationales d'athlétisme. Le pays manque surtout d'infrastructures : pistes aux normes, équipements de mesure, encadrement formé.

S'y mettre sans matériel

L'athlétisme a cet avantage : une piste de terre, un terrain plat, un chronomètre de téléphone et un mètre ruban suffisent pour commencer, mesurer et progresser.

Et mesurer change tout : un athlète qui note ses temps et ses distances voit ses progrès, ce qui est le meilleur moteur pour continuer. C'est aussi, au passage, une excellente manière de comprendre les moyennes, les écarts et les graphiques.

Le savais-tu ?

  • Un sprinteur et un marathonien n'utilisent pas le même mode de production d'énergie dans leurs muscles : l'un fonctionne presque sans oxygène, l'autre avec.
  • Le règlement de l'athlétisme intègre le temps de réaction humain : une réaction trop rapide après le signal est traitée comme un faux départ.
  • Franchir la barre sur le dos, en saut en hauteur, est une technique adoptée à la fin des années 1960 qui a rendu les précédentes obsolètes.

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