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Les poissons du fleuve Congo

Le bassin du Congo abrite une diversité de poissons parmi les plus grandes du monde, et beaucoup d'espèces n'existent nulle part ailleurs. Ils nourrissent des millions de personnes.

8-12 ans

Les poissons du fleuve Congo

Un fleuve exceptionnellement riche

Le bassin du Congo compte un très grand nombre d'espèces de poissons, dont une part importante est endémique : on ne les trouve que là.

La raison tient à la géographie du fleuve. Des chutes et des rapides ont isolé des populations pendant très longtemps, et chaque tronçon a évolué de son côté. C'est particulièrement vrai des rapides situés en aval de Kinshasa, où l'eau est si profonde et si turbulente que des populations de poissons ont été séparées comme par un mur.

Certains poissons de ces zones très profondes sont pâles et ont des yeux réduits : dans l'obscurité totale, la vue ne sert plus à rien.

Quelques habitants connus

  • Le capitaine, grand poisson apprécié, pêché dans le fleuve et les lacs.
  • Le tilapia, présent partout et largement élevé.
  • Le silure ou poisson-chat, reconnaissable à ses barbillons, capable de survivre dans une eau très pauvre en oxygène.
  • Le poisson électrique, qui produit un champ électrique pour se repérer et communiquer dans une eau trouble. C'est un véritable sens supplémentaire, que nous n'avons pas.
  • Les cichlidés des grands lacs de l'est, étudiés dans le monde entier parce qu'ils montrent comment un petit nombre d'ancêtres peut donner naissance à un très grand nombre d'espèces différentes.

La pêche, activité vitale

La pêche fluviale et lacustre fait vivre un très grand nombre de familles congolaises et fournit une source de protéines essentielle, souvent la plus accessible.

Elle emploie aussi tout un ensemble d'activités autour : fumage, séchage, salage, transport, vente au marché. Dans de nombreux foyers, ce sont les femmes qui tiennent la transformation et le commerce du poisson.

Ce qui menace la ressource

  • La surpêche : prélever plus vite que les poissons ne se reproduisent.
  • Les mailles trop fines, qui capturent les jeunes avant qu'ils aient pu se reproduire. C'est la manière la plus sûre de vider une rivière.
  • La pêche à l'explosif ou au poison, qui tue tout, y compris ce qu'on ne ramasse pas, et abîme durablement le milieu.
  • La pollution : orpaillage, rejets urbains, déchets plastiques.
  • La destruction des zones de reproduction : berges déboisées, zones inondables asséchées.

Ce qui protège

Des règles simples et anciennes, souvent déjà présentes dans les usages locaux :

  • respecter des tailles minimales de capture et des mailles adaptées ;
  • observer des périodes de repos pendant la reproduction ;
  • protéger les frayères, ces zones peu profondes où les poissons pondent ;
  • interdire les méthodes destructrices, et faire respecter cette interdiction.

La pisciculture

Élever du poisson en étang est une piste sérieuse : elle réduit la pression sur le milieu naturel, apporte des protéines et procure un revenu.

Elle demande du savoir-faire : choix de l'espèce, qualité de l'eau, alimentation, densité, prévention des maladies. C'est le métier des pisciculteurs et des techniciens halieutiques, et des formations existent en RDC.

Un pays traversé par le plus puissant fleuve d'Afrique ne devrait pas manquer de poisson. Qu'il en importe parfois dit tout de ce qu'il reste à construire.

Le savais-tu ?

  • Certains poissons des fosses les plus profondes du fleuve Congo sont pâles et ont des yeux réduits : dans le noir total, la vue ne sert plus.
  • Le poisson électrique produit un champ électrique pour se repérer dans l'eau trouble — un sens que les humains n'ont pas.
  • Pêcher avec des mailles trop fines capture les jeunes avant leur reproduction : c'est la façon la plus sûre de vider une rivière.

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