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Définition et branches de la philosophie

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La philosophie, c'est d'abord un mot grec qui veut dire « amour de la sagesse », puis une discipline qui réfléchit sur l'homme et le monde, divisée en branches qui ont chacune leur objet. À l'Exetat, on te demande presque toujours l'étymologie, l'une des trois définitions, ou de reconnaître une branche à partir de son objet.

L'essentiel

  • Étymologie : philosophie vient du grec philein (aimer, d'où philos, ami) et sophia (sagesse, savoir). Philosophie = amour de la sagesse. Le philosophe n'est pas un sage qui possède tout le savoir : c'est un ami de la sagesse, qui la cherche. Selon la tradition rapportée par Cicéron, Pythagore fut le premier à se dire « philosophe » plutôt que « sage » (sophos), par modestie.
  • Trois sens du mot. Sens étymologique : amour de la sagesse. Sens large : la conception de la vie que chacun se fait (« ma philosophie, c'est de ne jamais me décourager »), ou la sagesse d'un peuple (proverbes, croyances). Sens strict : une réflexion critique, rationnelle et méthodique sur l'homme, le monde et la place de l'homme dans le monde.
  • Définition classique : « la philosophie est la connaissance de toutes choses par leurs causes premières ». « Toutes choses » = la totalité du réel, visible et invisible (le monde, l'homme, Dieu, les valeurs). « Causes premières » = les principes ultimes, au-delà desquels on ne peut plus remonter.
  • Science et philosophie. Chaque science découpe le réel et en étudie un secteur (la physique les corps, la biologie les vivants) par l'observation, l'expérience et la mesure ; elle cherche les causes prochaines. La philosophie réfléchit sur le tout, sur les fondements et sur le sens : elle cherche les causes premières.
  • La division classique des manuels : logique, psychologie, morale et métaphysique. À retenir avec la question de chacune. Logique : comment bien raisonner ? (le vrai dans le raisonnement). Psychologie : comment fonctionne l'esprit ? (la vie psychique : sensations, mémoire, sentiments, volonté). Morale ou éthique : que dois-je faire ? (le bien et le mal). Métaphysique : qu'est-ce que l'être, quelle est la cause première ?
  • Les autres branches. Esthétique : le beau et l'art. Épistémologie, ou critique de la connaissance : la valeur, les méthodes et les limites des sciences et de nos connaissances (la question de Kant « Que puis-je savoir ? »). Théodicée, ou théologie naturelle : Dieu connu par la seule raison, sans la révélation ; le mot a été créé par Leibniz en 1710 (theos, Dieu, et dikê, justice : « justifier Dieu » face au mal).
  • La métaphysique en détail. Le mot vient des livres d'Aristote rangés « après la Physique » (meta ta physika). Aristote l'appelait « philosophie première » : la science de l'être en tant qu'être, des premiers principes et des premières causes. Christian Wolff la divise en métaphysique générale, l'ontologie (ontos, l'être : la science de l'être en général), et métaphysique spéciale : cosmologie (le monde), psychologie rationnelle (l'âme), théodicée (Dieu).
  • Les racines grecques qui donnent la réponse : logos (raison, discours, science), psyche (âme), ontos (être), theos (dieu), êthos (mœurs, d'où éthique ; morale vient du latin mores, mœurs), epistêmê (science), cosmos (monde), aisthêsis (sensation, d'où esthétique).

La méthode

  1. 1Repère le mot clé de l'objet dans l'énoncé : raisonnement, être, bien, beau, Dieu, âme ou esprit, monde, sciences ou connaissance.
  2. 2Associe-le à sa branche : raisonnement = logique ; être en tant qu'être, causes premières = métaphysique (ontologie pour l'être en général) ; bien, conduite = morale ou éthique ; beau = esthétique ; Dieu par la raison = théodicée ; vie psychique = psychologie ; monde = cosmologie ; valeur des sciences = épistémologie.
  3. 3Si l'énoncé parle de Dieu, vérifie la source : par la seule raison = théodicée ; à partir de la révélation, de la foi, des textes sacrés = théologie (qui n'est pas une branche de la philosophie).
  4. 4Pour une question de définition, demande-toi quel sens est visé : origine du mot (amour de la sagesse), sens courant (conception de la vie) ou sens strict (réflexion critique et méthodique).
  5. 5Élimine les intrus qui appartiennent à d'autres domaines : rhétorique (art de bien parler), physique (science de la nature), arts libéraux du Moyen Âge (trivium : grammaire, rhétorique, dialectique ; quadrivium : arithmétique, géométrie, astronomie, musique).

Un exemple résolu

La partie de la métaphysique qui étudie Dieu par la seule raison, sans recourir à la révélation, et qui cherche notamment à concilier sa bonté avec l'existence du mal, s'appelle : A. l'épistémologie ; B. la psychologie ; C. la théodicée ; D. la logique ; E. l'esthétique.

  1. 1.Mot clé de l'objet : « Dieu ». Les branches qui ne parlent pas de Dieu sont exclues : l'épistémologie (les sciences), la psychologie (l'esprit), la logique (le raisonnement), l'esthétique (le beau).
  2. 2.Précision de l'énoncé : « par la seule raison, sans recourir à la révélation ». Ce n'est donc pas la théologie religieuse, qui part des textes sacrés.
  3. 3.L'étude rationnelle de Dieu, en particulier du problème du mal, porte le nom forgé par Leibniz en 1710 : théodicée, « justice de Dieu ».
  4. 4.Vérification : dans la division de Wolff, la théodicée est bien une partie de la métaphysique spéciale, à côté de la cosmologie et de la psychologie rationnelle.

Réponse : C. la théodicée

Les pièges à éviter

  • Traduire philosophie par « science de la nature », « art de bien parler » ou « connaissance de Dieu ». Ce sont la physique, la rhétorique et la théologie. Philosophie = amour de la sagesse, rien d'autre.
  • Confondre théodicée et théologie : les deux parlent de Dieu, mais la théodicée n'utilise que la raison, la théologie part de la foi et de la révélation.
  • Confondre métaphysique et épistémologie. La métaphysique porte sur l'être et les causes premières ; l'épistémologie porte sur la connaissance et la valeur des sciences.
  • Croire que le premier « philosophe » est Socrate ou Aristote. Selon la tradition (Cicéron), c'est Pythagore qui a choisi ce nom.
  • Confondre éthique et esthétique, qui se ressemblent à l'oreille : éthique = le bien (êthos, mœurs) ; esthétique = le beau.

À retenir

Philosophie = amour de la sagesse (philein + sophia) ; au sens strict, réflexion critique sur l'homme et le monde ; ses branches se reconnaissent à leur objet : le vrai raisonnement (logique), l'esprit (psychologie), le bien (morale), le beau (esthétique), l'être et les causes premières (métaphysique), Dieu par la raison (théodicée), la valeur des sciences (épistémologie).