Exetat · Philosophie

Psychologie et vie mentale

10 items d'entraînement portent sur cette notion.

Toutes les notions de Philosophie

La psychologie étudie la vie mentale : ce que nous sentons, percevons, apprenons et voulons. L'Exetat interroge surtout ses méthodes (introspection, intuition) et quelques faits psychiques bien définis : la sensation et la perception, l'habitude, l'acte volontaire et ses troubles.

L'essentiel

  • Les méthodes. L'introspection (du latin introspicere : regarder, spicere, à l'intérieur, intro) : la personne observe elle-même ses pensées et ses sentiments (« pourquoi suis-je triste aujourd'hui ? »). Elle est directe mais subjective : personne d'autre ne peut la contrôler. L'extrospection observe le comportement des autres de l'extérieur. La psychologie comparée compare les comportements de l'animal et de l'homme.
  • L'intuition est une connaissance directe, immédiate, sans raisonnement. Intuition sensible : par les sens. Intuition intellectuelle : saisie immédiate d'une vérité ou d'un rapport. Intuition psychologique (ou conscience) : saisie immédiate de nos propres états de conscience (je sais tout de suite que j'ai peur, sans raisonner). Intuition mystique : saisie du divin.
  • La sensation est le fait psycho-physiologique élémentaire provoqué par l'excitation d'un organe des sens. Physiologique : un excitant (lumière, son, chaleur) stimule l'organe et le nerf. Psychique : la conscience éprouve une impression simple (une tache rouge, un son aigu, du chaud). La sensation ne reconnaît encore aucun objet.
  • La perception est l'acte par lequel l'esprit organise et interprète des sensations pour connaître un objet présent. Elle utilise la mémoire et l'expérience passée. Entendre un bruit est une sensation ; dire aussitôt « c'est le moteur du taxi-bus de mon oncle » est une perception. À ne pas confondre : l'hallucination est une perception sans objet réel ; l'imagination se représente un objet absent ; la mémoire rappelle le passé.
  • L'habitude est une disposition acquise par la répétition d'un même acte ; elle rend l'acte plus facile, plus rapide, presque automatique, et libère la conscience. Elle s'oppose à l'instinct et au réflexe, qui sont innés. Types : motrices (gestes : nager, jouer d'un instrument, taper au clavier sans regarder) ; intellectuelles (calcul mental, méthode de travail) ; affectives (goûts, attachements) ; morales et sociales (politesse, honnêteté, ponctualité).
  • L'acte volontaire se déroule en quatre étapes, dans cet ordre : 1. la conception (on se représente un but possible) ; 2. la délibération (on pèse le pour et le contre des motifs) ; 3. la décision ou résolution (on choisit) ; 4. l'exécution (on réalise l'acte).
  • Les troubles de la volonté. L'aboulie (a- = sans, boulê = volonté) est l'absence ou l'affaiblissement grave de la volonté : l'aboulique sait ce qu'il devrait faire mais n'arrive ni à décider ni à agir. C'est un trouble de la volonté, pas de l'intelligence ni de la mémoire. À l'opposé, l'impulsivité passe à l'acte sans délibération. Racines utiles : amnésie (perte de la mémoire, mnêsis), claustrophobie (peur des lieux fermés).

Les formules

Connaissance sensible
excitation de l'organe → sensation (impression brute) → perception (objet reconnu)
Acte volontaire
conception → délibération → décision → exécution

La méthode

  1. 1Pour une méthode : regarder en soi = introspection ; observer les autres de l'extérieur = extrospection ; comparer l'animal et l'homme = psychologie comparée ; connaître immédiatement ses états intérieurs = intuition psychologique.
  2. 2Pour sensation ou perception, demande-toi si l'esprit ajoute une interprétation. Impression brute (un son, une couleur) = sensation. Impression rapportée à un objet nommé (« c'est une moto ») = perception.
  3. 3Pour une habitude, regarde sur quoi elle porte : des mouvements = motrice ; une opération de l'esprit = intellectuelle ; un goût = affective ; une conduite envers les autres = morale ou sociale.
  4. 4Pour l'acte volontaire, place l'étape dans la suite conception, délibération, décision, exécution, et vérifie à la fois le nom et le numéro de l'étape.
  5. 5Pour un mot savant, décompose-le : a- (sans), boulê (volonté), mnêsis (mémoire), -phobie (peur).

Un exemple résolu

Dans l'analyse classique de l'acte volontaire, le moment où l'on pèse le pour et le contre des différents motifs avant de choisir s'appelle : A. la conception, première étape ; B. la décision, troisième étape ; C. l'exécution, quatrième étape ; D. la délibération, troisième étape ; E. la délibération, deuxième étape.

  1. 1.Peser le pour et le contre des motifs, c'est délibérer : le nom de l'étape est la délibération. A, B et C sont exclues.
  2. 2.Il reste à trouver sa place. Avant de peser des motifs, il faut s'être représenté un but : c'est la conception, première étape.
  3. 3.Après la délibération viennent la décision (on choisit) puis l'exécution (on agit).
  4. 4.La délibération est donc la deuxième étape, pas la troisième : D est exclue.

Réponse : E. la délibération, deuxième étape

Les pièges à éviter

  • Appeler « sensation » la reconnaissance d'un objet. Dès que l'on identifie ce qu'on entend ou voit, c'est une perception.
  • Croire que l'aboulie est un excès de volonté ou un entêtement : le préfixe a- marque le manque, c'est l'absence de volonté.
  • Confondre l'introspection (observer ses propres états) et l'extrospection (observer les autres de l'extérieur).
  • Classer une habitude d'après la personne plutôt que d'après l'acte : une secrétaire qui tape sans regarder a une habitude motrice, parce qu'elle porte sur des gestes.

À retenir

La sensation est l'impression brute née de l'excitation d'un organe des sens, la perception l'interprète pour reconnaître un objet ; l'acte volontaire va de la conception à la délibération, à la décision puis à l'exécution, et l'aboulie est le manque de volonté.