La RDC est riche de son sous-sol, de ses forêts, de ses fleuves et de la variété de ses climats, mais son économie exporte surtout des produits bruts. L'Exetat demande de localiser une ressource (mine, culture, barrage), de connaître les grandes voies de transport et de nommer les caractères de l'économie congolaise.
L'essentiel
- Cuivre et cobalt : dans le Haut-Katanga et le Lualaba, sur l'arc cuprifère (Copperbelt) qui se prolonge en Zambie. Le cobalt est extrait avec le cuivre, dans les mêmes minerais ; la RDC en est de loin le premier producteur mondial (plus de la moitié de la production), et ce métal stratégique sert aux batteries des téléphones et des voitures électriques. La Gécamines, héritière de l'Union minière du Haut-Katanga, exploite ces deux métaux ; la malachite, pierre verte de l'artisanat de Lubumbashi, est un minerai de cuivre. Le cuivre est la principale ressource minière exportée.
- Autres minerais : diamant à Mbuji-Mayi (MIBA, Minière de Bakwanga) et à Tshikapa, souvent dans des gisements alluvionnaires (graviers de rivière lavés par les creuseurs) ; or de Kilo-Moto (OKIMO) en Ituri et dans le Haut-Uele ; cassitérite, minerai de l'étain, à Manono (Tanganyika), Kalima et Punia (Maniema) et dans les Kivu ; coltan, d'où l'on tire le tantale des condensateurs des téléphones et ordinateurs, au Kivu et au Maniema ; manganèse à Kisenge (Lualaba) ; uranium de Shinkolobwe (Katanga), qui a servi aux premières bombes atomiques américaines en 1945. La bauxite, minerai de l'aluminium, est surtout guinéenne.
- Pétrole et ciment au Kongo-Central : le seul pétrole brut exploité vient de la côte, autour de Muanda, à terre et en mer, depuis les années 1970. Le port d'Ango-Ango, près de Matadi, reçoit les produits pétroliers ; SEP Congo s'occupe de leur stockage et de leur transport par oléoducs ; Sonangol est une entreprise publique angolaise. Le ciment est produit là où il y a du calcaire : Lukala (CILU) et Kimpese (CINAT) au Kongo-Central, Katana (CIMEKI) au Sud-Kivu.
- Énergie : les gradins du relief et le débit puissant et régulier du fleuve donnent un énorme potentiel hydroélectrique (environ 13 % du potentiel mondial). Les barrages d'Inga I et Inga II, sur le fleuve Congo au Kongo-Central, fournissent l'essentiel de l'électricité de la SNEL. Pourtant, la plupart des ménages cuisinent au bois de chauffage et au charbon de bois (makala). Le lac Kivu contient du méthane dissous exploitable.
- Agriculture. Cultures vivrières (pour se nourrir) : le manioc, aliment de base (chikwangue, foufou, feuilles de pondu), et le maïs dans l'ancien Katanga (bukari). Cultures industrielles ou d'exportation (transformées en usine ou vendues à l'étranger) : coton, café, thé, canne à sucre, palmier à huile, hévéa. Le café arabica et le thé poussent sur les hautes terres du Kivu, car l'altitude rafraîchit le climat ; la canne à sucre est transformée à Kwilu-Ngongo (ancienne Moerbeke, Kongo-Central) ; le palmier Elaeis donne l'huile de palme et l'huile palmiste, mais il est presque absent du Katanga à cause de la longue saison sèche ; l'hévéa de la Cuvette donne le latex, d'où l'on tire le caoutchouc. C'est la diversité des climats qui permet cette variété ; la zone équatoriale vit surtout du bois, de la cueillette et de la chasse.
- Transports : le fleuve est navigable sur environ 1 700 km de Kinshasa à Kisangani, avec Mbandaka comme grande escale. Matadi est le principal port maritime, à la limite de la navigation maritime sur l'estuaire, relié à Kinshasa par chemin de fer ; Boma et Banana complètent la façade. La « voie nationale » relie le Katanga à l'océan : train jusqu'à Ilebo, bateau sur le Kasaï jusqu'à Kinshasa, train jusqu'à Matadi. La RN1 relie Banana, sur l'Atlantique, à Lubumbashi en passant notamment par Kinshasa, Kikwit et Kananga. Dans les campagnes, la radio est le moyen de communication qui touche le plus de monde.
- Les caractères de l'économie congolaise. Extravertie : elle exporte des produits bruts et importe les produits fabriqués. Désarticulée : les secteurs ne s'alimentent pas entre eux (les mines n'approvisionnent pas d'usines locales). Dualiste : des entreprises modernes très mécanisées côtoient une agriculture familiale à la houe et à la machette. Dépendante : capitaux, techniques et décisions sont contrôlés par des sociétés étrangères. Périphérique : les grandes décisions (prix des minerais, investissements) se prennent dans les pays industrialisés du Nord. Avec plus de 9 000 km de frontières, l'État doit lutter contre la fraude pour percevoir les droits de douane.
- Les potentialités du pays se nomment d'après leur source : minières (sous-sol varié), énergétiques ou hydroélectriques (rivières et chutes), agricoles (diversité des climats), touristiques (volcans des Virunga, gorilles, lacs, parcs) et commerciales (accès direct à l'océan par Matadi, Boma et Banana).
Les formules
- Masse d'une pierre précieuse
- masse (g) = nombre de carats × 0,2
- 1 carat = 0,2 g ; un diamant de 3,5 carats pèse 3,5 × 0,2 = 0,7 g.
La méthode
- 1Pour une ressource, associe-la à une région : sud-est = cuivre, cobalt, manganèse ; Kasaï = diamant ; nord-est = or ; est (Kivu, Maniema) = étain et coltan, café, thé ; Kongo-Central = pétrole, ciment, sucre, Inga, ports.
- 2Pour une culture, demande-toi si elle sert d'abord à se nourrir (vivrière : manioc, maïs) ou si elle passe par l'usine ou l'exportation (industrielle : coton, café, thé, canne, palmier, hévéa).
- 3Pour expliquer une localisation agricole, cherche le facteur climatique : altitude et fraîcheur pour l'arabica et le thé, chaleur humide pour le palmier et l'hévéa, saison sèche pour le maïs.
- 4Pour un caractère de l'économie, repère le mot clé de l'énoncé : exporte du brut, importe du fabriqué = extravertie ; les secteurs ne se complètent pas = désarticulée ; moderne à côté de traditionnel = dualisme ; contrôle par des sociétés étrangères = dépendante ; décisions prises au Nord = périphérique.
Un exemple résolu
En RDC, de grandes entreprises minières modernes, très mécanisées, coexistent avec une agriculture familiale aux outils rudimentaires (houe, machette). Ce caractère de l'économie est appelé : 1. l'extraversion ; 2. la désarticulation ; 3. le dualisme ; 4. la dépendance ; 5. la périphérie.
- 1.Repère l'idée centrale : deux mondes très différents vivent côte à côte, l'un moderne, l'autre traditionnel.
- 2.L'extraversion (1) parle du commerce extérieur (exporter du brut, importer du fabriqué) : ce n'est pas le sujet.
- 3.La désarticulation (2) parle du manque de liens entre secteurs ; la dépendance (4) et la périphérie (5) parlent du contrôle étranger et des décisions prises au Nord : aucune ne décrit la coexistence de deux mondes.
- 4.Deux secteurs qui coexistent sans se ressembler, c'est un dualisme (du latin duo, deux).
Réponse : 3. Le dualisme.
Les pièges à éviter
- Confondre extravertie (tournée vers l'extérieur par ses exportations brutes) et désarticulée (secteurs sans liens entre eux) : les deux décrivent souvent le cuivre exporté brut, mais la question porte soit sur le commerce, soit sur l'absence de liens internes.
- Placer le pétrole ou Inga ailleurs qu'au Kongo-Central : pétrole de Muanda, barrages d'Inga, sucre de Kwilu-Ngongo, ciment de Lukala et Kimpese sont tous au Kongo-Central.
- Confondre les minerais et leurs métaux : cassitérite donne l'étain, coltan donne le tantale, malachite donne le cuivre, bauxite donne l'aluminium.
- Croire que les ménages cuisinent surtout à l'électricité parce que le pays a Inga : ils utilisent surtout le bois et le makala.
- Prendre le manioc ou le maïs pour des cultures industrielles : ce sont des cultures vivrières.
À retenir
Cuivre et cobalt au Katanga, diamant au Kasaï, or au nord-est, étain et coltan à l'est, pétrole, Inga et Matadi au Kongo-Central ; une économie extravertie, désarticulée, dualiste et dépendante.