Notre pays a connu des royaumes précoloniaux, puis l'État de Léopold II, le Congo belge, l'indépendance de 1960 et plusieurs régimes. À l'Exetat, on te demande de dater un événement, d'associer un leader à son parti, une ville à son nom colonial, et de remettre des noms dans l'ordre.
L'essentiel
- Les royaumes précoloniaux. Kongo : capitale Mbanza Kongo (São Salvador pour les Portugais), aujourd'hui au nord de l'Angola ; il s'étendait entre le fleuve Congo, la Kwanza, le Kwango et l'océan ; le titre mani désigne le roi et les gouverneurs ; Afonso Ier (Mvemba a Nzinga) fait du christianisme la religion du royaume et proteste en 1526 contre la traite ; le déclin vient de la traite et de la défaite d'Ambuila (Mbwila) en 1665. Luba : au nord du Katanga (dépression de l'Upemba, entre Lualaba et Lomami) ; Kalala Ilunga, fils d'Ilunga Mbidi Kiluwe, vainc Nkongolo ; au XIXe siècle, le royaume s'affaiblit à cause des querelles de succession, du morcellement du pouvoir et des attaques des Yeke de M'siri et des traitants arabo-swahilis. Lunda : souverain le Mwant Yav, capitale la Musumba ; affaibli à la fin du XIXe siècle par les Tshokwe. Kuba : entre Kasaï, Sankuru et Lulua, roi appelé nyimi ; son fondateur au XVIIe siècle, Shyaam a Mbul a Ngoong (Shamba Bolongongo), roi pacifique, introduit de nouvelles cultures et les statues ndop. Royaume yeke du Garenganze : M'siri, capitale Bunkeya, tué en décembre 1891 par le capitaine Bodson.
- L'œuvre de Léopold II, roi des Belges. 1876 : Conférence géographique de Bruxelles, qui crée l'Association internationale africaine. 1878 : Comité d'études du Haut-Congo, qui finance Stanley pour fonder des stations le long du fleuve. Par la convention du 5 février 1885, l'Association internationale du Congo est reconnue par la France mais lui laisse la rive droite du fleuve et le Kouilou-Niari. De 1885 à 1908, l'État indépendant du Congo (EIC) est la propriété personnelle de Léopold II. Wissmann fonde Luluabourg en 1884 ; en 1891, un traité avec le Portugal partage le pays lunda.
- L'EIC contre les Arabo-Swahilis : Tippo Tip, marchand d'ivoire et d'esclaves, est nommé gouverneur des Stanley Falls en 1887 ; Rumaliza, basé à Ujiji, combat l'État ; Francis Dhanis mène la campagne de 1892 à 1894 et prend Nyangwe et Kasongo. Missions : les protestants de la Livingstone Inland Mission s'installent à Palabala en 1878 ; les scheutistes sont les premiers missionnaires catholiques belges, arrivés en 1888.
- Le Congo belge (1908 à 1960) : la Belgique reprend le territoire en 1908. L'Union minière du Haut-Katanga (1906, future Gécamines) exploite le cuivre et le cobalt ; les Huileries du Congo belge traitent les noix de palme à Leverville (Lusanga, Kwilu). En 1941, la Force publique bat les Italiens à Asosa et à Saïo, en Éthiopie.
- La marche vers l'indépendance : discours de De Gaulle à Brazzaville le 24 août 1958 ; émeutes de Léopoldville du 4 janvier 1959 (jour férié des martyrs de l'indépendance) ; Table ronde de Bruxelles en janvier et février 1960, qui fixe la date. Partis et leaders : ABAKO, Joseph Kasa-Vubu ; MNC (1958), Patrice Lumumba ; CONAKAT, Moïse Tshombe ; MNC-Kalonji, Albert Kalonji ; PSA (Kwilu), Antoine Gizenga, Cléophas Kamitatu, Pierre Mulele ; CEREA (Kivu), Anicet Kashamura ; PUNA, Jean Bolikango. Le 24 juin 1960, Kasa-Vubu est élu chef de l'État ; le 30 juin, Lumumba, Premier ministre, prononce devant le roi Baudouin un discours non prévu qui dénonce les humiliations de la colonisation.
- La crise (1960 à 1965) : mutinerie de la Force publique contre ses officiers belges (juillet 1960) ; sécession du Katanga de Tshombe le 11 juillet 1960 ; État autonome du Sud-Kasaï d'Albert Kalonji à Bakwanga (Mbuji-Mayi) en août 1960 ; Tshombe, rentré d'exil, devient Premier ministre en juillet 1964. Noms du pays : République du Congo (1960 à 1964), République démocratique du Congo par la Constitution de Luluabourg (1964), République du Zaïre (1971 à 1997), de nouveau République démocratique du Congo depuis 1997.
- Mobutu et après : en 1971, la politique de l'authenticité rebaptise l'armée ; le 24 avril 1990, Mobutu annonce la fin du parti unique ; la Conférence nationale souveraine (1991-1992) est présidée par Mgr Laurent Monsengwo Pasinya ; l'AFDL de Laurent-Désiré Kabila, partie de l'est en octobre 1996, entre à Kinshasa le 17 mai 1997. L'armée s'appelle successivement Force publique, ANC, FAZ (1971 à 1997), FAC (1997 à 2003), FARDC. Accord de Lusaka (juillet 1999) : cessez-le-feu ; Dialogue intercongolais facilité par Ketumile Masire (Botswana), avec Moustapha Niasse comme envoyé de l'ONU, jusqu'à l'Accord global et inclusif de Pretoria (2002). Partis récents : MLC (1998), Jean-Pierre Bemba ; PALU, Antoine Gizenga ; UDPS, Étienne Tshisekedi ; UNC, Vital Kamerhe ; RCD, Azarias Ruberwa. En 2006, Joseph Kabila lance les « cinq chantiers », dont l'eau et l'électricité. En 2016, Edem Kodjo (Togolais) facilite le dialogue pour l'Union africaine ; l'accord de la Saint-Sylvestre (31 décembre 2016), obtenu par la médiation de la CENCO, prévoit un Premier ministre présenté par le Rassemblement de l'opposition.
- Villes : nom colonial puis nom actuel. Léopoldville, Kinshasa ; Stanleyville, Kisangani ; Élisabethville, Lubumbashi ; Jadotville, Likasi ; Albertville, Kalemie ; Coquilhatville, Mbandaka ; Luluabourg, Kananga ; Thysville, Mbanza-Ngungu ; Banningville, Bandundu ; Paulis, Isiro ; Bakwanga, Mbuji-Mayi ; Costermansville, Bukavu.
La méthode
- 1Place l'événement dans la bonne période : royaumes, EIC (1885 à 1908), Congo belge (1908 à 1960), Première République (1960 à 1965), Mobutu (1965 à 1997), depuis 1997.
- 2Pour un ordre chronologique, rattache chaque nom à une date ou à un régime, puis trie les dates. Les noms de l'armée suivent les noms du pays : coloniale, puis Congo, puis Zaïre, puis Kabila, puis transition.
- 3Pour associer un leader et un parti, pars des couples sûrs (Kasa-Vubu et ABAKO, Lumumba et MNC, Tshombe et CONAKAT, Bemba et MLC, Gizenga et PALU, Tshisekedi et UDPS), puis élimine.
- 4Pour une ville coloniale, retiens que beaucoup de noms viennent de personnes belges ou européennes (Léopold, Stanley, Élisabeth, Albert, Jadot, Coquilhat, Thys, Banning) et associe-les au nom africain actuel.
Un exemple résolu
Indique l'ordre chronologique correct des noms de l'armée de notre pays, du plus ancien au plus récent : 1. ANC, Force publique, FAC, FAZ, FARDC ; 2. Force publique, ANC, FAZ, FAC, FARDC ; 3. Force publique, FAZ, ANC, FAC, FARDC ; 4. FAZ, Force publique, ANC, FARDC, FAC ; 5. Force publique, ANC, FAC, FAZ, FARDC.
- 1.La Force publique est l'armée coloniale de l'EIC puis du Congo belge : elle vient en premier. On élimine 1 et 4.
- 2.À l'indépendance, elle devient l'Armée nationale congolaise (ANC) : l'ANC vient juste après. On élimine 3.
- 3.En 1971, avec l'authenticité et le nom Zaïre, l'ANC devient les Forces armées zaïroises (FAZ).
- 4.Après la chute de Mobutu en mai 1997, elles deviennent les Forces armées congolaises (FAC), jusqu'en 2003. Donc FAZ avant FAC : on élimine 5.
- 5.Depuis la transition de 2003, ce sont les Forces armées de la RDC (FARDC).
Réponse : 2. Force publique, ANC, FAZ, FAC, FARDC.
Les pièges à éviter
- Croire que Lumumba était chef de l'État en 1960 : il était Premier ministre ; le président était Joseph Kasa-Vubu.
- Croire que l'EIC appartenait à la Belgique : de 1885 à 1908, il était la propriété personnelle de Léopold II ; la Belgique ne le reprend qu'en 1908.
- Confondre les deux sécessions de 1960 : Katanga (11 juillet, Tshombe, CONAKAT) et Sud-Kasaï (août, Kalonji, Bakwanga).
- Placer Mbanza Kongo en RDC : la capitale du royaume Kongo est aujourd'hui au nord de l'Angola.
- Confondre Jadotville (Likasi) et Élisabethville (Lubumbashi), ou Albertville (Kalemie) et Costermansville (Bukavu).
À retenir
EIC de Léopold II (1885 à 1908), Congo belge (1908 à 1960), indépendance le 30 juin 1960 avec Kasa-Vubu président et Lumumba Premier ministre, Zaïre de 1971 à 1997, AFDL à Kinshasa le 17 mai 1997.