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Histoire de l'Afrique et colonisation

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L'histoire de l'Afrique tient en quatre grands moments : les royaumes et empires précoloniaux, la traite des esclaves, la conquête coloniale, puis les indépendances. L'Exetat te demande surtout d'associer un nom (roi, résistant, leader, politique coloniale) à son pays et à son époque.

L'essentiel

  • Empires du Soudan occidental, dans l'ordre. Ghana (capitale Koumbi Saleh, dans l'actuelle Mauritanie), ruiné au début du XIIIe siècle par Soumaoro Kanté, roi du Sosso. Mali, né vers 1235 de la victoire de Soundiata Keïta sur Soumaoro à Kirina ; son empereur Mansa (ou Kankou) Moussa fit en 1324 un pèlerinage à La Mecque si riche en or qu'il en fit baisser le cours au Caire. Songhaï (capitale Gao) : Sonni Ali Ber prend Tombouctou en 1468, l'askia Mohammed (Mohammed Touré) porte l'empire à son apogée vers 1500. Autour du lac Tchad, le Kanem puis le Bornou forment le Kanem-Bornou.
  • Autres royaumes : Axoum (Éthiopie), dont le roi Ezana adopte le christianisme au IVe siècle ; Monomotapa (Mutapa), royaume de l'or entre Zambèze et Limpopo (Zimbabwe, Mozambique). Dans l'actuelle RDC et autour : royaume Kongo (capitale Mbanza Kongo ; le roi Nzinga Nkuwu reçoit les Portugais à la fin du XVe siècle ; le titre de Mani signifie seigneur) ; royaume Luba fondé selon la tradition par Kalala Ilunga, vainqueur de Nkongolo ; empire Lunda (souverain : le Mwant Yav, capitale Musumba ; la reine Rweej épouse le chasseur luba Ilunga Tshibinda) ; royaume Kuba entre Kasaï et Sankuru (masques, velours de raphia). Les peuples bantous viennent, selon la plupart des chercheurs, de la région de la Bénoué (entre Nigeria et Cameroun). Le dessèchement du Sahara a poussé, dès la préhistoire, des populations vers le sud et la vallée du Nil.
  • La traite atlantique (XVIe au XIXe siècle) fournit des esclaves aux plantations de sucre, coton et tabac des Amériques, surtout au Brésil pour les Portugais. Ports de départ : Mpinda (Soyo, embouchure du Congo), Luanda, l'île de Gorée (Sénégal), Elmina (fort portugais de 1482, Ghana). À l'est, la traite arabo-swahilie mène les captifs du Maniema par Ujiji et Tabora jusqu'à Bagamoyo, face à Zanzibar ; son grand marchand est Tippo Tip, nommé gouverneur des Stanley Falls par l'État indépendant du Congo en 1887. Conséquences : dépeuplement et guerres en Afrique, enrichissement des ports et capitaux pour l'industrie en Europe, main-d'œuvre servile et populations d'origine africaine en Amérique. Saint-Domingue devient Haïti, indépendant en 1804.
  • Au XIXe siècle, les explorateurs font de l'intérieur de l'Afrique une terre connue, ce qui prépare la conquête. Mungo Park cherche le cours du Niger (mort en 1806) ; Livingstone décrit les chutes Victoria sur le Zambèze (1855) ; Stanley traverse l'Afrique d'est en ouest en descendant le Congo jusqu'à Boma (1874 à 1877) ; Brazza remonte l'Ogooué, fonde Franceville et signe avec Makoko, roi des Téké, un traité donnant à la France la rive droite du Congo (1880).
  • Motifs de la colonisation : économique (matières premières comme caoutchouc, coton, minerais, et débouchés pour les produits européens) ; démographique (installer des habitants sans emploi) ; scientifique (connaître les sources du Nil, le cours du Congo) ; humanitaire et religieux (lutter contre la traite, évangéliser) ; politique et stratégique (prestige, points d'appui). En 1876, le roi des Belges Léopold II réunit la Conférence géographique de Bruxelles. La Conférence de Berlin (novembre 1884 à février 1885), réunie à l'invitation du chancelier allemand Bismarck, fixe les règles du partage : liberté du commerce et de la navigation dans le bassin du Congo, lutte contre la traite, obligation d'occuper effectivement un territoire pour le revendiquer.
  • Les politiques coloniales. Administration indirecte (indirect rule, britannique, théorisée par Lord Lugard au Nigeria) : gouverner par les chefs traditionnels. Assimilation (France au début, Portugal avec ses « assimilados ») : faire des colonisés des copies culturelles de la métropole. Association (France au début du XXe siècle) : tenir compte des coutumes locales tout en gardant le contrôle. Paternalisme (Belgique au Congo) : écoles primaires, dispensaires et missions, mais le Congolais est traité en enfant, sans études supérieures ni responsabilités politiques. Conséquences économiques : généralisation de la monnaie et cultures d'exportation imposées.
  • Résistances : El Hadj Omar Tall (empire toucouleur, siège de Médine en 1857) ; Samory Touré (empire du Wassoulou, près de vingt ans de lutte, capturé en 1898 et déporté au Gabon) ; Béhanzin (Dahomey, jusqu'en 1894, exilé en Martinique puis en Algérie) ; Lat Dior Diop, damel du Cayor (Sénégal), opposé au chemin de fer Dakar-Saint-Louis, tué en 1886 ; Ménélik II bat les Italiens à Adoua en 1896. Au début du XIXe siècle, Chaka, roi zoulou d'Afrique australe, organise son armée en régiments d'âge armés de la sagaie courte.
  • Vers les indépendances : conférence de Brazzaville (1944, de Gaulle) sur l'avenir des colonies françaises ; loi-cadre Defferre (1956), qui donne l'autonomie interne et le suffrage universel ; référendum de 1958, où seule la Guinée de Sékou Touré vote « non » et devient indépendante. Le Ghana (ex-Gold Coast) de Kwame Nkrumah est indépendant le 6 mars 1957. Leaders : Kenya, Jomo Kenyatta ; Tanganyika, Julius Nyerere ; Zambie, Kenneth Kaunda ; Côte d'Ivoire, Félix Houphouët-Boigny ; Sénégal, Léopold Sédar Senghor ; Nigeria, Nnamdi Azikiwe ; Angola (ancienne colonie portugaise), Agostinho Neto ; Congo belge, Patrice Lumumba. Après la Première Guerre mondiale, les colonies allemandes comme le Togo sont partagées sous mandat de la SDN.

La méthode

  1. 1Situe d'abord la question dans l'un des quatre moments : avant la colonisation (empires, royaumes), traite, conquête et administration coloniale, indépendances.
  2. 2Pour un empire ouest-africain, utilise l'ordre Ghana, Mali, Songhaï et un repère par empire : Koumbi Saleh, Kirina 1235 et 1324, Tombouctou 1468 et Gao.
  3. 3Pour une politique coloniale, associe un pays et un mot : Royaume-Uni = chefs traditionnels (indirect rule) ; France = assimilation puis association ; Portugal = assimilados ; Belgique = paternalisme.
  4. 4Pour un motif de colonisation, cherche le mot clé : matières premières ou débouchés = économique ; trop d'habitants = démographique ; explorer = scientifique ; traite et évangélisation = humanitaire et religieux.
  5. 5Pour un tableau d'association pays et leader, commence par les couples les plus sûrs (Ghana et Nkrumah, Guinée et Sékou Touré, Sénégal et Senghor), puis élimine pour placer les autres.

Un exemple résolu

Associe chaque pays au leader de son indépendance. 1. Kenya ; 2. Tanganyika ; 3. Zambie ; 4. Côte d'Ivoire ; 5. Angola. a. Kenneth Kaunda ; b. Julius Nyerere ; c. Agostinho Neto ; d. Jomo Kenyatta ; e. Félix Houphouët-Boigny.

  1. 1.Couple le plus facile : Kenya et Kenyatta, le nom du pays est presque dans celui du leader. 1 va avec d.
  2. 2.La Côte d'Ivoire, ancienne colonie française, a eu pour premier président Félix Houphouët-Boigny. 4 va avec e.
  3. 3.L'Angola était portugais ; son indépendance (1975) a été proclamée par Agostinho Neto. 5 va avec c.
  4. 4.Restent Tanganyika et Zambie, Nyerere et Kaunda. Julius Nyerere est le père de la Tanzanie (Tanganyika et Zanzibar) : 2 va avec b.
  5. 5.Il reste Kenneth Kaunda pour la Zambie : 3 va avec a.

Réponse : 1d, 2b, 3a, 4e, 5c.

Les pièges à éviter

  • Placer l'empire du Ghana dans l'actuel Ghana : sa capitale Koumbi Saleh se trouve en Mauritanie ; le pays moderne a seulement repris son nom en 1957.
  • Attribuer Mansa Moussa au Songhaï : il régnait sur le Mali ; Sonni Ali et l'askia Mohammed sont songhaï.
  • Croire que la Conférence de Berlin a tracé toutes les frontières de l'Afrique : elle a fixé les règles du partage (liberté de commerce dans le bassin du Congo, occupation effective) ; le tracé s'est fait ensuite par des traités.
  • Confondre l'administration indirecte (britannique, par les chefs) avec l'assimilation (française et portugaise) ou avec le paternalisme (belge).
  • Confondre la Conférence géographique de Bruxelles (1876, Léopold II) et la Conférence de Berlin (1884-1885, Bismarck).

À retenir

Ghana, Mali, Songhaï ; traite vers les Amériques ; Bruxelles 1876 et Berlin 1884-1885 ; indirect rule britannique, assimilation française, paternalisme belge ; Ghana indépendant en 1957, Guinée en 1958.