Un système économique répond à deux questions : à qui appartiennent les moyens de production, et qui décide de ce qu'on produit ? Les secteurs d'activité, eux, rangent les métiers selon ce qu'on fait de la matière. Ces deux classements tombent très souvent à l'Exetat.
L'essentiel
- Système libéral (ou capitaliste) : les moyens de production (usines, terres, machines) appartiennent à des particuliers ; chacun entreprend librement ; les prix sont fixés par le marché (offre et demande) ; le profit est le moteur ; l'État intervient peu.
- Système socialiste (ou collectiviste) : les moyens de production appartiennent à la collectivité, donc à l'État ; l'État décide par un plan ce qu'il faut produire, en quelle quantité et à quel prix : c'est une économie planifiée.
- Économie mixte : un mélange des deux. Le marché fonctionne, mais l'État possède certaines entreprises et intervient pour corriger le marché. C'est le cas de la plupart des pays aujourd'hui.
- Système féodal (ancien) : les seigneurs sont maîtres des terres ; les paysans (serfs) leur doivent des redevances et des corvées.
- Économie informelle : activités réelles et souvent légales en elles-mêmes, mais non déclarées ni enregistrées par l'administration (cambistes de rue, vendeurs ambulants, petits ateliers non enregistrés).
- Secteur primaire : on tire les produits directement de la nature (agriculture, élevage, pêche, chasse, exploitation forestière). Secteur secondaire : on transforme la matière (industrie, construction, cimenterie, brasserie).
- Secteur tertiaire : on rend des services (commerce, transport, banque, école, santé, tourisme). Secteur quaternaire : la partie moderne des services fondée sur l'information, l'informatique et la recherche, détachée du tertiaire.
La méthode
- 1Pour un système, cherche à qui appartiennent les moyens de production : à des particuliers (libéral), à l'État ou à la collectivité (socialiste, collectiviste), à des seigneurs (féodal).
- 2Cherche ensuite qui décide : le marché et la libre concurrence (économie de marché, libérale), un plan de l'État (économie planifiée), un peu des deux (économie mixte).
- 3Si l'activité n'est ni déclarée ni enregistrée, c'est l'économie informelle, quel que soit le métier.
- 4Pour un secteur, demande-toi ce que fait le travailleur : il prend à la nature (primaire), il transforme (secondaire), il sert quelqu'un (tertiaire), il produit ou traite de l'information et de la recherche (quaternaire).
Un exemple résolu
Classe ces activités dans leur secteur : un pêcheur du lac Tanganyika, une brasserie de Kinshasa, une agence de voyages, un laboratoire de recherche en informatique.
- 1.Le pêcheur prend le poisson dans la nature sans le transformer : secteur primaire.
- 2.La brasserie transforme des céréales et de l'eau en bière : secteur secondaire.
- 3.L'agence de voyages vend un service à ses clients : secteur tertiaire.
- 4.Le laboratoire produit des connaissances et traite de l'information : secteur quaternaire.
Réponse : Pêcheur : primaire ; brasserie : secondaire ; agence de voyages : tertiaire ; laboratoire de recherche : quaternaire.
Les pièges à éviter
- Croire que « socialiste » veut dire libre concurrence : c'est l'inverse. Le socialisme repose sur la propriété collective et le plan ; la libre concurrence caractérise le libéralisme.
- Classer une usine de transformation dans le primaire parce qu'elle utilise une matière naturelle : dès qu'il y a transformation (calcaire en ciment, bois en meubles), c'est le secondaire.
- Oublier que le commerce, le transport, la banque et l'école sont tous du tertiaire : ils ne produisent pas d'objet, ils rendent un service.
- Prendre « artisanal » pour un secteur : ce n'est pas l'un des quatre secteurs. Un artisan qui fabrique est dans le secondaire.
À retenir
Libéral : propriété privée et marché ; socialiste : propriété collective et plan ; mixte : les deux. Primaire : je prends à la nature ; secondaire : je transforme ; tertiaire : je sers ; quaternaire : j'informe et je cherche.