La monnaie sert à échanger, à compter et à garder de la valeur ; quand elle perd sa valeur, c'est l'inflation. À l'Exetat, on te demande de reconnaître inflation, déflation, dévaluation et thésaurisation, et de calculer un taux d'inflation ou une variation du pouvoir d'achat.
L'essentiel
- La monnaie a trois fonctions : intermédiaire des échanges (on paie avec), unité de compte (on exprime les prix avec) et réserve de valeur (on la garde pour plus tard). Ses formes : pièces et billets (monnaie fiduciaire) et monnaie scripturale (comptes bancaires, chèques, virements).
- Ce qu'on fait d'un revenu : le dépenser (consommation), le placer (épargne placée : banque, titres) ou le garder immobile en billets à la maison (thésaurisation). La monnaie thésaurisée sort du circuit économique et ne rapporte rien.
- Inflation : hausse générale et durable des prix. Avec le même billet, on achète moins : la monnaie perd son pouvoir d'achat. Déflation : baisse générale et durable des prix. Le mot « générale » compte : un seul prix qui bouge ne suffit pas.
- Causes et mécanismes de l'inflation : quand la banque centrale met en circulation plus de monnaie sans que la production augmente, la demande dépasse l'offre et les prix montent (pression inflationniste). La spirale prix-salaires : les prix montent, les salariés obtiennent des hausses de salaires, les coûts montent, les prix remontent.
- Pour freiner l'inflation, la banque centrale réduit la masse monétaire : moins de monnaie, moins de demande, retour à la stabilité des prix (avec le risque de ralentir l'activité). En déflation, les ménages reportent leurs achats en espérant payer moins cher plus tard, ce qui fait encore baisser la demande.
- Dévaluation : décision officielle de baisser la valeur de la monnaie nationale face aux monnaies étrangères (il faut plus de francs pour un dollar). Effet : les exportations deviennent moins chères pour les étrangers, les importations plus chères pour le pays. Réévaluation : décision inverse.
- Les banques : la banque d'émission (banque centrale ; en RDC, la Banque centrale du Congo) a le monopole des billets et conduit la politique monétaire ; la banque de dépôt (banque commerciale) reçoit les dépôts et prête à court terme ; la banque d'affaires prend des participations dans les entreprises ; la caisse d'épargne collecte l'épargne des petits épargnants ; le mont-de-piété prête sur gage.
- La politique monétaire (quantité de monnaie, taux directeur) relève de la banque centrale ; la politique budgétaire (impôts, dépenses de l'État) relève du gouvernement et du ministère des Finances.
Les formules
- Taux de variation d'un prix
- (valeur d'arrivée − valeur de départ) / valeur de départ × 100
- Taux d'inflation
- (indice final − indice initial) / indice initial × 100
- indice des prix à la consommation
- Indice du pouvoir d'achat
- (1 + hausse du salaire) / (1 + hausse des prix)
- on retire 1 et on multiplie par 100 pour la variation en %
La méthode
- 1Pour un mot : prix qui montent partout = inflation ; prix qui baissent partout = déflation ; décision officielle sur la valeur de la monnaie face aux devises = dévaluation (ou réévaluation) ; billets gardés à la maison = thésaurisation.
- 2Pour un taux d'inflation, fais la différence entre l'indice final et l'indice initial, puis divise par l'indice initial (celui de départ) et multiplie par 100.
- 3Pour le pouvoir d'achat, écris les coefficients multiplicateurs : une hausse de 10 % donne 1,10 ; une hausse de 20 % donne 1,20.
- 4Divise le coefficient du salaire par celui des prix, retire 1, multiplie par 100 : un résultat négatif est une perte de pouvoir d'achat.
- 5Pour une dévaluation, raisonne en devises : une devise achète plus de monnaie nationale, donc les produits du pays coûtent moins cher aux étrangers.
Un exemple résolu
L'indice des prix d'un pays passe de 150 à 165 en un an. Pendant la même année, le salaire d'un fonctionnaire augmente de 5 %. Calcule le taux d'inflation, puis la variation exacte du pouvoir d'achat de ce fonctionnaire, arrondie au dixième.
- 1.Taux d'inflation : (165 − 150) / 150 × 100 = 15 / 150 × 100 = 10 %.
- 2.Coefficient du salaire : 1 + 0,05 = 1,05. Coefficient des prix : 1 + 0,10 = 1,10.
- 3.Indice du pouvoir d'achat : 1,05 / 1,10 ≈ 0,9545.
- 4.Variation : (0,9545 − 1) × 100 ≈ − 4,5 %.
Réponse : Inflation de 10 % ; le pouvoir d'achat baisse d'environ 4,5 %.
Les pièges à éviter
- Diviser par la valeur d'arrivée : un taux de variation se calcule toujours par rapport à la valeur de départ (160 à 172 donne 12 / 160 = 7,5 %, pas 12 / 172).
- Soustraire les pourcentages pour le pouvoir d'achat : 10 % − 20 % = − 10 % est faux ; le calcul exact 1,10 / 1,20 donne environ − 8,3 %.
- Confondre thésaurisation et épargne placée : l'argent déposé à la banque est placé ; l'argent caché à la maison est thésaurisé.
- Croire qu'une dévaluation rend les exportations plus chères : c'est l'inverse, elles deviennent moins chères pour les acheteurs étrangers.
- Attribuer l'émission des billets au ministère des Finances : en RDC, c'est la Banque centrale du Congo.
À retenir
Inflation : la monnaie achète moins ; déflation : les prix baissent partout ; dévaluation : décision officielle qui rend les exportations moins chères ; taux de variation = (arrivée − départ) / départ × 100.