Le français à l'école primaire a un but : comprendre un message oral ou écrit et y répondre correctement. À l'Exetat, il faut reconnaître la sous-branche ou le type de leçon décrit (lecture expliquée, dictée muette, élocution…) et les caractères d'un bon enseignement de la grammaire.
L'essentiel
- Objectif général du français : comprendre un message, oral ou écrit, et y répondre de façon appropriée. On apprend une langue d'abord à l'oral (écouter, parler), ensuite à l'écrit (lire, écrire) : l'élocution est le point de départ.
- Les sous-branches et leur but. Élocution : s'exprimer oralement avec aisance et correction (elle aide aussi l'élève timide). Récitation : dire de mémoire un texte (poème, fable) avec expression. Vocabulaire : acquérir des mots nouveaux et leur sens (synonymes, contraires, familles). Orthographe (orthos, correct ; graphein, écrire) : écrire les mots correctement. Grammaire et analyse : nature et fonction des mots dans la phrase. Rédaction : développer par écrit, de façon suivie et ordonnée, un sujet donné. Oral : élocution, récitation, conversation ; écrit : rédaction, orthographe. La calligraphie (tracer les lettres de façon correcte, régulière et lisible) est proche du français, mais le programme national la range dans l'éveil esthétique, avec le dessin et le chant.
- Les types de lecture. Élémentaire : acquérir le mécanisme (associer lettres et sons, syllabes, mots) en 1re année. Courante : lire sans hésiter, avec fluidité, en respectant ponctuation et liaisons. Expressive : rendre les sentiments du texte par le ton, le débit, les pauses. Expliquée : comprendre le sens en profondeur (mots difficiles, idées principales, message et moyens de l'auteur). Silencieuse : lire des yeux, pour soi, pour s'informer (lecture documentaire) ; c'est la lecture de l'adulte.
- Intermédiaires entre l'écrit et le cerveau : un seul pour la lecture silencieuse (l'œil) ; trois pour la lecture à haute voix (l'œil voit, la bouche prononce, l'oreille entend). Les lectures élémentaire, courante et expressive se font à haute voix.
- Méthodes d'apprentissage de la lecture. Synthétique ou syllabique : des éléments vers le tout (lettres et sons, syllabes, mots, phrases). Analytique ou globale (Decroly) : du tout vers les éléments (la phrase ou le mot entier, puis la syllabe, puis le son), car l'enfant perçoit d'abord globalement. La méthode mixte combine les deux : on analyse puis on recompose de nouveaux mots.
- Les dictées. Muette : le maître montre un objet ou une image sans parler, l'élève écrit le nom. Préparée : le texte et ses difficultés ont été étudiés avant. D'étude : on dicte lentement en faisant réfléchir sur chaque difficulté. De contrôle : sans préparation, pour vérifier les règles et les mots déjà étudiés.
- Caractères de l'enseignement de la grammaire : concret (partir d'un texte réel : une rédaction d'élève, un avis affiché), actif (questions, élèves au tableau, attention sans relâche), méthodique (progression du simple au complexe : nom, déterminant, adjectif, puis accord), intelligent (faire comprendre l'utilité de la règle plutôt que la faire réciter), simple (aller à l'essentiel). Pour une règle, on emploie la leçon inducto-déductive : observer des exemples, tirer la règle, l'appliquer.
La méthode
- 1Cherche ce que la leçon travaille : la parole (élocution), un texte appris par cœur (récitation), le sens des mots (vocabulaire), l'écriture correcte des mots (orthographe), le beau tracé (calligraphie), un texte écrit à composer (rédaction).
- 2Pour un type de lecture, regarde le but : déchiffrer = élémentaire ; fluidité = courante ; ton et sentiments = expressive ; compréhension profonde = expliquée ; des yeux, pour soi = silencieuse.
- 3Pour une méthode de lecture, regarde le point de départ : les sons = synthétique ; la phrase entière = analytique (globale).
- 4Pour une dictée, regarde le but et la préparation : le maître montre sans parler = muette ; apprendre = préparée ou d'étude ; vérifier sans préparation = de contrôle.
- 5Pour un caractère de la grammaire, cherche le mot-clé : texte réel = concret ; participation constante = actif ; progression ordonnée = méthodique ; compréhension = intelligent.
Un exemple résolu
Après la lecture d'un texte sur le marché de Kisangani, le maître explique les mots difficiles, pose des questions sur les idées principales et fait dégager le message de l'auteur. C'est une leçon de lecture : A) élémentaire ; B) courante ; C) expressive ; D) expliquée ; E) silencieuse.
- 1.Cherche ce que la leçon travaille : les mots difficiles, les idées, le message. C'est le sens du texte.
- 2.Élémentaire travaille le déchiffrage et courante la fluidité : on élimine A et B.
- 3.Expressive travaille la voix et le ton : on élimine C.
- 4.Silencieuse est une lecture des yeux pour soi, sans analyse dirigée par le maître : on élimine E.
- 5.Une lecture qui vise la compréhension profonde du texte est la lecture expliquée.
Réponse : D) expliquée.
Les pièges à éviter
- Confondre orthographe et calligraphie : l'orthographe veut des mots justes, la calligraphie un tracé beau et lisible.
- Confondre lecture expressive et expliquée : l'expressive travaille la voix, l'expliquée le sens.
- Confondre méthode synthétique et analytique : la synthétique part des sons, l'analytique (globale) part de la phrase entière.
- Ranger la rédaction parmi les leçons d'expression orale : elle est écrite.
- Confondre dictée de contrôle et dictée préparée : la dictée de contrôle se fait sans préparation du texte, pour vérifier.
À retenir
Lecture élémentaire (déchiffrer), courante (sans hésiter), expressive (le ton), expliquée (le sens), silencieuse (pour soi). On apprend d'abord à parler, ensuite à écrire.