Éduquer, c'est développer toute la personne de l'enfant ; la pédagogie est la réflexion et la pratique qui guident cette œuvre. L'Exetat interroge beaucoup ce vocabulaire de base : domaines de l'éducation, milieux et agents, idéaux, systèmes et styles éducatifs, sciences auxiliaires.
L'essentiel
- Définitions. Éduquer, c'est développer toute la personne (corps, intelligence, cœur, volonté) ; instruire, c'est transmettre des connaissances ; former, développer des aptitudes ; dresser, imposer une habitude mécanique sans compréhension. Pour Durkheim, l'éducation est « une socialisation méthodique de la jeune génération ». Pédagogie vient du grec paidos (enfant) et agein (conduire) : conduire l'enfant ; l'andragogie est l'éducation des adultes. L'éducation est multidimensionnelle (elle touche tous les aspects de la personne) et permanente (elle dure toute la vie). L'enfant est l'agent principal de sa propre éducation : personne n'apprend à sa place.
- Les quatre visages de la pédagogie : philosophie (elle fixe les fins : quel homme former ?), science (elle étudie les faits d'éducation avec méthode et vérification), art (le talent du maître qui s'adapte à la situation du jour, par exemple changer sa leçon quand l'orage éclate), technique (procédés et moyens précis : comment conduire une dictée). Pédagogie empirique : tirée de la pratique et de la tradition, sans contrôle scientifique ; expérimentale : hypothèse, expérience, mesure (Binet, Claparède) ; psychopédagogie : appuyée sur la psychologie de l'enfant.
- Sciences auxiliaires : psychologie (l'esprit de l'élève : mémoire, attention, personnalité), biologie (le corps, la croissance, l'hérédité, la fatigue), sociologie (le milieu, les groupes, le travail en équipe), philosophie (les fins de l'éducation), statistique (moyennes, pourcentages). Branches des sciences de l'éducation : docimologie (examens et notation), didactique (enseignement d'une matière), méthodologie (étude des méthodes), déontologie (devoirs de la profession), pédagogie comparée (systèmes de plusieurs pays), pédagogie corrective (repérer et corriger les lacunes).
- Domaines de l'éducation : physique (santé, vigueur du corps), intellectuelle (connaissances, jugement, raisonnement), morale (conscience, distinguer le bien du mal, volonté), sociale et civique (vivre avec les autres, coopérer, être citoyen), esthétique (sens du beau : chant, dessin, nature), religieuse (la foi). Branches-outils : lecture, écriture, calcul (elles servent à apprendre tout le reste) ; branches de culture ou d'éveil : histoire, géographie, sciences.
- Milieux et agents. Famille : premier milieu, éducateurs naturels, affection, langage, premières habitudes. École : complète la famille (rôle supplétif) par une instruction méthodique (savoir, savoir-faire, savoir-être), avec des éducateurs professionnels formés et payés. Église : initier à la foi. Milieu professionnel : initier au métier. État : lois, protection, organisation de l'enseignement. Éducation formelle (l'école, avec programme et diplôme), non formelle (organisée hors école : alphabétisation, mouvements de jeunesse), diffuse (influences non organisées : rue, marché, presse, radio, télévision, cinéma). Autoéducation : on s'éduque soi-même.
- Idéaux éducatifs : sociologisme (l'homme est un produit de la société, éduquer c'est socialiser : Durkheim), pragmatisme (une idée vaut par ses résultats pratiques : James, Dewey), intellectualisme (le savoir et la culture d'abord), individualisme (former l'individu qui compte sur lui-même), matérialisme (viser l'argent et les biens), naturalisme (suivre la nature de l'enfant : Rousseau), nationalisme (former d'abord pour la nation). Les fins de l'éducation varient selon les besoins et l'idéal de chaque société.
- Systèmes et styles. Selon l'idée de la nature de l'enfant : mauvais, donc système autoritaire (contrainte, punitions) ; bon, donc système libertaire (liberté totale) ; ni bon ni mauvais, donc éducation libérale (liberté guidée par l'autorité). Styles des éducateurs : autoritaire (exige sans expliquer), démocratique (exige et explique, écoute), permissif (affectueux, sans règles), négligent (ni règles ni attention). École traditionnelle : magistrocentrisme, élève passif ; école nouvelle ou active : pédocentrisme, l'enfant au centre, le maître guide.
- Discipline et autorité. L'autorité est le droit légitime de commander et d'être obéi, fondé sur la fonction et la valeur du maître ; l'autoritarisme en est l'abus. Du plus dur au plus libre : caporalisme (peur, châtiments corporels), discipline d'autorité, discipline préventive (éviter les fautes par l'organisation, l'intérêt des leçons, l'éloge ; jamais l'humiliation), self-government (les élèves élus participent à la discipline), autodiscipline (chez les grands adolescents). La fatigue disparaît avec un repos ordinaire, le surmenage non ; on place les branches difficiles (calcul, français) en début de matinée. Éducation à la vie courante : esprit critique, pensée créatrice, communication, empathie, gestion du stress.
La méthode
- 1Pour un domaine de l'éducation, demande-toi ce que l'activité développe : le corps (physique), l'esprit (intellectuelle), la conscience (morale), la vie en groupe (sociale), le sens du beau (esthétique), la foi (religieuse).
- 2Pour une science auxiliaire, regarde l'objet étudié : l'esprit = psychologie ; le corps et l'hérédité = biologie ; le milieu et les groupes = sociologie ; les buts = philosophie ; les chiffres = statistique.
- 3Pour un visage de la pédagogie : réflexion sur les fins = philosophie ; étude méthodique et vérifiée = science ; talent d'adaptation du maître = art ; procédés précis = technique.
- 4Pour un idéal éducatif, cherche le mot-clé de la citation : société = sociologisme ; utilité, action = pragmatisme ; culture, savoir = intellectualisme ; ses propres efforts = individualisme ; argent, biens = matérialisme.
- 5Pour un style éducatif, pose deux questions : l'adulte exige-t-il ? Est-il chaleureux et à l'écoute ? Oui-non = autoritaire ; oui-oui = démocratique ; non-oui = permissif ; non-non = négligent.
- 6Pour un milieu éducatif, rattache-le à son rôle propre : affection et premières habitudes (famille), instruction méthodique (école), foi (Église), métier (milieu professionnel), lois et protection (État).
Un exemple résolu
Un père répète à ses enfants : « Étudiez pour gagner beaucoup d'argent, avoir une belle maison et une grosse voiture. » Il se rallie à l'idéal éducatif appelé : A) pragmatisme ; B) intellectualisme ; C) matérialisme ; D) sociologisme ; E) individualisme.
- 1.Cherche le but que le père donne aux études : argent, maison, voiture. Ce sont des biens matériels.
- 2.Intellectualisme : le savoir pour lui-même. Ici le savoir n'est qu'un moyen : on élimine B.
- 3.Sociologisme : adapter l'enfant au groupe ; individualisme : compter sur ses propres efforts. Ni le groupe ni l'effort ne sont mis en avant : on élimine D et E.
- 4.Pragmatisme : savoir faire des choses utiles dans l'action. Le père ne parle pas de savoir-faire mais de richesse : on élimine A.
- 5.Viser la richesse et les biens de la vie présente, c'est le matérialisme.
Réponse : C) le matérialisme.
Les pièges à éviter
- Confondre pédagogie empirique et expérimentale : empirique = expérience pratique sans contrôle ; expérimentale = expériences scientifiques contrôlées et mesurées.
- Confondre permissif et négligent : le permissif aime et s'occupe de l'enfant mais n'exige rien ; le négligent ne s'occupe pas de lui du tout.
- Confondre autorité et autoritarisme : l'autorité est un droit légitime, fondé sur la justice et la compétence ; l'autoritarisme commande par la peur.
- Confondre pragmatisme et matérialisme : le pragmatisme vise l'action utile, le matérialisme les biens et l'argent.
- Croire que la discipline préventive peut utiliser l'humiliation : elle prévient les fautes par l'organisation, l'intérêt et l'éloge ; l'humiliation est à proscrire.
À retenir
Éduquer, c'est développer toute la personne : corps, esprit, conscience, vie sociale, sens du beau. La pédagogie est à la fois philosophie, science, art et technique.