Des grands penseurs comme Rousseau aux praticiens de l'éducation nouvelle comme Decroly ou Freinet, chaque pédagogue a laissé une idée ou une méthode. À l'Exetat, il faut surtout associer chaque auteur à son mot-clé, souvent dans un exercice d'appariement.
L'essentiel
- Deux grandes conceptions. L'école traditionnelle est centrée sur le maître et la matière (magistrocentrisme) : le maître transmet, l'élève écoute, mémorise et restitue (pédagogie directive, magistrale). L'école nouvelle ou active est centrée sur l'enfant (pédocentrisme) : il agit, cherche, interagit avec le maître et ses camarades ; le maître guide et facilite. Principes de l'école active : intérêt, activité, liberté, coopération.
- Les anciens et les humanistes. Socrate : la maïeutique, faire découvrir la vérité par des questions (comme une sage-femme « fait naître »). Rabelais (16e siècle) : éducation encyclopédique, « science sans conscience n'est que ruine de l'âme ». Montaigne (16e siècle, Essais) : « mieux vaut une tête bien faite que bien pleine », former le jugement.
- Comenius (17e siècle, tchèque) : la Grande Didactique, « enseigner tout à tous », l'enseignement par les sens (intuition), l'Orbis pictus, premier livre illustré pour enfants ; il est vu comme le père de la didactique. Jean-Baptiste de La Salle (17e siècle) : Frères des écoles chrétiennes et mode simultané. Rousseau (18e siècle, Émile ou De l'éducation, 1762) : l'enfant naît bon et la société le corrompt (bonté originelle), éducation naturelle et négative (protéger plutôt qu'instruire tôt), l'enfant n'est pas un adulte en miniature, « commencez par mieux étudier vos élèves ».
- Pestalozzi (Suisse, 1746-1827, institut d'Yverdon au début du 19e siècle) : l'intuition, c'est-à-dire l'observation par les sens, est la base de tout enseignement ; éduquer la tête, le cœur et la main. Fröbel (19e siècle) : les jardins d'enfants. Kerschensteiner (Allemagne) : l'école du travail. Ferrière (Suisse) : théoricien de l'école active.
- Les grands noms de l'éducation nouvelle. Dewey (États-Unis) : « learning by doing », apprendre en faisant ; l'école est une institution sociale, une communauté démocratique. Kilpatrick, son disciple : la méthode des projets (produire, jouir d'une expérience, résoudre un problème, acquérir une technique). Claparède (Genève) : l'éducation fonctionnelle, la loi du besoin et de l'intérêt, « l'école sur mesure », l'Institut Jean-Jacques Rousseau. Decroly (Belgique, école de l'Ermitage) : les centres d'intérêt tirés des besoins (se nourrir, se protéger, se défendre, agir et travailler), la méthode globale, « l'école pour la vie, par la vie ». Montessori (Italie, Maisons des enfants à Rome, 1907) : matériel sensoriel autocorrectif, périodes sensibles, liberté dans un milieu préparé.
- Freinet (France) : l'imprimerie scolaire, le texte libre, la correspondance entre écoles, la coopérative de classe. Cousinet (France) : le travail libre par groupes. Helen Parkhurst : le plan Dalton (vers 1920, contrats de travail mensuels, salles-laboratoires par matière, pas d'horaire collectif). Washburne : le système de Winnetka (fiches autocorrectives pour les matières de base, activités collectives pour le reste). Petersen : le plan d'Iéna (groupes de plusieurs âges). Dottrens : les fiches individuelles.
- Trois courants de la pensée pédagogique : les philosophes réfléchissent aux fins (Platon, Érasme, Rabelais, Rousseau) ; les praticiens inventent leur méthode en classe (Freinet, Decroly, Montessori) ; les psychologues apportent des outils scientifiques (Binet et la mesure de l'intelligence, Skinner et l'enseignement programmé, Bloom et la taxonomie des objectifs, Piaget et les stades).
- Au Congo, l'enseignement a d'abord été largement confié aux missions chrétiennes. Les premières universités : Lovanium (1954, près de Léopoldville, aujourd'hui Kinshasa, catholique, avec l'appui de l'Université de Louvain) ; l'Université officielle du Congo à Élisabethville (aujourd'hui Lubumbashi), créée par l'État colonial à l'initiative du ministre Auguste Buisseret, partisan d'un enseignement public et laïc ; l'Université libre du Congo (1963, Stanleyville, aujourd'hui Kisangani, protestante).
La méthode
- 1Lis l'énoncé et repère le mot-clé de la méthode : imprimerie, texte libre = Freinet ; centres d'intérêt = Decroly ; école sur mesure, besoin = Claparède ; apprendre en faisant = Dewey ; projets = Kilpatrick ; matériel sensoriel, périodes sensibles = Montessori ; contrats = Parkhurst ; fiches autocorrectives, Winnetka = Washburne ; groupes libres = Cousinet.
- 2Utilise la nationalité pour départager : Belgique = Decroly ; Italie = Montessori ; Suisse = Claparède, Pestalozzi, Piaget ; États-Unis = Dewey, Kilpatrick, Parkhurst, Washburne ; France = Freinet, Cousinet.
- 3Utilise le siècle : 16e = Rabelais, Montaigne ; 17e = Comenius, La Salle ; 18e = Rousseau, Pestalozzi (actif jusqu'au début du 19e) ; 20e = éducation nouvelle.
- 4Dans un appariement, fixe d'abord deux ou trois paires sûres, puis élimine toutes les propositions qui les contredisent.
- 5Pour traditionnelle ou nouvelle, regarde le rôle de l'élève : il écoute et récite = traditionnelle ; il agit, discute, cherche = active ou nouvelle.
Un exemple résolu
Associe chaque pédagogue (1. Montaigne ; 2. Decroly ; 3. Freinet ; 4. Parkhurst) à son idée (a. imprimerie scolaire et texte libre ; b. une tête bien faite plutôt que bien pleine ; c. contrats de travail mensuels ; d. centres d'intérêt). Propositions : A) 1b, 2a, 3d, 4c ; B) 1b, 2d, 3a, 4c ; C) 1d, 2b, 3a, 4c ; D) 1b, 2d, 3c, 4a ; E) 1c, 2d, 3a, 4b.
- 1.Paire sûre : « tête bien faite » est de Montaigne, donc 1b. On élimine C et E.
- 2.Deuxième paire sûre : l'imprimerie scolaire et le texte libre sont de Freinet, donc 3a. On élimine A (3d) et D (3c).
- 3.Il reste B. Vérification : Decroly = centres d'intérêt (2d) et Parkhurst = plan Dalton avec ses contrats mensuels (4c).
Réponse : B) 1b, 2d, 3a, 4c.
Les pièges à éviter
- Confondre Decroly et Montessori : tous deux médecins, partis d'enfants déficients ; mais Decroly est belge (centres d'intérêt), Montessori italienne (matériel sensoriel, Maisons des enfants).
- Confondre plan Dalton et Winnetka : Dalton (Parkhurst) = contrats mensuels et salles par matière ; Winnetka (Washburne) = fiches autocorrectives.
- Confondre Freinet et Cousinet : Freinet = imprimerie, texte libre, correspondance ; Cousinet = travail libre par groupes.
- Confondre Montaigne et Rabelais : Montaigne veut une tête bien faite (le jugement), Rabelais un savoir encyclopédique.
- Attribuer la méthode des projets à Dewey : Dewey a posé le principe « apprendre en faisant », c'est Kilpatrick qui a systématisé la méthode des projets.
À retenir
Dewey : apprendre en faisant. Claparède : école sur mesure. Decroly : centres d'intérêt. Montessori : matériel sensoriel. Freinet : imprimerie et texte libre. Rousseau : l'enfant au centre.