Un camion acheté aujourd'hui servira cinq ans : il serait faux de compter tout son prix en charge la première année. L'amortissement étale ce coût sur la durée d'utilisation. L'Exetat demande des annuités (linéaire, dégressif, somme des chiffres, progressif), le prorata de la première année, la valeur nette comptable et l'écriture de dotation.
L'essentiel
- L'amortissement est la répartition systématique, année après année, de la base amortissable d'une immobilisation sur sa durée d'utilité, au rythme où l'entreprise la « consomme ». Il est prévu dès l'achat. À ne pas confondre avec la dépréciation : une perte de valeur imprévue constatée à une date donnée.
- On amortit seulement les biens dont l'usage est limité dans le temps (camion, machine, ordinateur, bâtiment, même sur 20 à 50 ans). Un terrain nu ne s'use pas : il n'est pas amorti.
- Valeur d'entrée du bien : coût d'acquisition (prix d'achat HT + frais accessoires : transport, installation) s'il est acheté ; coût de production s'il est fabriqué par l'entreprise ; valeur d'apport s'il est apporté par un associé ; valeur vénale (prix du marché) s'il est reçu gratuitement. Base amortissable = valeur d'entrée − valeur résiduelle éventuelle (ce qu'on pense récupérer à la revente).
- Linéaire : même annuité chaque année. Annuité = base ÷ durée (taux = 100 ÷ durée). La première année, prorata : annuité × mois d'utilisation ÷ 12, à partir de la mise en service. La dernière année reçoit le complément.
- Dégressif à taux constant : taux dégressif = taux linéaire × coefficient fiscal ; chaque dotation = valeur nette comptable du début d'année × taux dégressif. Les annuités diminuent. Quand l'annuité linéaire calculée sur les années restantes devient supérieure ou égale, on passe au linéaire.
- Somme des chiffres des années (SOFTY), dégressif : pour n ans, S = 1 + 2 + … + n ; la fraction de la 1re année est n/S, puis (n − 1)/S, etc. Progressif : fractions 1/S la 1re année, 2/S la 2e, jusqu'à n/S.
- Valeur nette comptable (VNC) = valeur d'origine − amortissements cumulés (somme de toutes les dotations depuis la mise en service).
- Écriture de dotation : débit 681 Dotations aux amortissements d'exploitation (charge) ; crédit 28 Amortissements (par exemple 284 pour le matériel). Le compte d'immobilisation (classe 2) garde sa valeur d'origine, il ne bouge pas.
Les formules
- Base amortissable
- Base = Prix d'achat HT + Frais accessoires − Valeur résiduelle
- Annuité linéaire
- a = Base ÷ n = Base × t, avec t = 100 ÷ n (en %)
- 1re année : a × mois d'utilisation ÷ 12
- Dégressif à taux constant
- Dotation = VNC de début d'année × (t linéaire × coefficient)
- Somme des chiffres (SOFTY)
- S = n(n + 1)/2 ; annuité de l'année k = Base × (n − k + 1) ÷ S
- Progressif
- Annuité de l'année k = Base × k ÷ S
- Valeur nette comptable
- VNC = Valeur d'origine − Amortissements cumulés
La méthode
- 1Calcule la base : prix HT + frais d'installation et de transport, moins la valeur résiduelle s'il y en a une.
- 2Identifie le système imposé : linéaire, dégressif à coefficient, somme des chiffres ou progressif.
- 3Calcule l'annuité de l'année demandée, en appliquant le prorata en mois pour la première année en linéaire. Si l'énoncé donne une mensualité, multiplie-la par 12 pour retrouver l'annuité.
- 4Pour une VNC, additionne toutes les dotations déjà passées et retire ce cumul de la valeur d'origine.
- 5Écris la dotation : débit 681, crédit 28 du compte d'immobilisation concerné.
Un exemple résolu
Une imprimerie de Kananga achète une machine 2 700 000 FC HT ; transport et installation coûtent 300 000 FC. Mise en service le 1er octobre N, durée 5 ans, amortissement linéaire, exercice clos le 31 décembre. Calcule la dotation de N, celle de N+1, la VNC au 31 décembre N+1, et passe l'écriture de N. Quelle serait l'annuité de la 2e année avec la somme des chiffres des années ?
- 1.Base amortissable : 2 700 000 + 300 000 = 3 000 000 FC (pas de valeur résiduelle).
- 2.Annuité pleine : 3 000 000 ÷ 5 = 600 000 FC (taux 20 %).
- 3.Dotation N, du 1er octobre au 31 décembre, soit 3 mois : 600 000 × 3 ÷ 12 = 150 000 FC.
- 4.Dotation N+1, année entière : 600 000 FC.
- 5.Cumul au 31 décembre N+1 : 150 000 + 600 000 = 750 000 FC ; VNC : 3 000 000 − 750 000 = 2 250 000 FC.
- 6.Écriture de N : D 681 ; C 284, pour 150 000 FC.
- 7.Somme des chiffres : S = 1 + 2 + 3 + 4 + 5 = 15 ; 1re année 5/15, 2e année 4/15 ; annuité de la 2e année : 3 000 000 × 4 ÷ 15 = 800 000 FC.
Réponse : Dotation N : 150 000 FC ; N+1 : 600 000 FC ; VNC fin N+1 : 2 250 000 FC ; écriture D 681 / C 284 de 150 000 FC. En SOFTY, 2e année : 800 000 FC.
Les pièges à éviter
- Oublier les frais de transport et d'installation dans la base, ou oublier de retirer la valeur résiduelle.
- Prendre l'annuité entière la première année : en linéaire, on applique le prorata dès la mise en service.
- En dégressif à taux constant, appliquer le taux à la valeur d'origine chaque année : il s'applique à la VNC du début de l'année.
- Se tromper de fraction : N+2 est la troisième année. En SOFTY la plus grosse fraction est au début, en progressif à la fin.
- Donner le cumul des amortissements quand on demande la VNC, ou débiter le compte 28 et créditer le compte d'immobilisation dans l'écriture de dotation.
À retenir
Base = coût complet − valeur résiduelle ; dotation au débit du 681, amortissement au crédit du 28 ; VNC = valeur d'origine − cumul des amortissements.