Le compte de résultat dit si l'entreprise a gagné ou perdu, mais les soldes intermédiaires de gestion montrent comment : quelle richesse elle a créée, ce qu'il en reste après le personnel, puis après l'usure du matériel. L'Exetat demande surtout la valeur ajoutée, la capacité d'autofinancement et la dotation à la réserve légale.
L'essentiel
- Marge commerciale (activité de négoce) = ventes de marchandises − coût d'achat des marchandises vendues.
- Production de l'exercice (activité de fabrication) = production vendue + production stockée, ou − déstockage. Des produits fabriqués cette année et mis en stock ont bien été produits ; des produits vendus mais fabriqués l'an dernier ne sont pas une production de cette année.
- Valeur ajoutée (VA) = richesse créée par l'entreprise elle-même = production (et/ou marge commerciale) − consommations intermédiaires. Les consommations intermédiaires sont ce qu'on achète à d'autres entreprises et qu'on consomme : matières consommées, frais d'achat, fournitures, transports, eau, électricité, loyers, services extérieurs. Ventes à prendre nettes des réductions accordées.
- Ne retire pas de la VA les salaires, charges sociales, charges financières (intérêts) ni dotations aux amortissements : la VA sert justement à les payer. Image : la VA est le gâteau ; personnel, État, prêteurs et propriétaires se le partagent. D'où un contrôle : VA = salaires + charges sociales + amortissements + intérêts + bénéfice (+ impôts), selon les données.
- Excédent brut d'exploitation (EBE) = VA − charges de personnel (salaires et charges sociales). Résultat d'exploitation = EBE − dotations aux amortissements (et dépréciations).
- Capacité d'autofinancement (CAF) : l'argent que l'activité laisse réellement à l'entreprise. CAF = résultat net + dotations aux amortissements et dépréciations (charges calculées, aucun argent ne sort) − reprises. Autofinancement = CAF − dividendes distribués.
- Affectation du bénéfice (OHADA) : on éponge d'abord les pertes antérieures ; puis au moins 1/10 de ce qui reste va à la réserve légale, jusqu'à ce qu'elle atteigne 1/5 (20 %) du capital. La dotation est donc le plus petit de deux montants : 10 % de la base, ou ce qui manque pour atteindre le plafond. Le reste va aux réserves statutaires, aux dividendes ou en report à nouveau.
Les formules
- Marge commerciale
- Marge commerciale = Ventes de marchandises − Coût d'achat des marchandises vendues
- Production de l'exercice
- Production = Production vendue + Production stockée (ou − Déstockage)
- Valeur ajoutée
- VA = Production + Marge commerciale − Consommations intermédiaires
- EBE et résultat d'exploitation
- EBE = VA − Charges de personnel ; Résultat d'exploitation = EBE − Dotations aux amortissements
- CAF et autofinancement
- CAF = Résultat net + Dotations − Reprises ; Autofinancement = CAF − Dividendes
- Réserve légale
- Dotation = le plus petit de [10 % × (Bénéfice − Pertes antérieures)] et [20 % × Capital − Réserve légale existante]
La méthode
- 1Calcule la production (ou les ventes nettes des réductions), en ajoutant le stockage ou en retirant le déstockage.
- 2Fais la liste des seules consommations achetées à l'extérieur et additionne-les.
- 3VA = production − consommations intermédiaires. Puis EBE = VA − personnel ; résultat d'exploitation = EBE − dotations.
- 4Pour la CAF, ajoute au résultat net les dotations (et retire les reprises) ; retire ensuite les dividendes pour l'autofinancement.
- 5Pour la réserve légale, retire les pertes antérieures, prends 10 %, et compare avec ce qui manque pour atteindre 20 % du capital.
Un exemple résolu
Une SA de Lubumbashi (capital 5 000 000 FC, réserve légale actuelle 900 000 FC, pas de pertes antérieures) donne pour l'exercice : production vendue 2 400 000 FC ; production stockée 100 000 FC ; matières consommées 800 000 FC ; transports 60 000 FC ; services extérieurs 140 000 FC ; charges de personnel 650 000 FC ; dotations aux amortissements 150 000 FC ; charges financières 50 000 FC. On suppose l'impôt nul. Calcule la VA, l'EBE, le résultat d'exploitation, le résultat net, la CAF, l'autofinancement si l'on distribue 300 000 FC de dividendes, et la dotation à la réserve légale.
- 1.Production de l'exercice : 2 400 000 + 100 000 = 2 500 000 FC.
- 2.Consommations intermédiaires : 800 000 + 60 000 + 140 000 = 1 000 000 FC.
- 3.VA : 2 500 000 − 1 000 000 = 1 500 000 FC.
- 4.EBE : 1 500 000 − 650 000 = 850 000 FC.
- 5.Résultat d'exploitation : 850 000 − 150 000 = 700 000 FC.
- 6.Résultat net : 700 000 − 50 000 = 650 000 FC.
- 7.CAF : 650 000 + 150 000 = 800 000 FC ; autofinancement : 800 000 − 300 000 = 500 000 FC.
- 8.Réserve légale : 10 % × 650 000 = 65 000 FC ; il manque 20 % × 5 000 000 − 900 000 = 100 000 FC pour le plafond. On retient le plus petit : 65 000 FC.
- 9.Contrôle par la répartition : 650 000 + 150 000 + 50 000 + 650 000 = 1 500 000 FC, égal à la VA.
Réponse : VA 1 500 000 FC ; EBE 850 000 FC ; résultat d'exploitation 700 000 FC ; résultat net 650 000 FC ; CAF 800 000 FC ; autofinancement 500 000 FC ; réserve légale 65 000 FC.
Les pièges à éviter
- Retirer les salaires, les charges financières ou les amortissements pour calculer la VA : ce ne sont pas des consommations achetées à l'extérieur.
- Se tromper de sens pour les stocks de produits : un stockage s'ajoute à la production, un déstockage s'en retire. Et oublier les réductions accordées sur les ventes.
- Donner la CAF quand on demande l'autofinancement (il faut retirer les dividendes), ou oublier de rajouter les amortissements au résultat.
- Calculer la réserve légale sur le bénéfice sans retirer les pertes antérieures, ou oublier de vérifier le plafond de 20 % du capital.
- Confondre le taux de dotation (10 % du bénéfice) et le plafond (20 % du capital).
À retenir
VA = ce qu'on produit − ce qu'on consomme venant des autres ; CAF = résultat + dotations ; réserve légale = 10 % du bénéfice jusqu'à 20 % du capital.