Exetat · Français

Figures de style

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Une figure de style est une façon de dire les choses qui produit un effet : une image, une exagération, un contraste, une atténuation. À l'Exetat, il faut nommer la figure d'une phrase, souvent un vers célèbre (« Va, je ne te hais point », « Cette obscure clarté qui tombe des étoiles »). On les retient mieux en les rangeant par familles.

L'essentiel

  • Les images (rapprochement). Comparaison : deux éléments rapprochés AVEC un outil (comme, pareil à, tel, semblable à, ressembler) : rusé comme un renard ; pareil à un serpent. Métaphore : même rapprochement SANS outil : ce soldat est un lion ; le temps est un voleur silencieux ; ta parole est un baume. Personnification : on prête des traits humains à une chose ou un animal : le vent hurlait ; les épidémies ignorent les frontières. Allégorie : une idée abstraite représentée par une personne ou une scène : la Justice, femme aux yeux bandés avec balance et glaive.
  • Les remplacements. Métonymie : un mot pour un autre qui lui est lié (le lieu pour les gens : toute la ville, le stade entier, toute la salle ; l'auteur pour l'œuvre : un Molière ; le contenant pour le contenu : boire un verre). Synecdoque : la partie pour le tout (trois voiles = trois bateaux ; un toit = une maison ; deux cents âmes = deux cents habitants). Périphrase : une expression à la place d'un mot (le roi des animaux = le lion ; le pays de l'oncle Sam = les États-Unis). Catachrèse : image si usée qu'on ne la remarque plus (le pied de la table, le bras d'un fauteuil, les ailes d'un moulin).
  • L'exagération et l'atténuation. Hyperbole : exagérer (je te l'ai répété mille fois ; attendre des siècles). Litote : dire moins pour faire entendre plus (« Va, je ne te hais point » = je t'aime ; ce n'est pas mauvais du tout = c'est excellent). Euphémisme : adoucir une réalité pénible (il nous a quittés, il s'est éteint = il est mort).
  • Les oppositions. Antithèse : deux idées opposées dans des termes séparés (hier acclamé, aujourd'hui oublié ; riche d'argent, mais pauvre d'amis ; je vis, je meurs). Oxymore : deux mots contraires collés dans le même groupe (cette obscure clarté ; un silence assourdissant). Paradoxe : une idée qui heurte l'opinion commune mais cache une vérité (je sais que je ne sais rien ; il faut parfois perdre pour gagner). Ironie ou antiphrase : dire le contraire de ce qu'on pense (Bravo, quelle ponctualité ! à un retardataire).
  • Les constructions. Anaphore : même mot répété en tête de vers ou de phrase (Rome… Rome… Rome…). Gradation : termes de force croissante (Va, cours, vole). Chiasme : disposition croisée A B B A (manger pour vivre, vivre pour manger). Parallélisme : deux constructions identiques (Mon frère cultive le manioc ; ma sœur élève des poules).
  • D'autres constructions. Ellipse : suppression de mots que l'on devine (Moi, du café ; lui, du thé ; à chacun son métier). Hyperbate : ajout d'un élément après une phrase qui semblait finie (Il est parti, et pour toujours). Inversion : ordre des mots inhabituel (Au sommet de la colline se dressait une église). Pléonasme : répétition inutile du même sens (sortir dehors, monter en haut).
  • L'allusion évoque sans la nommer une œuvre, un fait, un proverbe connus : franchir le Rubicon (César, décision sans retour) ; jouer les cigales (la fable de La Fontaine) ; la raison du plus fort est toujours la meilleure (La Fontaine). La parabole est un court récit imagé qui transmet une leçon morale ou religieuse (paraboles des Évangiles).

La méthode

  1. 1Cherche d'abord un outil de comparaison (comme, tel, pareil à, semblable à) : s'il y en a un, c'est une comparaison ; s'il y a une image sans outil, c'est une métaphore.
  2. 2Cherche un contraste : deux mots contraires collés (oxymore), deux idées opposées séparées (antithèse), une idée choquante mais vraie (paradoxe), le contraire de ce que l'on pense (ironie).
  3. 3Mesure l'intensité : on exagère (hyperbole), on dit moins pour dire plus avec souvent une négation (litote), on adoucit une réalité triste comme la mort (euphémisme).
  4. 4Regarde si un mot en remplace un autre : lieu pour les habitants, auteur pour l'œuvre (métonymie) ; partie pour le tout (synecdoque) ; expression à la place d'un nom (périphrase).
  5. 5Regarde la construction : répétition en tête (anaphore), montée en force (gradation), croisement A B B A (chiasme), mots supprimés (ellipse), ajout après la fin (hyperbate).

Un exemple résolu

Dans Le Cid de Corneille, Chimène dit à Rodrigue, qu'elle aime : « Va, je ne te hais point. » Indique la figure de style employée. A. l'euphémisme ; B. la litote ; C. l'antithèse ; D. la métaphore ; E. l'hyperbole.

  1. 1.Ce que dit la phrase : « je ne te déteste pas ». Ce que pense Chimène : elle aime Rodrigue.
  2. 2.Elle dit donc beaucoup moins que ce qu'elle ressent, à l'aide d'une négation, pour faire entendre beaucoup plus : c'est la définition de la litote.
  3. 3.Ce n'est pas un euphémisme : l'euphémisme adoucit une réalité pénible (la mort, la maladie), alors qu'ici la réalité (l'amour) n'est pas pénible à dire en soi ; la figure sert à la suggérer avec retenue.
  4. 4.Il n'y a ni image (métaphore), ni exagération (hyperbole), ni opposition de deux termes (antithèse).

Réponse : B. la litote

Les pièges à éviter

  • Confondre comparaison et métaphore : cherche l'outil. « rusé comme un renard » = comparaison ; « ce soldat est un lion » = métaphore.
  • Confondre antithèse et oxymore : l'oxymore colle deux contraires dans un même groupe (obscure clarté) ; l'antithèse oppose deux idées dans deux parties de phrase (je vis, je meurs).
  • Confondre litote et euphémisme : la litote dit moins pour faire entendre PLUS (je ne te hais point = je t'aime) ; l'euphémisme adoucit une réalité DURE (il nous a quittés = il est mort).
  • Confondre métonymie et synecdoque : « toute la ville » (le lieu pour les habitants) est une métonymie ; « trois voiles » (une partie du bateau pour le bateau) est une synecdoque.
  • Prendre une catachrèse (le pied de la table) pour une métaphore : l'image est devenue le mot normal, on ne la remarque plus.

À retenir

Avec « comme » : comparaison ; sans outil : métaphore ; deux contraires collés : oxymore ; opposés séparés : antithèse ; dire moins pour dire plus : litote ; adoucir : euphémisme ; exagérer : hyperbole.