Ces items sont des questions de mémoire : qui a écrit quelle œuvre ? Souvent sous forme d'association (1c, 2e, 3d…). On les réussit en apprenant les couples auteur et œuvre par pays, avec un petit repère sur le sujet de chaque livre, et en éliminant les combinaisons fausses à partir des couples dont on est sûr.
L'essentiel
- RDC, les pionniers : Paul Lomami Tshibamba, « Ngando » (Le crocodile, 1948), souvent présenté comme le premier roman congolais ; Antoine-Roger Bolamba, « Esanzo, chants pour mon pays » (poèmes, 1955, préfacés par Senghor).
- RDC, après l'indépendance : V. Y. (Valentin-Yves) Mudimbe, « Entre les eaux » (1973, un prêtre déchiré entre sa foi et la révolution), « Le Bel Immonde », « L'Écart » ; Georges Ngal, « Giambatista Viko ou le viol du discours africain » (1975), « L'Errance » ; Zamenga Batukezanga, « Les Hauts et les bas », « Sept frères et une sœur » ; Philippe Elebe Lisembe, « Simon Kimbangu ou le messie noir » (théâtre) ; Charles Djungu-Simba Kamatenda, « On a échoué » (nouvelles).
- Congo-Brazzaville : Sony Labou Tansi, « La Vie et demie » (1979), « L'Anté-peuple » ; Henri Lopes, « Le Pleurer-rire » ; Jean Malonga, « Cœur d'Aryenne » ; Tchicaya U Tam'si, poète.
- Afrique de l'Ouest : Camara Laye (Guinée), « L'Enfant noir » ; Cheikh Hamidou Kane (Sénégal), « L'Aventure ambiguë » ; Ahmadou Kourouma (Côte d'Ivoire), « Les Soleils des indépendances » ; Mariama Bâ (Sénégal), « Une si longue lettre » (1979, roman par lettres d'une veuve à son amie) ; Ousmane Sembène (Sénégal), « Les Bouts de bois de Dieu » ; Bernard Dadié (Côte d'Ivoire), « Climbié », « Un nègre à Paris » ; Seydou Badian (Mali), « La Mort de Chaka ».
- Cameroun : Ferdinand Oyono, « Une vie de boy » (1956, journal d'un jeune domestique d'un commandant colonial), « Le Vieux Nègre et la médaille » ; Mongo Beti, « Ville cruelle » (signé Eza Boto), « Le Pauvre Christ de Bomba » ; Francis Bebey, « Le Fils d'Agatha Moudio ».
- Tradition orale : Birago Diop, « Les Contes d'Amadou Koumba » (1947, contes wolof) ; Amadou Hampâté Bâ, à qui l'on attribue « En Afrique, quand un vieillard meurt, c'est une bibliothèque qui brûle ». Poètes de la négritude : Césaire, « Cahier d'un retour au pays natal », « Une saison au Congo » (théâtre sur Lumumba) ; Senghor, « Hosties noires » ; Damas, « Pigments » ; David Diop, « Coups de pilon ».
- Repères : René Maran, « Batouala », premier prix Goncourt d'un écrivain noir (1921) ; Alioune Diop fonde la revue « Présence africaine » (Paris, 1947) ; Chinua Achebe (Nigeria), « Le monde s'effondre » (Things Fall Apart, 1958) ; Wole Soyinka (Nigeria), premier Africain subsaharien prix Nobel de littérature (1986).
- Afro-Américains souvent associés : W. E. B. Du Bois, « Les Âmes du peuple noir » (1903), figure du panafricanisme ; Langston Hughes, poète de la Renaissance de Harlem (années 1920), « I, Too » ; Claude McKay, « Banjo » ; Richard Wright, « Un enfant du pays » (Native Son).
La méthode
- 1Apprends les couples par pays, avec un mot-clé sur le sujet : Ngando, le crocodile ; Une vie de boy, le domestique ; Une si longue lettre, la veuve ; Entre les eaux, le prêtre.
- 2Dans une question simple, élimine d'abord les auteurs d'un autre pays ou d'un autre genre (un poète pour un roman, un Nigérian anglophone pour un titre français).
- 3Pour une association (1c, 2e…), écris d'abord les deux ou trois couples dont tu es sûr.
- 4Élimine toutes les combinaisons qui contredisent ces couples ; il reste en général une seule proposition, sans avoir à connaître tous les couples.
Un exemple résolu
Associe les auteurs (I) à leurs œuvres (II). (I) 1. Camara Laye ; 2. Ferdinand Oyono ; 3. Cheikh Hamidou Kane ; 4. Mariama Bâ ; 5. Ahmadou Kourouma. (II) a. Une si longue lettre ; b. Les Soleils des indépendances ; c. L'Enfant noir ; d. L'Aventure ambiguë ; e. Une vie de boy. Propositions : A. 1c, 2e, 3d, 4a, 5b ; B. 1c, 2d, 3e, 4a, 5b ; C. 1e, 2c, 3d, 4b, 5a ; D. 1d, 2e, 3c, 4a, 5b.
- 1.Couple sûr : Camara Laye a écrit « L'Enfant noir » : 1c. Cela élimine C (1e) et D (1d).
- 2.Couple sûr : Ferdinand Oyono a écrit « Une vie de boy » : 2e. Cela élimine B (2d).
- 3.Il reste A. Vérifions le reste : Cheikh Hamidou Kane, « L'Aventure ambiguë » (3d) ; Mariama Bâ, « Une si longue lettre » (4a) ; Ahmadou Kourouma, « Les Soleils des indépendances » (5b).
- 4.Tous les couples de A sont justes.
Réponse : A. 1c, 2e, 3d, 4a, 5b
Les pièges à éviter
- Confondre les deux Congo : Sony Labou Tansi, Henri Lopes, Tchicaya U Tam'si et Jean Malonga sont de Brazzaville ; Lomami Tshibamba, Mudimbe, Ngal, Zamenga sont de RDC.
- Confondre Oyono et Mongo Beti, tous deux camerounais et critiques de la colonisation : Oyono = Une vie de boy, Le Vieux Nègre et la médaille ; Mongo Beti = Ville cruelle, Le Pauvre Christ de Bomba.
- Confondre Birago Diop (les Contes d'Amadou Koumba) et David Diop (Coups de pilon, poèmes), ou Alioune Diop (Présence africaine).
- Attribuer à Senghor le « Cahier d'un retour au pays natal » : il est d'Aimé Césaire, qui a aussi écrit « Une saison au Congo ».
À retenir
Ngando, Lomami Tshibamba ; Entre les eaux, Mudimbe ; La Vie et demie, Sony Labou Tansi ; L'Enfant noir, Camara Laye ; Une vie de boy, Oyono ; Une si longue lettre, Mariama Bâ ; L'Aventure ambiguë, Cheikh Hamidou Kane ; Les Soleils des indépendances, Kourouma.