Une subordonnée circonstancielle dit dans quelles circonstances se passe l'action principale : quand, pourquoi, dans quel but, malgré quoi, à quelle condition… À l'Exetat, le mot qui l'introduit donne presque toujours la réponse, mais quelques mots ont deux sens (comme, alors que, quand, de sorte que, pour que) et c'est là que l'on perd des points.
L'essentiel
- Temps (quand ?) : quand, lorsque, dès que, après que, pendant que, avant que, au moment où. Le fait de la subordonnée peut se passer avant celui de la principale (antériorité : après qu'il eut mangé, il sortit), en même temps (simultanéité : pendant qu'il lisait) ou après (postériorité : je partirai avant qu'il ne pleuve, la pluie vient après le départ).
- Cause (pourquoi ?) : parce que, puisque, comme (en tête de phrase), étant donné que, vu que, du fait que, du moment que, dès lors que. Conséquence (avec quel résultat ?) : si… que, tant… que, tellement… que, au point que, si bien que, de sorte que + indicatif, et aussi assez… pour que, trop… pour que.
- But (dans quelle intention ?), toujours au subjonctif : pour que, afin que, de sorte que + subjonctif, de peur que, de crainte que (but négatif : pour éviter quelque chose, souvent avec un « ne » qui ne nie rien : de peur que le bébé ne se réveille).
- Concession ou opposition (malgré quoi ?) : bien que, quoique, encore que (+ subjonctif), même si, alors que, tandis que, quand (au sens de alors que), et la tournure « que… ou que… » (qu'il pleuve ou qu'il fasse beau, le marché ouvre).
- Condition (à quelle condition ?) : si, à condition que, pourvu que, pour peu que, à moins que, au cas où (+ conditionnel). Comparaison : comme (= de la même façon que), ainsi que, de même que, plus… que. Restriction (avec une exception) : sauf que, excepté que, si ce n'est que.
- Les mots à deux ou trois sens se tranchent par remplacement. Comme : au moment où (temps), puisque (cause), de la même façon que (comparaison). Alors que / tandis que : pendant que (temps) ou au contraire (opposition). Quand : lorsque (temps) ou alors que (opposition, souvent avec devoir au conditionnel : il se repose quand il devrait travailler).
- Pour que seul = but. Mais précédé de assez, trop, suffisamment, il dit le résultat qui découle d'une quantité : conséquence (il a assez d'économies pour que sa fille poursuive ses études). De sorte que + subjonctif = but ; + indicatif = conséquence.
La méthode
- 1Repère le mot ou la locution qui ouvre la subordonnée et rattache-le à sa famille (temps, cause, but, conséquence, concession, condition, comparaison, restriction).
- 2Pose à la principale la question correspondante (quand ? pourquoi ? dans quel but ? avec quel résultat ? malgré quoi ? à quelle condition ?) et vérifie que la subordonnée y répond.
- 3Si le mot a plusieurs sens (comme, alors que, quand), remplace-le par un mot qui n'a qu'un sens (au moment où, puisque, pendant que, tandis que) et garde celui qui conserve le sens de la phrase.
- 4Regarde le mode du verbe : un subjonctif après pour que, de sorte que, bien que oriente vers le but ou la concession ; un indicatif après de sorte que, si bien que oriente vers la conséquence.
- 5Cherche un mot d'intensité (si, tant, tellement, assez, trop) dans la principale : il annonce une conséquence.
Un exemple résolu
« Cette élève est assez mûre pour qu'on lui confie la clé du laboratoire. » La subordonnée « pour qu'on lui confie la clé du laboratoire » est complément circonstanciel : A. de conséquence ; B. de but ; C. de cause ; D. de condition ; E. de concession.
- 1.La subordonnée est introduite par « pour que », qui exprime d'habitude le but.
- 2.Mais dans la principale on trouve l'adverbe d'intensité « assez » devant « mûre » : on a le système « assez… pour que ».
- 3.La subordonnée ne dit pas une intention de l'élève : elle dit ce qui découle de son degré de maturité (on peut lui confier la clé).
- 4.Un résultat qui découle d'une intensité est une conséquence.
Réponse : A. de conséquence
Les pièges à éviter
- Répondre « but » dès qu'on voit « pour que » : avec assez, trop, suffisamment avant, c'est une conséquence.
- Répondre « temps » dès qu'on voit « quand » ou « alors que » : s'il y a un contraste entre les deux faits (il dort alors que nous travaillons), c'est l'opposition.
- Confondre « si » et « même si » : « si » pose une condition ; « même si » une concession (le match aura lieu même s'il pleut).
- Prendre « du moment que » ou « dès lors que » pour des locutions de temps : elles expriment la cause (= puisque).
- Confondre « où » relatif et circonstancielle de lieu : dans « la ville où je suis né », « où » a un antécédent (la ville), c'est une relative.
À retenir
Le mot introducteur donne la circonstance ; en cas de double sens (comme, alors que, quand, pour que, de sorte que), remplace-le par un équivalent à sens unique et regarde le mode du verbe.