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Types et fonctions des propositions

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Une proposition, c'est un groupe organisé autour d'un verbe. Certaines sont autonomes (indépendantes, incises, incidentes), d'autres dépendent d'une principale (subordonnées). À l'Exetat, on te demande de nommer une proposition (incise, incidente, participiale) ou de donner la fonction d'une subordonnée, exactement comme pour un nom.

L'essentiel

  • Autant de verbes conjugués, autant de propositions (seule la participiale, vue plus bas, se construit sur un participe). Une indépendante se suffit à elle-même. Une principale a sous sa dépendance une subordonnée, introduite par un mot subordonnant (que, qui, quand, si, parce que…).
  • L'incise indique qui parle, dans ou après des paroles rapportées, avec le sujet inversé : « Je reviendrai, promit-il. » L'incidente est un commentaire personnel de celui qui parle, intercalé entre virgules : « Ce projet, je le crois, réussira. » « Cet homme, je l'avoue, m'impressionne. »
  • La participiale a pour noyau un participe qui a son propre sujet, différent de celui de la principale : « Le travail terminé, les ouvriers rentrèrent. » « Le soleil couché, les pêcheurs regagnèrent la rive. » Elle exprime souvent le temps ou la cause. L'exclamative indirecte suit un verbe : « Vois comme ton frère a grandi ! »
  • La complétive (introduite par la conjonction « que ») a les fonctions d'un nom : COD après un verbe de parole, de pensée, de volonté (ils affirment que…, nous attendons que…) ; sujet réel après un verbe impersonnel (il faut que…, il est certain que…) ; attribut après un verbe d'état (mon souhait est que…, le problème est que…).
  • La complétive peut aussi compléter un adjectif : complément de l'adjectif (je suis fier que tu aies réussi). Placée juste après un nom, elle est complément du nom (l'idée que tu partes, la certitude que son fils reviendrait). Certains manuels appellent ce même cas « apposition » : si « complément du nom » ne figure pas parmi les choix, prends « apposition ». Séparée du nom par deux-points ou une pause, elle est en apposition (une seule crainte : que la pluie gâche la récolte).
  • La relative sans antécédent (qui, quiconque, sans nom avant) fonctionne comme un nom. Remplace-la par « celui qui » : « Qui veut voyager loin ménage sa monture » = sujet ; « à qui veut l'entendre » = COI ; « par quiconque entrera » après un passif = complément d'agent. La relative AVEC antécédent est complément de cet antécédent.
  • Les subordonnées circonstancielles se reconnaissent à leur mot introducteur et à la question qu'elles résolvent : comme / puisque (cause), pour que / de peur que (but), pourvu que / au cas où (condition), même si / bien que (concession), comme / au moment où (temps). « Comme » a deux sens : s'il se remplace par « au moment où », c'est le temps (le téléphone a sonné comme je sortais) ; s'il se remplace par « puisque », c'est la cause (comme il pleuvait fort, nous sommes restés).

La méthode

  1. 1Compte les verbes conjugués et délimite chaque proposition.
  2. 2Si la proposition est intercalée entre virgules : elle dit qui parle avec sujet inversé = incise ; elle donne un avis de celui qui parle = incidente. Si elle a un participe avec son propre sujet = participiale.
  3. 3Pour une subordonnée en « que », regarde le mot juste avant « que » : un verbe (COD), un verbe impersonnel (sujet réel), un verbe d'état (attribut), un adjectif (complément de l'adjectif), un nom (complément du nom, ou apposition si deux-points).
  4. 4Vérifie la fonction en remplaçant la subordonnée par « cela » ou par un nom : « nous attendons cela » (COD), « cela est certain » (sujet).
  5. 5Pour une relative sans antécédent, remplace « qui » par « celui qui » et pose la question habituelle au verbe principal.

Un exemple résolu

« Il raconte ses aventures à qui veut l'entendre. » La proposition « qui veut l'entendre » est une subordonnée : A. sujet ; B. complément d'objet direct ; C. complément d'objet indirect ; D. complément d'agent ; E. attribut.

  1. 1.« qui » n'a pas d'antécédent (aucun nom juste avant) : c'est une relative sans antécédent, qui se comporte comme un nom.
  2. 2.Remplace-la par « celui qui veut l'entendre » ou par un nom : « Il raconte ses aventures à ses amis. »
  3. 3.Le verbe principal « raconter » se construit : raconter quelque chose (COD : ses aventures) à quelqu'un.
  4. 4.Le complément introduit par « à », imposé par le verbe, est un complément d'objet indirect (ici on dit aussi complément d'attribution).

Réponse : C. complément d'objet indirect

Les pièges à éviter

  • Confondre incise et incidente : l'incise accompagne des paroles rapportées et dit qui parle (dit-il) ; l'incidente donne l'opinion de celui qui parle (je le crois, je l'avoue).
  • Prendre la complétive de « Il faut que tu partes » pour un COD : après un verbe impersonnel, elle est sujet réel (« il » n'est que sujet apparent).
  • Confondre complétive complément du nom et relative : dans « l'idée que tu partes », « que » ne reprend pas « idée » (tu partes l'idée n'a pas de sens), c'est une conjonction ; dans « l'idée que tu as eue », « que » reprend « idée », c'est une relative.
  • Donner à la relative la fonction du pronom relatif : dans « la maison que mon grand-père a construite », « que » est COD, mais la proposition entière est complément de l'antécédent « maison ».
  • Oublier que « de sorte que » + subjonctif exprime le but (pour que), mais + indicatif la conséquence.

À retenir

Une subordonnée a les fonctions d'un nom : regarde le mot placé devant elle (verbe, verbe impersonnel, verbe d'état, adjectif, nom) et remplace-la par « cela » ou « celui qui » pour trouver sa fonction.