La littérature française se raconte comme une suite de mouvements, chacun avec son siècle, son idée centrale et ses grands noms. À l'Exetat, on te demande l'auteur d'une œuvre, le milieu qu'elle décrit ou le mouvement auquel appartient un écrivain. Retenir pour chaque mouvement une idée et deux ou trois noms suffit le plus souvent.
L'essentiel
- XVIe siècle, l'humanisme et la Renaissance : redécouverte de l'Antiquité, confiance dans l'homme et le savoir. Rabelais (« Gargantua », « Pantagruel »), Montaigne (« Essais »), et les poètes de la Pléiade, Ronsard et Du Bellay.
- XVIIe siècle, le classicisme : ordre, raison, mesure, imitation des Anciens, règle des trois unités au théâtre. Corneille (« Le Cid », « Horace »), Racine (« Phèdre », « Andromaque »), Molière (« L'Avare », « Le Misanthrope », « Tartuffe »), La Fontaine (« Fables »), Boileau (« L'Art poétique »).
- XVIIIe siècle, les Lumières : la raison contre les préjugés, l'intolérance et l'absolutisme. Voltaire (« Candide »), Montesquieu (« Lettres persanes », « De l'esprit des lois »), Rousseau (« Du contrat social », « Émile »), Diderot, qui dirige « l'Encyclopédie » avec d'Alembert.
- Début du XIXe siècle, le romantisme : primauté des sentiments, du moi, de la nature et de la liberté. Victor Hugo (« Les Misérables », « Notre-Dame de Paris »), Lamartine (« Méditations poétiques »), Musset, Vigny, Chateaubriand.
- Milieu du XIXe siècle, le réalisme : peindre la société telle qu'elle est. Balzac (« La Comédie humaine », « Le Père Goriot »), Flaubert (« Madame Bovary »), Stendhal (« Le Rouge et le Noir »). Fin du XIXe, le naturalisme pousse le réalisme vers une méthode presque scientifique (hérédité, milieu) : Émile Zola, chef de file (« Germinal », sur les mineurs de charbon du nord de la France ; « L'Assommoir »), Maupassant.
- Seconde moitié du XIXe siècle : le Parnasse (l'art pour l'art, la forme parfaite), avec Théophile Gautier et Leconte de Lisle ; puis le symbolisme (suggérer par des symboles et la musique du vers), avec Verlaine, Rimbaud et Mallarmé. Baudelaire (« Les Fleurs du mal », 1857) est leur grand précurseur et il est souvent rangé avec les symbolistes.
- XXe siècle : le surréalisme (libérer l'inconscient, le rêve, l'écriture automatique), avec André Breton, Paul Éluard, Louis Aragon ; l'existentialisme, avec Jean-Paul Sartre (« La Nausée »), et la littérature de l'absurde, avec Albert Camus (« L'Étranger », « La Peste »), souvent étudiés ensemble.
La méthode
- 1Situe d'abord l'œuvre ou l'auteur dans son siècle : c'est souvent assez pour éliminer la moitié des propositions.
- 2Associe le siècle au mouvement : XVIe humanisme, XVIIe classicisme, XVIIIe Lumières, XIXe romantisme puis réalisme et naturalisme, Parnasse puis symbolisme, XXe surréalisme et existentialisme.
- 3Rappelle-toi l'idée centrale du mouvement et vérifie qu'elle colle à l'œuvre : des mineurs décrits avec précision (naturalisme), un héros passionné et révolté (romantisme), la raison contre l'intolérance (Lumières).
- 4Pour une association auteur et œuvre, pars des couples les plus sûrs et élimine les combinaisons qui les contredisent.
Un exemple résolu
Émile Zola, auteur de « Germinal » et de « L'Assommoir », est considéré comme le chef de file du : A. romantisme ; B. classicisme ; C. naturalisme ; D. surréalisme ; E. symbolisme.
- 1.Situe Zola : « Germinal » date de 1885, donc fin du XIXe siècle.
- 2.Le classicisme (XVIIe) et le surréalisme (XXe) ne sont pas de son époque : éliminés. Le romantisme domine le début du XIXe : éliminé.
- 3.Le symbolisme est un mouvement surtout poétique (Verlaine, Mallarmé), alors que Zola est romancier.
- 4.Zola décrit avec précision des milieux sociaux (les mineurs dans « Germinal », les ouvriers de Paris dans « L'Assommoir ») en insistant sur l'hérédité et le milieu : c'est le naturalisme, dont il est le chef de file.
Réponse : C. naturalisme
Les pièges à éviter
- Confondre réalisme et naturalisme : Balzac et Flaubert sont réalistes ; Zola, qui ajoute une ambition scientifique, est naturaliste.
- Placer Victor Hugo dans le classicisme parce qu'il est très célèbre : il est la grande figure du romantisme.
- Confondre les auteurs de théâtre du XVIIe : Corneille (« Le Cid »), Racine (« Phèdre »), Molière (comédies : « L'Avare »).
- Attribuer « Candide » à Rousseau : c'est un conte de Voltaire ; Rousseau a écrit « Du contrat social ».
À retenir
XVIe humanisme (Rabelais, Montaigne), XVIIe classicisme (Corneille, Racine, Molière), XVIIIe Lumières (Voltaire, Rousseau), XIXe romantisme (Hugo), réalisme (Balzac, Flaubert), naturalisme (Zola), symbolisme (Baudelaire, Verlaine), XXe surréalisme (Breton), existentialisme (Sartre) et absurde (Camus).