La Négritude est un mouvement littéraire et culturel né à Paris dans les années 1930, chez des étudiants noirs venus des colonies, pour affirmer la dignité et les valeurs du monde noir face à la colonisation et au racisme. L'Exetat interroge ses fondateurs, leurs rôles, ses revues dans l'ordre chronologique et ses sources d'inspiration.
L'essentiel
- Définition : la Négritude est l'affirmation et la revendication des valeurs culturelles du monde noir. Quoi : un mouvement littéraire et culturel (surtout poétique). Où : Paris. Quand : années 1930. Pourquoi : refuser l'assimilation et le mépris colonial, retrouver la fierté d'être noir.
- Trois fondateurs, étudiants à Paris : Aimé Césaire (Martinique), Léopold Sédar Senghor (Sénégal) et Léon-Gontran Damas (Guyane).
- Leurs rôles : Césaire forge le mot « négritude » au milieu des années 1930 et le rend célèbre dans le « Cahier d'un retour au pays natal » (1939). Senghor le théorise et le diffuse (recueils « Chants d'ombre », « Hosties noires » ; « Anthologie de la nouvelle poésie nègre et malgache », 1948, préfacée par Sartre, « Orphée noir »). Damas publie « Pigments » (1937), souvent présenté comme le premier recueil du mouvement.
- Les revues, dans l'ordre : La Revue du monde noir (1931, avec Paulette Nardal) ; Légitime Défense (1932, étudiants martiniquais autour d'Étienne Léro) ; L'Étudiant noir (milieu des années 1930, Césaire, Senghor, Damas) ; Présence africaine (1947, fondée par Alioune Diop, devenue aussi maison d'édition).
- Les sources d'inspiration, toutes antérieures : la Renaissance de Harlem (États-Unis, années 1920 : Langston Hughes, Claude McKay) ; le panafricanisme de W. E. B. Du Bois ; René Maran et son roman « Batouala » (prix Goncourt 1921).
- Le mouvement a aussi été critiqué : l'écrivain nigérian Wole Soyinka lui a opposé la formule « le tigre ne proclame pas sa tigritude, il bondit sur sa proie ».
La méthode
- 1Pour une question de définition, vérifie les quatre repères : mouvement littéraire et culturel, Paris, années 1930, valeurs du monde noir.
- 2Pour une question sur un fondateur, associe chacun à son rôle et à son œuvre : Césaire, le mot et le Cahier ; Senghor, la théorie et l'Anthologie ; Damas, Pigments.
- 3Pour un classement chronologique des revues, retiens la suite 1931, 1932, années 1934-1935, 1947, et élimine toute proposition qui ne commence pas par La Revue du monde noir ou ne finit pas par Présence africaine.
- 4Pour une source d'inspiration, souviens-toi qu'elle précède forcément les années 1930 : années 1920, États-Unis pour Harlem.
Un exemple résolu
Indique la proposition qui classe ces revues dans l'ordre chronologique de leur fondation. A. Légitime Défense, La Revue du monde noir, Présence africaine, L'Étudiant noir ; B. La Revue du monde noir, Légitime Défense, L'Étudiant noir, Présence africaine ; C. L'Étudiant noir, La Revue du monde noir, Légitime Défense, Présence africaine ; D. Présence africaine, L'Étudiant noir, Légitime Défense, La Revue du monde noir ; E. La Revue du monde noir, L'Étudiant noir, Présence africaine, Légitime Défense.
- 1.Dates : La Revue du monde noir, 1931 ; Légitime Défense, 1932 ; L'Étudiant noir, milieu des années 1930 ; Présence africaine, 1947.
- 2.La plus ancienne est La Revue du monde noir : cela élimine A, C et D.
- 3.La plus récente est Présence africaine (1947) : elle doit être en dernier, ce qui élimine E.
- 4.Il reste B, qui respecte tout l'ordre : 1931, 1932, années 1930, 1947.
Réponse : B. La Revue du monde noir, Légitime Défense, L'Étudiant noir, Présence africaine
Les pièges à éviter
- Attribuer le mot « négritude » à Senghor : c'est Césaire qui l'a forgé ; Senghor l'a théorisé et diffusé.
- Placer la Négritude en Afrique ou après les indépendances : elle naît à Paris dans les années 1930.
- Confondre Présence africaine (Alioune Diop, 1947) et L'Étudiant noir (les trois fondateurs, années 1930).
- Situer la Renaissance de Harlem après la Négritude : elle date des années 1920 et l'a inspirée.
À retenir
La Négritude : Paris, années 1930, Césaire (le mot, le Cahier), Senghor (la théorie), Damas (Pigments) ; revues dans l'ordre : Revue du monde noir, Légitime Défense, L'Étudiant noir, Présence africaine.