Exetat · Latin

Compréhension et explication de texte

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L'Exetat te donne un texte latin, d'auteur ou composé pour l'exercice, et te demande son idée principale, un titre, le sens d'une phrase, ou l'affirmation qui ne s'y trouve pas. Il interroge aussi sur les textes classiques étudiés en classe : Pro Archia, Catilinaires, Lettres à Lucilius, Tacite, Pline le Jeune.

L'essentiel

  • L'idée principale est celle que tout le texte défend, souvent annoncée au début ou résumée à la fin (une conclusion avec igitur, ergo, itaque, tandem). Un bon titre couvre tout le texte, pas seulement un détail.
  • Les mots de liaison donnent le plan du raisonnement : sed, tamen (opposition), nam, enim (explication), igitur, itaque (conséquence), quamquam (concession). Les mots répétés et les oppositions (divitiae et sapientia, amor sui et amor Dei) donnent le thème.
  • Pro Archia (Cicéron, 62 av. J.-C.) : Cicéron défend le poète grec Archias, son ancien maître, accusé par Grattius d'avoir usurpé la citoyenneté romaine, en vertu de la loi Papia (65 av. J.-C.) contre les faux citoyens ; il risque l'expulsion de Rome. Archias avait été inscrit citoyen d'Héraclée, ville alliée d'Italie du Sud, et avait profité de la loi Plautia Papiria ; il s'appelle A. Licinius Archias, du nom de ses protecteurs, les Lucullus. Les registres d'Héraclée ont brûlé pendant la guerre sociale : Cicéron s'appuie donc sur le témoignage de Lucullus et des envoyés d'Héraclée. La partie centrale est un éloge des lettres (« Haec studia adulescentiam alunt, senectutem oblectant… ») et de la gloire que donnent les poètes.
  • Première Catilinaire (Cicéron, consul, 63 av. J.-C., devant le Sénat) : Cicéron attaque Catilina, qui prépare une conjuration et assiste pourtant à la séance (« hic tamen vivit » : et pourtant il vit). Elle commence par trois questions indignées (« Quo usque tandem abutere, Catilina, patientia nostra ? »), et « nostra » désigne Cicéron et les sénateurs.
  • Autres textes fréquents. Sénèque, Lettres à Lucilius : reprendre possession de son temps (« vindica te tibi ») ; traiter les esclaves en hommes (« Servi sunt. Immo homines ») ; on apprend en enseignant ; ton intime (« mi Lucili »). Tacite : la Germanie (rois choisis pour leur noblesse, chefs pour leur courage ; chefs obéis par leur exemple) et l'Agricola, où Calgacus dénonce l'impérialisme romain (« ubi solitudinem faciunt, pacem appellant » : là où ils font un désert, ils l'appellent la paix). Pline le Jeune raconte à Tacite la mort de son oncle, Pline l'Ancien, lors de l'éruption du Vésuve (79 apr. J.-C.).
  • Encore : Tite-Live, préface : l'histoire offre des exemples à imiter et à éviter ; Salluste : l'homme doit laisser une trace, à la différence des bêtes ; Horace : carpe diem, et « Non omnis moriar » (son œuvre le fera survivre) ; Lucrèce : « Suave mari magno » (douceur de se savoir à l'abri des maux) ; saint Augustin : deux amours ont fait deux cités, et le cœur de l'homme est inquiet tant qu'il ne repose pas en Dieu.

La méthode

  1. 1Lis d'abord la question et le chapeau (auteur, œuvre, situation) : ils te disent quoi chercher et qui parle.
  2. 2Lis tout le texte une fois sans traduire, en repérant les mots connus, les noms propres et les mots de liaison.
  3. 3Traduis précisément la phrase sur laquelle porte la question : sujet, verbe, compléments, mode du verbe.
  4. 4Pour l'idée principale ou le titre, cherche la phrase qui résume l'ensemble (souvent la dernière) et écarte les propositions qui ne parlent que d'un détail ou qui disent le contraire.
  5. 5Pour « l'affirmation fausse » ou « l'idée absente », vérifie chaque proposition contre le texte : retiens celle qui contredit le texte ou qui n'y figure pas du tout.
  6. 6Appuie-toi sur tes connaissances du contexte (procès d'Archias, conjuration de Catilina) quand la question porte sur l'œuvre.

Un exemple résolu

Texte : « Multi, rerum antiquarum ignari, queruntur nostra aetate omnia peiora fieri. Clamant, si Iuppiter et Minerva ut olim colerentur, urbem statim felicem futuram fuisse. Legant igitur annales qui discere volunt, et cognoscant quam saepe maiores nostri fame, peste, bellis vexati sint. Nec quod sciunt dissimulare audeant, sed tandem fateantur nullum saeculum malis caruisse. » Quelle est l'idée centrale ?

  1. 1.Phrase 1 : « Beaucoup, ignorant l'histoire ancienne, se plaignent qu'à notre époque tout devienne pire. » Elle présente l'opinion combattue et sa cause : l'ignorance du passé.
  2. 2.Phrase 2 : « Ils crient que, si Jupiter et Minerve étaient honorés comme autrefois, la ville aurait été aussitôt heureuse. » C'est la suite de leur plainte.
  3. 3.Phrase 3, introduite par igitur (donc) : « Que ceux qui veulent apprendre lisent les annales et apprennent combien souvent nos ancêtres ont été tourmentés par la faim, la peste, les guerres. » L'auteur répond.
  4. 4.Phrase 4 : « Qu'ils n'osent pas cacher ce qu'ils savent, mais qu'ils avouent enfin qu'aucun siècle n'a manqué de malheurs. » tandem (enfin) annonce la conclusion.
  5. 5.La conclusion « nullum saeculum malis caruisse » résume tout le texte.

Réponse : Aucune époque n'a été épargnée par les malheurs : ceux qui se plaignent du présent ignorent le passé.

Les pièges à éviter

  • Choisir un titre ou une idée qui ne porte que sur une phrase : l'idée principale doit valoir pour tout le texte.
  • Prendre l'opinion que l'auteur combat pour sa propre thèse : repère qui parle (multi queruntur… : ce sont les autres) et où l'auteur répond (igitur, sed).
  • Mal identifier le narrateur : dans une lettre, celui qui dit « je » est l'auteur de la lettre (Pline le Jeune), et le destinataire est nommé au datif (Tacito suo).
  • Confondre les détails du Pro Archia : accusateur Grattius, loi Papia, ville d'Héraclée, registres brûlés pendant la guerre sociale, témoin Lucullus.

À retenir

L'idée principale se lit dans la conclusion et dans les mots de liaison ; un bon titre couvre tout le texte, pas un détail.