Les Romains ont reçu la philosophie des Grecs et l'ont surtout pratiquée comme un art de vivre. Deux écoles dominent : le stoïcisme (Sénèque) et l'épicurisme (Lucrèce). L'Exetat te demande de les distinguer par leur idée du bonheur, du sage et des dieux.
L'essentiel
- Le stoïcisme (fondé en Grèce par Zénon ; à Rome : Sénèque, puis Épictète et l'empereur Marc Aurèle). Idée centrale : seule la vertu, c'est-à-dire vivre selon la raison, est un bien. Richesse, santé, rang social ne rendent ni bon ni heureux.
- Le sage stoïcien maîtrise ses passions : il vise l'apathie (apatheia), l'absence des passions qui troublent la raison. Il accepte ce qui ne dépend pas de lui. Maxime : « Sustine et abstine » (supporte et abstiens-toi), attribuée à Épictète.
- Pour les stoïciens, une même raison divine gouverne le monde : Dieu, Nature, Destin et Providence en sont des noms différents. Tous les hommes en participent, donc tous sont frères : l'homme vraiment libre est celui qui maîtrise ses passions, quelle que soit sa condition, et Sénèque demande de traiter les esclaves avec humanité (« Servi sunt. Immo homines »).
- L'épicurisme (fondé par Épicure ; à Rome : Lucrèce, De rerum natura). Le souverain bien est le plaisir, mais un plaisir mesuré, compris comme l'absence de douleur du corps et de trouble de l'âme : l'ataraxie. Ce n'est pas la recherche de tous les plaisirs.
- Pour Lucrèce, tout est fait d'atomes et de vide, même l'âme, qui est matérielle et meurt avec le corps. Les dieux existent mais ne s'occupent pas des hommes. Étudier la nature sert à délivrer les hommes de la peur des dieux et de la mort.
- Cicéron n'appartient à aucune école en particulier : il est éclectique, proche de la Nouvelle Académie, et retient dans chaque école l'opinion qui lui paraît la plus probable (De officiis, Tusculanes, De natura deorum).
La méthode
- 1Repère le mot clé de la proposition : vertu, raison, passions maîtrisées, destin, providence = stoïcisme ; plaisir, ataraxie, atomes, peur des dieux et de la mort = épicurisme.
- 2Associe l'auteur à son école : Sénèque, Épictète, Marc Aurèle = stoïciens ; Lucrèce = épicurien ; Cicéron = éclectique.
- 3Écarte les caricatures : l'épicurien ne cherche pas tous les plaisirs, et le stoïcien n'est pas indifférent aux autres hommes.
Un exemple résolu
Pour Épicure et son disciple latin Lucrèce, le souverain bien est : a) la vertu seule ; b) la richesse et les honneurs ; c) le plaisir, compris comme l'absence de douleur et de trouble ; d) l'obéissance au destin ; e) la gloire militaire.
- 1.Épicure et Lucrèce sont des épicuriens : leur bien suprême est le plaisir.
- 2.a) la vertu seule et d) l'obéissance au destin sont des idées stoïciennes : on les écarte.
- 3.b) et e) sont des biens extérieurs que les deux écoles jugent inutiles au bonheur.
- 4.Reste c) : le plaisir épicurien est mesuré, c'est l'absence de douleur du corps et de trouble de l'âme (ataraxie).
Réponse : c) le plaisir, compris comme l'absence de douleur et de trouble.
Les pièges à éviter
- Confondre apathie (stoïcienne : absence de passions) et ataraxie (épicurienne : absence de trouble de l'âme).
- Croire que l'épicurisme recommande de jouir de tous les plaisirs : il recommande un plaisir mesuré, qui ne cause pas de trouble.
- Attribuer « Sustine et abstine » à Épicure : la maxime est stoïcienne (Épictète).
- Classer Cicéron parmi les stoïciens ou les épicuriens : il est éclectique.
À retenir
Stoïcisme (Sénèque) : seule la vertu est un bien, maîtriser ses passions ; épicurisme (Lucrèce) : le plaisir mesuré, l'ataraxie, libérée de la peur des dieux et de la mort.