La poésie latine ne repose pas sur la rime mais sur le rythme des syllabes longues et brèves. L'Exetat demande surtout combien de pieds a l'hexamètre, ce qu'est un distique élégiaque, le nom de la césure et l'effet d'un monosyllabe en fin de vers.
L'essentiel
- Chaque syllabe latine est longue (notée ¯) ou brève (notée ˘). Une syllabe est longue par nature si sa voyelle est longue ou si c'est une diphtongue (ae, oe, au) ; elle est longue par position si sa voyelle est suivie de deux consonnes (ou de x, z), même à cheval sur deux mots (exception : une consonne comme p, b, t, d, c, g suivie de l ou r, par exemple -tr- ou -cl-, laisse souvent la syllabe brève). Une voyelle placée devant une autre voyelle est en général brève.
- Un pied est un groupe de syllabes. Dactyle : une longue et deux brèves (¯ ˘ ˘). Spondée : deux longues (¯ ¯). Trochée : une longue et une brève (¯ ˘). Iambe : une brève et une longue (˘ ¯).
- L'hexamètre dactylique, vers de l'épopée (Énéide de Virgile, Métamorphoses d'Ovide), compte six pieds. Les quatre premiers sont des dactyles ou des spondées ; le 5e est presque toujours un dactyle ; le 6e a deux syllabes (spondée ou trochée).
- Le pentamètre est formé de deux moitiés de deux pieds et demi (¯ ˘ ˘ ¯ ˘ ˘ ¯ puis ¯ ˘ ˘ ¯ ˘ ˘ ¯). Le distique élégiaque = un hexamètre suivi d'un pentamètre : c'est le vers de l'élégie (Ovide, Tibulle, Properce) et de l'épigramme (Martial).
- La césure est une coupe à l'intérieur d'un pied, à la fin d'un mot. La principale de l'hexamètre est la penthémimère, après le 5e demi-pied, c'est-à-dire au milieu du 3e pied (« Arma virumque cano, || Troiae… »). On trouve aussi la trihémimère (après le 3e demi-pied) et l'hephthémimère (après le 7e demi-pied).
- Élision : une voyelle finale, ou une voyelle suivie de m, disparaît devant un mot qui commence par une voyelle ou un h. Enjambement : la phrase continue sur le vers suivant sans pause.
- Effet du monosyllabe final : un hexamètre finit normalement par un mot de deux ou trois syllabes ; un monosyllabe à la fin crée un effet de surprise, de chute brusque (« ruit Oceano nox » : la nuit tombe d'un coup) ou comique (« nascetur ridiculus mus »).
Les formules
- Dactyle
- ¯ ˘ ˘
- une longue, deux brèves
- Spondée
- ¯ ¯
- deux longues
- Hexamètre dactylique
- 6 pieds : 4 dactyles ou spondées, 5e dactyle, 6e spondée ou trochée
- vers de l'épopée
- Pentamètre
- ¯ ˘ ˘ ¯ ˘ ˘ ¯ || ¯ ˘ ˘ ¯ ˘ ˘ ¯
- deux fois deux pieds et demi
- Distique élégiaque
- hexamètre + pentamètre
- élégie, épigramme
La méthode
- 1Découpe le vers en syllabes et fais les élisions éventuelles.
- 2Marque les longues sûres : diphtongues, voyelles suivies de deux consonnes, et la première syllabe du vers (toujours longue dans l'hexamètre).
- 3Pars de la fin : les deux derniers pieds d'un hexamètre sont presque toujours un dactyle puis deux syllabes (¯ ˘ ˘ | ¯ ¯).
- 4Complète les quatre premiers pieds avec des dactyles ou des spondées, en comptant six pieds en tout.
- 5Cherche la fin de mot au milieu du 3e pied : c'est la césure penthémimère.
Un exemple résolu
Scande le premier vers de l'Énéide : « Arma virumque cano, Troiae qui primus ab oris ». Combien de pieds ? Où est la césure principale ?
- 1.Ar- est long par position (r + m) ; -ma vi- sont brefs : Ār-mă vĭ = dactyle (pied 1).
- 2.-rum- est long par position (m + q) ; -que ca- sont brefs : rūm-quĕ că = dactyle (pied 2).
- 3.-no est long, Troi- est long (o + i consonne) : nō Trō = spondée (pied 3).
- 4.-iae est une diphtongue (longue), qui est long : iae quī = spondée (pied 4).
- 5.pri- est long, -mus ab sont brefs : prī-mŭs ăb = dactyle (pied 5) ; puis ō-rīs = deux syllabes, spondée (pied 6).
- 6.Demi-pieds : Ar (1), ma vi (2), rum (3), que ca (4), no (5). Le mot cano finit après le 5e demi-pied, au milieu du 3e pied : césure penthémimère.
Réponse : Six pieds (dactyle, dactyle, spondée, spondée, dactyle, spondée) ; césure penthémimère après cano.
Les pièges à éviter
- Compter cinq pieds pour l'hexamètre à cause du pentamètre : hexa = six, penta = cinq (le pentamètre compte deux fois deux pieds et demi).
- Croire que le distique élégiaque est fait de deux hexamètres : c'est un hexamètre puis un pentamètre.
- Confondre césure (coupe à l'intérieur d'un pied, en fin de mot) et enjambement (la phrase déborde sur le vers suivant).
- Oublier l'élision : « monstrum horrendum » se prononce monstr(um) horrendum, la syllabe -um disparaît.
À retenir
Hexamètre = six pieds, 5e dactyle, césure penthémimère au milieu du 3e pied ; distique élégiaque = hexamètre + pentamètre.