Certaines formes du verbe se comportent comme des noms ou des adjectifs : l'infinitif, le participe, le gérondif, l'adjectif verbal et le supin. Ce sont elles qui donnent les formules célèbres (« Carthago delenda est », « morituri te salutant ») et l'ablatif absolu, très fréquent à l'Exetat.
L'essentiel
- L'infinitif est un nom verbal neutre. Il peut être sujet (« Dulce et decorum est pro patria mori » : mourir pour la patrie est doux et beau ; « Turpe est mentiri ») ou COD (« Nemo falli vult » : personne ne veut être trompé). Ses formes : présent actif amare, passif amari, moneri, audiri, mais legi, mitti, corrumpi à la 3e ; parfait amavisse, venisse, periisse ; futur amaturum esse, fore (= futurum esse).
- Le participe est un adjectif verbal qui s'accorde avec son nom. Présent actif en -ns, -ntis (oriens, legens) : action en même temps. Parfait passif en -tus (captus, scriptus) : action passée. Futur actif en -urus (moriturus, pugnaturus) : action à venir ou intention (« morituri te salutant » : ceux qui vont mourir te saluent). Avec sum, il forme la conjugaison périphrastique active : « Milites pugnaturi sunt » = les soldats vont combattre, sont sur le point de combattre. Chez un déponent, le participe parfait a un sens actif (profecti : étant partis).
- Le gérondif est le nom verbal qui décline l'infinitif aux autres cas, en -nd- : génitif -ndi (ars scribendi, l'art d'écrire ; cupidi discendi, désireux d'apprendre) ; datif et ablatif -ndo (legendo discimus, c'est en lisant que nous apprenons) ; accusatif avec ad, -ndum (venit ad discendum, pour apprendre). Causa + génitif du gérondif = pour.
- L'adjectif verbal en -ndus, -nda, -ndum s'accorde avec un nom. Avec sum, il exprime l'obligation (« Carthago delenda est » : Carthage doit être détruite) ; la personne qui doit agir est au datif (datif d'agent : « Mihi colenda est virtus » = je dois cultiver la vertu). Il remplace aussi le gérondif suivi d'un COD : pacis petendae causa = pour demander la paix.
- Le supin a deux formes : en -um, après un verbe de mouvement, pour exprimer le but (venit spectatum : il vient pour regarder) ; en -u, après un adjectif (mirabile dictu : étonnant à dire ; facile dictu : facile à dire).
- L'ablatif absolu = un nom (ou pronom) et un participe à l'ablatif, formant un groupe dont le sujet n'est pas celui de la principale. « Urbe capta, hostes fugerunt » : la ville ayant été prise, les ennemis s'enfuirent. Il exprime le temps (« Sole oriente » : au lever du soleil), la cause, la condition ou la concession, mais jamais la conséquence.
Les formules
- Participes
- présent -ns, -ntis ; parfait passif -tus, -a, -um ; futur actif -urus, -a, -um
- amans, amatus, amaturus
- Gérondif
- -ndi (gén.), -ndo (dat., abl.), ad + -ndum (acc.)
- scribendi, legendo, ad discendum
- Obligation
- adjectif verbal -ndus + sum + datif d'agent
- Mihi colenda est virtus : je dois cultiver la vertu
- Supin
- -um (but, après verbe de mouvement) ; -u (après adjectif)
- venit spectatum ; mirabile dictu
- Ablatif absolu
- nom à l'ablatif + participe à l'ablatif
- Urbe capta : la ville ayant été prise
La méthode
- 1Repère la marque : -ns/-ntis (participe présent), -tus/-sus (participe parfait), -urus (participe futur), -ndi/-ndo/-ndum seul (gérondif), -ndus accordé avec un nom (adjectif verbal), -tum/-tu (supin), -re/-ri/-i/-isse (infinitif).
- 2Pour un infinitif, cherche sa fonction : s'il est avec est + adjectif neutre (dulce est, turpe est, ridiculum est), il est sujet.
- 3Pour un participe à l'ablatif accompagné d'un nom à l'ablatif, en début de phrase et sans lien avec le sujet du verbe principal : c'est un ablatif absolu. Traduis-le d'abord mot à mot (participe parfait : « la ville ayant été prise » ; participe présent : « le soleil se levant »), puis par une subordonnée de temps ou de cause (« après la prise de la ville », « au lever du soleil »).
- 4Pour un -nd- : s'il est seul, c'est un gérondif ; s'il s'accorde avec un nom, c'est un adjectif verbal. Avec sum, c'est l'obligation : cherche le datif d'agent.
- 5Traduis en respectant le temps relatif : participe présent = en même temps ; parfait = avant ; futur = après ou intention.
Un exemple résolu
Traduis exactement : « Legati pacis petendae causa Romam venerunt. »
- 1.Sujet : legati, nominatif pluriel (les ambassadeurs). Verbe : venerunt, parfait de venio (ils vinrent). Romam : accusatif de direction sans préposition (à Rome).
- 2.causa + génitif signifie « en vue de, pour ». Ici le génitif est le groupe pacis petendae.
- 3.petendae est un adjectif verbal (-ndus) accordé avec pacis (génitif féminin singulier). Il remplace le gérondif petendi pacem.
- 4.pacis petendae causa = pour demander la paix.
Réponse : Les ambassadeurs vinrent à Rome pour demander la paix.
Les pièges à éviter
- Traduire « Carthago delenda est » par « Carthage est détruite » : l'adjectif verbal avec sum exprime l'obligation, « doit être détruite ».
- Prendre le datif d'agent pour un COD : dans « Mihi colenda est virtus », mihi est au datif et désigne celui qui doit agir ; le sujet est virtus.
- Prendre l'ablatif absolu pour un complément du sujet : « Urbe capta » ne se rattache à aucun mot de la principale ; c'est un groupe autonome.
- Confondre infinitif passif et actif à la 3e conjugaison : legi, mitti, corrumpi sont passifs (être lu, être envoyé, être corrompu) ; l'actif est legere, mittere.
- Croire qu'un gérondif peut être sujet : au nominatif, on emploie l'infinitif (scribere difficile est), jamais scribendum.
À retenir
Infinitif = nom sujet ou COD ; -ndi, -ndo, ad -ndum = gérondif ; -ndus + sum = obligation avec datif d'agent ; nom + participe à l'ablatif = ablatif absolu.