Exetat · Mathématiques

Nombres complexes

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Un nombre complexe s'écrit z = a + ib, avec i² = −1 : c'est un point du plan, d'abscisse a et d'ordonnée b. C'est la notion la plus fréquente de l'Exetat en mathématiques : calculs, module, argument, puissances et équations.

L'essentiel

  • Forme algébrique z = a + ib : a est la partie réelle Re(z), b la partie imaginaire Im(z). On calcule comme avec des polynômes, en remplaçant i² par −1.
  • Conjugué : z̄ = a − ib (on change le signe de la partie imaginaire). On a z + z̄ = 2a, z − z̄ = 2ib et z × z̄ = a² + b², un nombre réel positif. C'est ce qui permet de diviser : on multiplie le haut et le bas par le conjugué du dénominateur.
  • Module |z| = √(a² + b²) : c'est la distance du point à l'origine. Argument θ : l'angle entre l'axe des abscisses et le point, avec cos θ = a/|z| et sin θ = b/|z|. Regarde le signe de a et de b pour placer l'angle dans le bon quart du plan.
  • Forme trigonométrique ou exponentielle : z = r(cos θ + i sin θ) = r e^(iθ). Elle rend les produits faciles : on multiplie les modules et on ajoute les arguments ; pour un quotient, on divise les modules et on soustrait les arguments.
  • Formule de Moivre : (r e^(iθ))ⁿ = rⁿ e^(inθ). Pour calculer (1 + i)⁸ ou (1 − i√3)³, passe toujours par la forme trigonométrique.
  • Équation du second degré az² + bz + c = 0 : on calcule Δ = b² − 4ac. Si Δ < 0 (coefficients réels), les racines sont (−b ± i√(−Δ))/(2a), conjuguées. Somme des racines −b/a, produit c/a, même avec des coefficients complexes.
  • Racines n-ièmes : les solutions de zⁿ = r e^(iθ) ont pour module r^(1/n) et pour arguments (θ + 2kπ)/n, avec k = 0, 1, …, n − 1. Leurs images forment un polygone régulier centré en O. Les racines cubiques de 1 sont 1, j et j², avec j = e^(2iπ/3), j³ = 1 et 1 + j + j² = 0.
  • Multiplier par i fait tourner le point de +π/2 autour de O ; multiplier par −i le fait tourner de −π/2.

Les formules

Module
|a + ib| = √(a² + b²)
|z₁z₂| = |z₁| × |z₂| et |z₁/z₂| = |z₁|/|z₂|
Inverse
1/(a + ib) = (a − ib)/(a² + b²)
on multiplie par le conjugué
Forme exponentielle
z = r e^(iθ) = r(cos θ + i sin θ)
r = |z|, θ = arg z
Moivre
(cos θ + i sin θ)ⁿ = cos nθ + i sin nθ
n entier
Racines d'une équation à coefficients réels, Δ < 0
z = (−b ± i√(−Δ))/(2a)
Δ = b² − 4ac
Somme et produit des racines
z₁ + z₂ = −b/a ; z₁ × z₂ = c/a
pour az² + bz + c = 0
Racines n-ièmes
zₖ = r^(1/n) e^(i(θ + 2kπ)/n)
k = 0, 1, …, n − 1

La méthode

  1. 1Repère la forme demandée dans les propositions : algébrique (a + ib), trigonométrique [module ; argument] ou exponentielle.
  2. 2Pour une division, multiplie le numérateur et le dénominateur par le conjugué du dénominateur, puis sépare partie réelle et partie imaginaire.
  3. 3Pour une puissance ou une racine, calcule le module et l'argument, applique Moivre, puis reviens si besoin à la forme algébrique avec les valeurs de cos et sin.
  4. 4Pour une équation contenant z et z̄, pose z = x + iy, développe, puis égale séparément les parties réelles et imaginaires : tu obtiens un système en x et y.
  5. 5Pour une équation comme z² − |3 + 4i|·z + |√11 + 5i| = 0, calcule d'abord les modules (ici 5 et 6) : l'équation devient z² − 5z + 6 = 0, de racines 2 et 3.
  6. 6Vérifie toujours avec une propriété simple : somme et produit des racines, ou module du résultat.

Un exemple résolu

Calcule (1 + i√3)⁴ et donne le résultat sous forme algébrique.

  1. 1.Module : |1 + i√3| = √(1² + (√3)²) = √(1 + 3) = √4 = 2.
  2. 2.Argument : cos θ = 1/2 et sin θ = √3/2, donc θ = π/3.
  3. 3.Donc 1 + i√3 = 2 e^(iπ/3).
  4. 4.Moivre : (2 e^(iπ/3))⁴ = 2⁴ e^(i4π/3) = 16 e^(i4π/3).
  5. 5.cos(4π/3) = −1/2 et sin(4π/3) = −√3/2.
  6. 6.16 × (−1/2 − i√3/2) = −8 − 8i√3.
  7. 7.Contrôle du module : |−8 − 8i√3| = √(64 + 192) = √256 = 16 = 2⁴.

Réponse : (1 + i√3)⁴ = −8 − 8i√3.

Les pièges à éviter

  • Se tromper de quart du plan pour l'argument : −2 − 2i a pour argument −3π/4 (ou 5π/4), pas π/4. Place toujours le point (a ; b) avant de choisir l'angle.
  • Confondre z × z̄ = a² + b² avec a² − b² : par exemple (3 + 4i)(3 − 4i) = 9 + 16 = 25, car −(4i)² = +16.
  • Développer (1 + i)⁸ à la main et faire une erreur de signe : (1 + i) = √2 e^(iπ/4), donc (1 + i)⁸ = 16 e^(i2π) = 16.
  • Confondre z̄ = −z (z imaginaire pur) et z̄ = z (z réel).
  • Pour les racines n-ièmes, oublier le + 2kπ : on n'obtient alors qu'une seule racine au lieu de n.

À retenir

Pour additionner, la forme algébrique ; pour multiplier, diviser, élever à une puissance ou extraire une racine, la forme trigonométrique : modules multipliés, arguments ajoutés.

Les outils utiles